espèce. M. rubra
Cette espèce, bien plus petite que la précédente, se distingue d’elle dès l’abord par son metanotum biépineux ; elle ne fait jamais de cratères ; du reste ses mœurs ressemblent fort à celles de la il/, rubida.
Les races lœvinodis et ruginodis sout très belliqueuses, comme la M. rubida. Elles sont hautes sur jambes, piquent assez fort (ce sont elles qu’on appelle ordinairement fourmis rouges). Les guerres entre fourmilières différentes de la même race sont très fréquentes. Elles aiment les lieux humides et ombragés. La M. lœvinodis sait mieux que toutes les autres cultiver les pucerons. Ses nids ont ordinairement un dôme qui est le plus souvent temporaire ; elle les fait aussi sous les pierres et dans les troncs pourris, souvent dans les terrains marécageux. La M. ruginodis a moins besoin d’humidité ; elle habite plus souvent sous les pierres et dans les troncs pourris ; elle fait transition entre les M. lœvinodis et sulcinodis. Les races lœvinodis et ruginodis se ressemblent énormément ; on trouve entre elles de nombreuses transitions. Toutes deux manquent entièrement dans les lieux arides.
La race sulcinoclis est une forme exclusivement alpine, vivant sous les pierres. Son habitus et ses mœurs sont intermédiaires entre l’habitus et les mœurs des M. ruginoclis d’un côté et scabrinodis de l’autre.
La race rugiüosci est une forme rare et mal définie, vivant dans les prairies, et ressemblant énormément aux petites scabrinodis ; les pattes sont un peu plus longues.
Les races scabrinodis et lobicornis sont bien distinctes des lœvinodis et des ruginodis. Elles sont plus coriaces, mais beaucoup moins belliqueuses ; leur aiguillon est plus faible, leurs sociétés sont moins nombreuses ; elles aiment les lieux arides, mais aussi ceux qui ne sont ni secs ni humides. Leurs jambes sont plus courtes que celles des précédentes ; les fourmilières différentes de même race se livrent des combats fréquents, mais peu meurtriers.
Les nids de la M. scabrinodis sont presque toujours sans dômes et situés dans les lieux secs et arides (aussi dans les prés et sous les pierres des bois), jamais dans les troncs d’arbres. Elle n’est pas très belliqueuse, mais par contre extrêmement voleuse. Elle va dérober la proie des autres fourmis jusque dans leur nid. J’en ai vu entrer individuellement dans des nids de L ■ fiavus, en retirer une $ Je cette espèce, la tuer et l’emporter comme proie. Lors des combats entre grosses fourmis, les M. scabrinodis se disputent leurs cadavres avec les T. caespitum et les T. erraticum. J’ai vu une Ç scabrinodis arracher un cadavre d’insecte à une $ rufibarbis sur le dôme même de son nid, et malgré tous les efforts de cette dernière pour le retenir. Elle faisait la morte, puis entraînait vite le cadavre lorsque la rufibarbis lâchait prise, se laissant mordre, mais ne perdant pas un instant pour gagner du terrain. J’en vis une autre attraper un cocon que des rufibarbis emportaient, fuyant devant des F. sanguinea. En vain plus de douze Ç rufibarbis cherchèrent à le lui arracher, à lui faire lâcher prise, à lui couper la tête ; elle resta immobile, les mandibules cramponnées à la coque. Sa patience surpassa celle des rufibarbis et elle finit par emporter ce cocon si hardiment dérobé. Je vis des scabrinodis venir en foule sur un morceau de sucre que j’avais mis sur le dôme d’un nid de F. sanguinea. Des $, serrées dix fois de suite sur le dos par les mandibules d’une grosse $ sanguinea qui se crispait de toutes ses forces, recommençaient invariablement à manger leur sucre dès qu’elles étaient relâchées. La M , scabrinodis est en rixe continuelle avec le T. cœspitum ; elle a ordinairement le dessus, mais pas toujours. Les fourmilières de la M. scabrinodis sont ordinairement beaucoup plus petites que celles de la M. lœvinodis.
La race lobicornis est une forme plutôt alpine. Ses mœurs sont du reste identiques à celles de la précédente.
Les mœurs des formes transitoires sont intermédiaires entre celles des races typiques.
XXY
Espèces du genre Aphœnog aster.
Elles se distinguent des Myrmica par leurs longues pattes, leur corps mou, leurs individus à grosse tête dure parmi les $, leur faiblesse, leur lâcheté et leur petit aiguillon. On ne peut nier une certaine analogie entre elles et les Camponotus, dans les rapports entre grosses $ et petites puis dans leur manière de combattre. Les grosses $ vont
aussi en avant, donnant à tors et à travers des coups de dents violents, en imprimant à tout leur corps un mouvement analogue à celui des Camponotus. Elles se défendent aussi en plaçant leurs têtes devant chaque ouverture du nid, comme le font du reste la plupart des fourmis.