‹ Les français aux expéditions de Mayorque et de Valence sous Jacques leChapitre 5 sur 5 · XII. Rodrigo de Guzman ^ seigneur de la Algava, marié à · texte numérisé non relu

XII. Rodrigo de Guzman ^ seigneur de la Algava, marié à

Léonor de Acuna.

XIII. Luiz de Guzman, seigneur de la Algava, épousa Léonor Manrique, fille de Rodrigo, comte de Paredes.

XIV . Francisco de Guzman, créé marquis de la Algava en 1565, marié à Briandade Guzman^ sa parente, fille du marquis d'Ardales, comte de Teba.

XV. Luiz de Guzman, marquis de la Algava et d'Ardales, comte de Teba, maréchal de Castille, chevalier de l'ordre de Saint -Jacques, marié à Inès de Porto- Carrero.

X\I. Pedro Andrès de Guzman, marquis de la Algava et d'Ardales, comte de Teba, épousa Juana Femandez de Cordoba.

XYII. ( Inès de Guzman, héritière des marquisats de la Algava, d'Ardales et du comté de Teba.

ICristobal de Porto-Carrero et Enriquez, marquis de Valderrabano.

XVIII. Cristobal de Porto-Carrero et de Guzman, mort en 1 704, avait épousé Marie Regalado de Villalpando.

XIX. Cristobal Gregorio de Porto-Carrero, Zuna, Guzman, Osorio , Enriquez , Almanza , Pacheco , Aragon et Monroy, comte de Montijo, marquis de Barcarota, grand d'Espagne, chevalier de la Toison d'or et des ordres du roi de France, ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire d'Espagne à Londres, puis à Francfort en 1741, pour l'élection de l'empereur Charles VII, avait épousé le 15 mai 1717, Dominga Fernandez de Cordoba.

XX. Cristobal Pedro de Porto-Carrero, marquis de Valderrabano, marié à Maria-Josefa Lopez de Zuniga, comtesse de Miranda.

XXI. / Maria-Francesca de Sales de Pôrto-Carrero et Zuiliga. I Philippe de Palafox et de Croy, fils de Joachim-Antoine- Ximenes de Palafox, marquis d'Arizza, grand d'Espagne, et de Marie-Anne-Charlotte de Croy.

XXII. Cypriano de Palafox, Porto-Carrero et Guzman, comte de Montijo, de Miranda et de Teba, duc de Penaranda, mort le 15 janvier 1831, marié à Maria-Manuela de Kirk-Patrick de Glasburn.

XXm. ( Marie-Eugénie de Palafox, Porto-Carrero et Guzman, 1853. j comtesse de Teba.

\ Napoléon III, empereur des Français.

XXJV. Napoléon-Eugène-Louis-Jean-Joseph, prince impérial, né le 16 mars 1856.

Pauch (P.) de Perpignan. V.

Penya (Gelacian de). — « Gelacian de Penya vint de Toulouse *, servir le roi, lorsque l'armée était devant Burriana. Il était à peine reposé de la route, lorsqu'une impétueuse troupe de Maures, tous gens de peu, essaya avec grands cris de faire lever le siège au roi votre père. Gelacian soilit en entendant le bruit de cette algarade *, et les força de se retirer. Sur son écu, son nom est indiqué par un rocher ^ en champ d'or, sur lequel ont poussé des plantes et des fleurs. » (Febrer, trob. 388.)

Jordan de Penna figure comme témoin dans un acte d'hommage rendu à Montpellier, le 16 des calendes de janvier 1236, par Jacques I, roi d'Aragon, à Jean de Montlaur, évêque de Maguelonne. (Voy. D. Vaissete, Histoire de Languedoc, t. III, preuves, col. 379.) Ce personnage est revendiqué par l'ancienne maison de Penne, en Languedoc, dont les armes sont : D'or à trois fasces de sable; au chef (Tkermine. (Voy. Laine, Archiv. de la nobl., t. III.)

1 Ou Tolosa.

i Algarach signifie en arabe une attaque brusque et imprévue.

3 Penya en catalan, pena en espagnol.

D'après Zurita {Anales de la corona de Aragon, 1. 1, f** 213, v**), il appartiendrait à la maison aragonaise de Pena.

Guiscardus de Pernia, miles, dominus de Penna, est mentionné dans le Saisimentum comitatus Tolosœdf. 1271. (Brémond, Nobil. toulousain.)

Penyarotja (Pierre). — ci Entre deux rochers rouges, un château doré fait connaître le nom de ce chevalier qui vint de France, et comme un vaillant soldat, se distingua par de nombi:euses prouesses. Pierre Penyarotja, dit de Montpellier, qui est bien connu, se trouva à Valence où il fut bien récompensé par le seigneur roi. Puis, à Alcira, il donna des preuves éclatantes de sa valeur et de sa grande expérience en l'art militaire. Aussi ce fut justice lorsqu'il fut nommé à Valence comme vice-roi, » (Febrer, trob. 389.)

