ACTE QUATRIÈME
MARIE
Que vous êtes bon, monsieur Bernard!
BERNARD
Et cela me servira encore à aller de temps en temps voir à Brigliton si notre petite amie est contente de ses élèves,
FOURCUAMBAILT.
Ah I parbleu! J'ai le mal de mer, mais ces jours-li vous me prendrez à bord.
iMARIE.
Merci, mes bons, mes chers amis, vous me donneriez le courage de m'exiler. Quand faut-il ma réponse?
BERNARD
Vous avez vingt-quatre heures de réflexion.
MARIE
Je réfléchirai!
BERNARD
Maintenant, monsieur Fourchambault, à nous deux ! (a Marie qui veut se retirer.) Non, à nous trois. — J*apprends i]ue le fils du préfet va épouser votre fille.
FOURCHAMBAULT, s'asseyaot près Je la ubie.
Tiens, c'est vrai ; j'ai oublié de vous en faire part. Lxcusez-moi, il s'est passé tant de choses depuis hier...
BERNARD
Et ce mariage vous plaît?
Mon Dieu, oui et non.
lli LES FOURCIIAMBAULT.
MARIE, assise à gaiiclia.
C'est madame Fourchanibaull qui ca est coiffée.
BERNARD, allant s'asseoir à la table de droite, eu face Je Fourchambaiilt.
Et VOUS sacrifiez votre fille par déférence pour les vanités de votre femme?
Pardon, mon ami! vous ne prétendez peut-être pas vous intéresser à ma fille plus que sa mère et moi ?
BERNARD
Je n'ai même aucun droit à m'intéresser à mademoiselle Blanche ; mais j'ai le devoir de m'intéresser beaucoup à un brave garçon que ce mariage désespère.
FOURCIIAMBAULT.
Qui est-ce ?
BERNARD
Mon bras droit, mon second, Victor Chauvet!
FOURCIIAMBAULT.
Je le croyais à Calcutta !
MARIE
Il en est arrivé hier.
BERNARD
Et il a trouvé cette bienvenue en débarquant. Je ne me doutais de rien, moi! Il est entréce matin chez moi, et m'a raconté son affaire en pleurant. Ça fait mal de voir pleurer un gaillard de cette trempe-là. Ah! il aime votre fille, je vous en réponds, et il la rendrait heureuse!