‹ Les fourchambault; comédie en cinq actesChapitre 96 sur 98 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

MARIE

Dieu soit loué ! je treniLlais que vous n'échouioz. Quel rêve pour une pauvre fille tombée dans le mépris, vouée à l'opprobre et à la misère, car j"élais tout cela, n'est-ce pas, monsieur Bernard? quel rêve de recouvrer son rang, le bonheur et la richesse en épousant celui qu'elle aime! — Eh bien! je refuse.

Hein !

Bah!

LEOPOLD

BLANCHE

MADAME BERNARD

Comment?

BERNARD

Vous acceptiez ce mariage avec reconnaissance!

MARIE

Oh! oui! avec reconnaissance, car il contenait ma seule justification possible : mon refus. Quand je n'aime pas assez monsieur pour l'épouser, qui croira que je l'aie assez aimé pour faillir?

MADAME BERNARD

Personne! n'est-ce pas, Bernard?

BERNARD

Personne.

MARIE

Et maintenant, adieu! Je vous confie à tous en partant le soin de me défendre. — Adieu, madame; vous m'avez té-

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moigné des bontés malernellos que j'emporte au plus profond de mon cœur. Adieu, Léopold ; ne faites pas cette mine penaude, j'ai beaucoup pbis d'affection pour vous que vous n'avez eu de fantaisie pour moi : quitlons-nous bons Hmis... Adieu, chère petite Blanclic ; vous m'avez appelée votre sœur, je ne l'oublierai pas, soyez heureuse p»ur deux. — Adieu, monsieur Bernard.

BERNARD

Adieu, mademoiselle.

BLANCHE, pleurant.

Mais je ne veux pas que vous partiez, moi! Pourquoi n'épousez-vous pas mon frère, puisque vous avez de l'amitié pour lui ?

LÉOPOLD

Parbleu! parce qu'elle a de l'amour pour un autre.

MARIE

Léopold I...

Pour qui donc?

LÉOPOLD

Pour un aveugle qui ne veut pas voir, un sourd qui ne veut pas entendre, un timide qui ne se trouve ni assez jeune ni assez beau pour être aimé, pour un idiot qui la pousse dans les bras d'un autre, qui la dote...

MARIE

Léopold!... ce n'est pas vrai, monsieur Bernard.

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