Perpignan. — c< Ramon Perpinya a peint sur son écu trois pommes de pin * d'or, sur champ vert. La Catalogne est sa patrie, c'est là que sont ses biens héréditaires. Il fut bien connu de votre père par sa valeur, son expérience et sa noble origine. Il était à Xativa, où il montra son courage en escaladant la muraille, abrité sous sa rondache et résistant aux pierres que les Maures lui lançaient avec furie. Mais, avec habileté, il balaya de ce poste toute cette canaille, et le château se rendit au roi. » (Febrer, trob. 396.)

Le nom de ce personnage nous fait croire qu'il était de la ville de Perpignan. On trouve dans la répartition de V., G. et P. Perpinan, Andreu de Perpina, M. de Perpinan, boulanger, et Perpinian de Villa-Colom.

Une famille Perpina, établie à Mayorque depuis la fin du xiii* siècle, porte pour armes : D'azur à trois pommes de pin (Pargent. (Bover, NobiL mallorquin.)

Pertusa (Jean). — « Cet écu, écartelé avec un tranchet et une poire sur champ d'or, est celui de Joan Pertusa, qui de Roussillon vint à la frontière contre les Sarrasins, avec une bande de soldats aguerris. Le roi votre père ne put se dispenser, pour plusieurs raisons, de lui donner l'emploi de chef de ses écuries. Lorsqu'il entra à Valence, il lui remit son écu, ses éperons et le frein de son cheval, qui appartiennent de droit à celui qui remplit ces fonctions. Mais il (Pertusa) les laissa dans la cathédrale. » (Febrer, trob. 397.)

1 Pinya en catalan.

Pexonat (Ramon), de Marseille. M.

Peyrolas (Bartholomeus de). V.

n existe plusieurs villages du nom de PeyroUes, Peyrolle, Peyrols et Peyroules, dans l'Aude, le Tarn, le Gard et les Bouches-du- Rhône.

PoQUET (Ramon) ^ de Marseille. M.

Cette famille, représentée de nos jours à Mayorque» porte pour armes : De gueules au monde d^or, cintré d^ argent, surmonté d^un parni rouant d'or, (Bover, NobiL mallorquin.)

PoRTADORA (Jacques). — « Jaume Portadora fait connaître le nom qu'il tient de ses aïeux, par la comporte * bien dorée que en champ rouge porte ce gentilhomme. Il a acquis du renom dans toutes les guerres où il s'est trouvé, depuis qu'il est venu de Montpellier où est le manoir de sa famille. Il s'est trouvé au Puig, ensuite à Valence, comme aventurier; à Xativa, il fut le premier soldat qui reçut de grandes récompenses. Il s'est marié avec la fille de Joan Fababuig. » (Febrer, trob. 408.)

M. de Purtadora, V.

Pradas [Remundus^ Blagera et Salvator de). V.

Prades est un nom commun à plusieurs lieux, dont le plus connu est la petite ville de Prades, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement des Pyrénées-Orientales.

Provenza (Remond et D. de), R. et Aldebertus de Provinda, V. — Évidemment nom d'origine, de même que le suivant.

Provenzal ou Provincial (Domingo). M. J. GuiUem Provenzal,V.

PuiG-GAT (Guillem de). — « GuiUem de Puig-gat a peint sur son écu un chat ^ sauvage sur ime montagne ^, avec un lapin à ses pieds en champ rouge. De cette façon, il a indiqué clairement son nom. n est venu de Bretagne chercher fortune, et il l'a trouvée bonne en servant au Puig, à Valence; à Biar et encore à Murcie ;

1 Portadora en castillan et en valencien. C'est le vaisseau de bois que l'on appelle aussi benne ou banne dans certaines provinces de France. > Gat en catalan.

3 Puig en catalan.

quand votre beau-frère * est accouru demander des secours au roi son beau-père, parce que le Maure essayait de se soustraire à son vasselage. Puig-Gat obtint des récompenses à Orihuela pour avoir bien servi. » (Febrer, trob. 410.)

Puig-Vept (Bernard de). — <r Bernât de Puig-Vert portait sur son écu, en champ d'argent, une montagne verte avec une fleur de lis bleue, pour être reconnu dans tout le Roussillon. G' est de là qu'il vint avec votre oncle *. Il fut homme habile durant toute la guerre, comme vous le savez bien, puisque votre père fait connaître dans ses commentaires que son nom était l'efifroi des Maures. Il jouit aujourd'hui de Relleu , de Planes et de sa vallée. 11 a acquis par jugement les dîmes et les prémices d'Alcoy et de Biar. » (Febrer, trob. 412).

Quoi qu'en dise Febrer, le nom de Puig-Vert ne figure point dans la chronique du roi Jacques.

Dominicus de Podioviridi et Na Pugbert, V.

