‹ Les fourmis de la SuisseChapitre 47 sur 181 · Genre Anergates n. g · texte numérisé non relu

Genre Anergates n. g

(a, sans; ègyarr]ç, ouvrier)

La 9 et le cf de la seule espèce connue de ce genre furent découverts par Schenk dans des fourmilières dont les $ étaient des T. cœspitum. U crut que ces ouvrières étaient celles de la 9 et du d\ et décrivit le tout sous le nom de Myrmica atratula. Mayr trouva que l’ouvrière était à peine une variété du T. cœspitum, mais que la 9 devait être tout autre chose; il crut devoir la ranger dans le genre Tomognatlius (Europ. Form. p. 56, note; Novarra-Reise p. 23). Il regarda le cf de Schenk comme mal développé ( nicht ausgebildet ; entend-il par là que c’était une nymphe?), et pensa probablement que l’ouvrière devait exister quelque part, mais qu’on ne l’avait pas trouvée. Or von Hagens a étudié cette espèce avec grand soin (Berl. eut. Z. 1867), et a montré que l’ouvrière n’existe pas et que le <A aptère et lourd, sachant à peine marcher, que Schenk avait trouvé, est bien le seul et vrai çf. Il observa même l’accouplement dans le nid, observation que j’ai pu confirmer, l’ayant refaite moi-même (XV). Il regarde cette espèce comme parasite du T. cœspitum, et laisse sa place dans la systématique en suspens. Or le genre Tomognatlius dont l’ouvrière seule est connue n’est représenté que par une seule espèce finlandaise et danoise: T. sublœvis, vivant chez le L. acervorum en parasite Ses caractères ont bien quelque analogie avec ceux de notre fourmi, mais il y a de profondes différences. J’ai trouvé moi-même VA. atratulus à trois reprises; deux fois j’ai pu enlever la fourmilière et l’étudier à la maison en captivité. Mes observations rapportées plus loin (exp. XY) viennent confirmer celles de von Hagens. Le étudié soigneusement ne montra beaucoup de particularités. Ce n’est point une nymphe, mais' bien un adulte très singulier (voir tableau des genres). De plus j’ai trouvé que les palpes des deux sexes sont très particuliers (v. tabl. des genres). Le manque d’ouvrière, le manque d’ailes chez le ainsi que la singulière conformation de tout son corps, la structure des palpes etc. chez les deux sexes éloignent énormément cette espèce des Tomognatlius et de toutes les autres fourmis connues; ils justifient pleinement la création d’un nouveau genre. Je crois, comme v. Hagens, que cette fourmi vit en parasite chez le T. cœspitum et peut par conséquent très bien se passer d’ouvrières. Du reste on ne peut nier une analogie frappante entre ses mœurs et celles du Strongylognathus testaceus, chez lequel il y a une masse de 9 et de d\ très peu de $, et qui vit chez le T. cœspitum, très probablement aussi en parasite.

Femelles.

Caractères du genre. Tout le front est plus ou moins concave suivant les individus, ce qui fait varier énormément le sillon frontal et l’aire frontale. Cette dernière, ordinairement indélimitable, est parfois assez nette, grande, triangulaire. Le plus souvent il n’y a pas de sillon frontal, mais seulement sur la ligne médiane, en dessous de l’ocelle antérieur, une proéminence longitudinale allongée et ombiliquée. Si l’impression médiane de cette proéminence se continue en avant et en arrière, elle constitue un sillon frontal. Tout le corps couvert d’une ponctuation serrée et grossière, finement rugueux, mat ou très peu luisant. Noirâtre; abdomen brunâtre. Antennes, pattes et mandibules jaunâtres. Presque pas de poils, peu de pubescence. Ailes un peu enfumées. L. 2, 5 — 3mm' . . . . 1. espèce. A. atratulus. Sclienk.

Mâles.

Caractères du genre. Tête comme celle de la Ç, mais le front n’est guère concave, l’aire frontale et le sillon frontal sont plus souvent distincts. Ponctuation du mesonotum assez espacée, très grossière, du reste comme cfiez la Ç. Aucune pilosité et peu ou pas de pubescence. Entièrement d’un gris jaunâtre assez clair. Plus large, plus fort, plus trapu que la Ç. L. 2, 7 — 3“m‘ . .1. espèce. A. atratulus. Schenk.

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