espèce F. fusca
1. r. F. gagates. On ne la trouve à ma connaissance qu’en Tessin, dans les fourrés de chênes qui couvrent les collines du sud de ce canton. On voit les $ grimper en files, lentement, sur les branches de ces arbustes où elles cultivent leurs pucerons. Pour les nids, voir «Architecture». Mendrisio, Monte Generoso, Monte Bré près de Lugano.
2. r. F. fusca i. sp. Très commune dans toute la Suisse, depuis les coteaux les plus arides et les plus brûlés des environs de Mendrisio et de Lugano jusqu’aux pâturages les plus élevés des Alpes, jusqu’à la limite des neiges éternelles. Aucune fourmi n’établit sa demeure à une si grande élévation (Piz Surlei, à près de 2400 mètres ; Anzeindaz, sur les points les plus élevés du pâturage [M. Bugnion] ; Obéré Sandalp ; Col de Barberine ; Suffisteinalp et haut de la Wengernalp [M. Bugnion]). Elle se trouve partout: dans les bois, dans les prairies, dans les lieux incultes, dans les jardins, au pied des maisons, dans
les murs etc. Elle aime plutôt l’ombre et l’humidité que le soleil et la sécheresse; mais elle ne craint pas une pente exposée au midi, dès qu’il y a quelque végétation. Nulle part elle n’est si commune que dans les hauts pâturages des Alpes et sur les cimes du Jura. Elle a donc une beaucoup plus grande extension territoriale que le L. niger, quoique elle soit moins abondante en un même lieu. La variété à thorax rougeâtre ne se trouve ni dans les bois, ni dans les hauts pâturages, ni dans les lieux arides et chauds, mais seulement dans les prairies de la piaille et des sous-Alpes (Vaux, Zurich, Klœnthal etc.).
3. r. F. cinerea. L’habitat de cette race est fort remarquable. Tandis que dans certains lieux ses fourmilières innombrables évincent celles de toutes les autres fourmis, elle manque complètement dans d’autres endroits' sans que la raison en soit bien claire. Tl résulte de là qu’on ne peut lui assigner une limite générale. Elle affectionne tout particulièrement les terrains sablonneux et dénudés de végétation. On dirait qu’elle ne peut vivre là où il n’y a ni sable fin ni poussière. Elle paraît suivre en général les cours d’eau limoneux (torrents, rivières venant des Alpes) et les bords des lacs; ses grandes colonies s’y établissent dans le sable limoneux déposé sur le rivage. C’est ainsi que les bords du Rhône en Valais, du Rhin dans les Grisons, de la Linth etc. etc. en sont infestés. Outre cela la F. cinerea a pris pour ainsi dire possession de certaines villes où ses colonies couvrent toutes les routes des faubourgs et remplissent tous les jardins. Zurich et Coire méritent surtout d’être citées à cet égard; là pas un jardin n’est épargné; on voit sortir les £> par centaines des interstices des pavés, du pied des murs etc. Mais, chose curieuse, la F. cinerea est fort rare dans le canton de Vaud (sauf du côté de Genève, ainsi à Genthod [de Saussure], au bord du Rhône de Lavey à Villeneuve, et en générale dans les Alpes vaudoises). A peine trouve-t-on au bord du lac Léman de Saint-Prex à Lutry quelques fourmilières qui sont bien plus souvent des fusco-cinerea que de vraies cinerea. A Lausanne, à Morges, on n’en trouve pas une seule. Cette race paraît ne s’élever qu’à une faible hauteur dans les Alpes. La F. cinerea ne se trouve jamais dans les bois ni dans les prairies grasses ; elle n’envahit pas non plus l’intérieur des maisons. On l’a encore trouvée aux endroits suivants: Untere Sandalp, Yens, Bregaglia, Berne, Locarno, Lugano, Monte Cenere (bord d’une rivière), Mendrisio. Aarau (Mus. de Bâle). Giriz, im Moor, Ct. de Berne (Mus. de Bâle). Schafmatt, Jura, près d’ Aarau (Mus. de Bâle). Tarasp (Killias).
4. r. F. rufibarbis. Se trouve dans toute la Suisse, mais surtout dans le sud où elle est très commune, tandis qu’elle l’est beaucoup moins au nord. Elle atteint rarement le haut de la région subalpine ou le bas de la région des sapins. Elle aime les pentes arides exposées au midi; on la trouve aussi dans la plupart des prairies, mais jamais dans les bois ; elle ne craint pas le bord des routes ni les lieux incultes ; elle ne s’approche guère des maisons, et se voit très rarement dans les jardins. Une Q aptère, isolée, à Anzeindaz (M. Bugnion). Je ne pus en trouver dans la haute Engadine qu’une unique fourmilière à Ponte (bas de la haute Engadine). Einsiedlen, Zurich, Vaud, Fribourg, Salève, Sierre, Tessin. Berthoud (Meyer-Diir).
F. fusco-g agates. Monte Bré près de Lugano.
F. fusco-cinerea. Einsiedlen. Alpes vaudoises. Bord du lac Léman. Zurich. Rigiculm.
F. cinereo-rufibarbis. Zurich (jardin de l’hôpital, Zurichhorn, Zurichberg). Sion (Tourbillon).
F. fusco-rufibarbis. Rive du Léman entre Ouchy et St-Sulpice. Je l’ai trouvée souvent à Vienne.
2. espèce. F. sanguinea. Commune, çà et là même très commune, dans toute la Suisse jusque dans la région des sapins. Elle atteint son maximum dans la plaine au nord et au centre de la Suisse, ainsi que dans les sous- Alpes ; elle devient rare dans les parties chaudes du Tessin et du Valais, sur les pentes exposées au midi. Elle aime surtout les clairières et les bords des bois, puis les haies et les bords des routes, puis les prairies quelles qu’elles soient. Elle vit aussi dans les lieux incultes lorsqu’ils ne sont pas trop arides. Elle se tient à distance des habitations humaines et même des jardins. Ex. de localités élevées: Maloggia. Haute-Engadine. St-Gotthard, au-dessus d’Airolo, région des sapins (M. Bugnion) etc. Et d’un autre côté dans des localités chaudes. Ex : Martigny. Petit-Salève (sommet). Monte Bré (sommet). Mt-Generoso (près du sommet).