‹ Les fourmis de la SuisseChapitre 50 sur 181 · Genre Strongylognathus Mayr · texte numérisé non relu

Genre Strongylognathus Mayr

C’est encore à Schenk que revient l’honneur d’avoir découvert la première espèce de ce genre curieux. Ses mandibules, comme celles du genre Polyergus, le rendent impropre au travail ordinaire des fourmis. Or on le trouve avec ses Ç, ses çf, ses larves, ses nymphes dans des fourmilières composées en majorités de T. cœspitum Ç avec leurs larves et nymphes Ç, mais sans jamais de Ç ni de cf. Schenk et Mayr en ont conclu qu’il devait piller les T. cœspitum comme le Polyergus rufescens pille les F. fusca et rufîbarbis. Von Hagens n’est pas de cette opinion, et il a, je crois, raison comme nous le verrons ailleurs. J’ai découvert une seconde espèce en Valais; elle se trouvait également avec des T. cœspitum; elle est plus grande, plus forte, et les $ sont infiniment plus nombreuses dans la fourmilière. Cette espèce-ci paraît être réellement esclavagiste. Les nids de ce genre ne se distinguent pas de ceux des Tetramorimn. Ouvrières petites; femelles plus grandes, mais infiniment moins grandes que chez les Tetramorium. Mâles plus grands que les femelles. Les cf ressemblent cependant beaucoup à ceux des Tetramorium, quoique étant bien plus petits; l’analogie du 2""° article du fouet de l’antenne est surtout remarquable. Von Hagens insiste beaucoup sur ce point, et émet l’idée que les Strongylognathus pourraient n’être qu’une variété monstrueuse des Tetramorium. *) L’habitus du S. testaceus est presque le même que celui du T. cœspitum, mais l’habitus du S. Huberi rappelle plutôt celui du Lept. acervorum.

*) J’ai trouvé dans la collection du Muséum de Paris deux 9 et un cf de Strongylognathus qui ont tous les caractères du S ■ testaceus, mais dont la tête n’est absolument pas échancrée postérieurement; de plus ils sont très noirs, et leur aspect rappelle d’une manière frappante celui des petits cf et des petites 9 de diverses variétés méridionales du T. cœspüum. Ils n’ont du reste pas les caractères du S. Huberi (pas de carène au chaperon etc.). Ce fait viendrait à l’appui de l’idée de von Hagens. Mais on n’a jamais encore pu trouver un seul individu chez lequel la forme des mandibules fût intermédiaire.

Ouvrières.

Le chaperon, court dans ses parties latérales, se prolonge par son milieu entre les arêtes frontales qui sont (ainsi que les antennes) placées très au devant de la tête. Il est lisse, luisant, voûté d’avant en arrière, concave de droite à gauche, sans la plus petite trace d’une carène. Corps assez court, de la forme de celui du Tetramorium cciespitum. Tête grande, large, avec les mandibules plutôt plus longue que le thorax; elle a à son bord postérieur une profonde échancrure sémilunaire qui lui donne l’air d’avoir deux cornes. Thorax court. Metanotum muni de deux petites dents très courtes et très obtuses, presque lisse et luisant entre deux. Poilu, luisant. Abdomen lisse. Tête et thorax à stries longitudinales grossières, sauf le vertex qui est plus ou moins lisse, et le sommet du pronotum et du mesonotum qui est lisse ou finement strié; pédicule finement rugueux. D’un jaune brunâtre. Souvent une bande transversale, brunâtre, vague, sur le premier segment abdominal. L. 2, 3 — 3œm' 1. espèce. S. testaceus. Schenk.

Chaperon disposé comme chez l’espèce précédente, lisse et luisant, voûté d’avant en arrière, mais fortement convexe aussi de droite à gauche, et muni au milieu d’une carène longitudinale qui se continue dans l’aire frontale et ne finit qu’au sommet de celle-ci. C’est, à la hauteur de l’articulation des antennes que cette carène est surtout élevée. Corps allongé, de la forme de celui du Lept. acervorum. Tête plus petite, plus étroite, moins rectangulaire que chez le précédent, plus courte que le thorax, et n’ayant qu’une faible échancrure à son bord postérieur. Thorax allongé. Metanotum muni de deux épines ou dents pointues comme celles du T. caespitum ; entre deux il est rugueux transversalement. Peu poilu, luisant. Des rugosités longitudinales grossières seulement sur les côtés de la tête et du thorax, et sur le devant de la tête (sauf le chaperon). Front et vertex lisses, à points enfoncés larges et épars. Dessus du thorax lisse, sauf le dessus du metanotum qui est très finement granulé. Pédicule finement rugueux et ponctué. Abdomen lisse avec quelques points épars. Roussâtre. Front et milieu du dessus de l’abdomen plus foncés. Eperons grossièrement pectinés. L. 3 — 3, 5ram' 2. espèce. S. Huberi. n. sp.

Femelles.

Tête et thorax striés partout, longitudinalement et grossièrement. Dents du metanotum plus fortes que chez l’ouvrière, presque spiniformes ; metanotum strié transversalement entre elles deux. Pédicule rugueux. Abdomen lisse, vaguement ponctué. Du reste la tête et le chaperon comme chez l’ouvrière. D’un brun marron, presque noirâtre sur le vertex. Mandibules, antennes, pattes, pronotum et dessous de tout

le corps plus ou moins rougeâtres ou jaunâtres. L. 3, 7 — 4mm-

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