Puigvert en Gatalogne porte : If or au mont de sinople sommé d^une /leur de lis florencée du même. (Voy. Garma, Adarga catatana, t. II, p. 142.)

PujATZONs (Pierre). — « Pierre ^ Pujatzons porte pour insignes dans son écu la montagne du Calvaire, parce que là-bas à Toulouse ^, d'où il est originaire, un sien aïeul, voyant la brutale furie des hérétiques mettre en pièces trois croix qui se trouvaient dans un sanctuaire, s'indigna de ce sacrilège et, animé d'un zèle pareil à celui de Phinées *, en fit une boucherie et y perdit courageusement la vie. Son descendant a adopté dès lors le lion et le Calvaire. » (Febrer, trob. 416.)

1 AlfoDse X de CasUlle.

* Très-probablement don Nanyo Sancbez^ seigneur ou comte de Roussillon, de la race royale de Barcelone-Aragon^ et cousin-germain du père de Jacques I. Il était donc ce que nons appellerions aujourd'hui grand-oncle à la mode de Bretagne du roi Pierre III auquel s'adresse Tautenr des trobas,

^ Au lieu des formes catalanes Père ou Perot, dont il se sert presque toujours, Febrer emploie, pour désigner cet individu^ la forme française Pierres.

* Il s'agit ici incontestablement de Toulouse en Languedoc, Tun des foyers de Thérésie albigeoise.

» On sait que le grand-prôtre Phinées, fils d'Eléazar et petit-fils d'Aaron, montri un zèle implacable contre les Juifs entratnés dans la débauche par les filles de Moab et de Madian, et tua Zambri, l'un des chefs d'Israël, qu'il avait surpris avec une Madianite.

Armoiries d'après la gravure de Fédition Bover : Coupé, en chef,

de à la montagne du Calvaire de en pointe, de au lion

de

Rabasa (Guillem). — c< Cette grosse racine * verte sur champ d'or, nous fait connaître le nom de ce provençal *, qui servit avec zèle dans la guerre ; vous avez nommé Guillem Rabasa de Montpellier. A ses frais, il amena une troupe à Mayorque et à Valence ; il acquit un domaine dont il jouit aujourd'hui. Il est donc évident que ses fils et ses descendants méritent d'être honorés par vous de faveurs nombreuses, afin qu'il n'y ait pas de discussions entre frères. » (Febrer, trob. 417.)

Guillem Rabasa fut secrétaire ou notaire de Jacques I. Il est meur tionné dans la chronique de ce roi (chap. xxxu), et dans divers actes où il figure en qualité de notaire. (Voy. Jaxime I le Conquérant, roi d^ Aragon, etc., 1. 1, pièces justificatives, p. 450.)

Berenguer Rabatie ou de Rebassa, Bernât den Rabassa , P. de Rabacia, M. Petrus Rabaza, Y.

Les armes de la famille Rabaza, qui existait encore à Mayorque au commencement du xvm« siècle, sont : I/or à la racine de len-tisque au naturel, à la bordure comportée de sable. (Bover, Nobil. mallorquin.)

Renald ou Renaldi (A., P. et B.), Br. Renaît, R. et B. de Renau, V.

Les noms de Renal^ Raynal, Reynaud, Renaud, Renaldy, etc., sont communs à une quantité de familles françaises. Il est impossible d'attribuer à une ou à plusieurs d'entre elles en particulier, les individus mentionnés dans la répartition de V.

Revel ou Rebel (Berenguer) et son fils, V.

n y avait en Auvergne et en Dauphiné une ancienne maison de Revel [aliàs de Ravel), à laquelle appartenait Hugues de Revel, grand-maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, de 1260 à 1278, et dont les armoiries étaient : If or au demi-vol d^azur [aliàs de sable). (Voy. Vertot, Histoire de F ordre de Malte; — St-Allaîs, Vordre de Malte; — Bouillet, ^obiL d^ Auvergne, t. V, p. 235 ; —

1 Rabasa oa rabaza, grosse racine.

* Nous n'avoDS pas besoin de rappeler ici que, au xui* siècle, le nom de Provence s*éteudait à tous les pays de la langue d'oc.

Guy AUard, Nobil. de Dauphiné ; — Chorier, V Estât politique du Dauphiné, t. III).

Izam Revel ou Revelly, écuyer, seigneur de Cuq, est mentionné dans le Saisimentum comitatus Tolosœ de 1271, avec les seigneurs du bailliage d'Auriac. (Voy. Bremond, NobiL toulousain,)

Bernard de Revel, templier du Rouergue, dans les premières années du XIV® siècle. (Voy. de Barrau, Documents sur le Rouergue, t. IV, p. 497.)

RiONTz ( Amal de) et uxor sua Simona, V. Peut-être Riom, nom d'une ville et d'une ancienne famille d'Auvergne connue dès le xii« siècle et dont les armoiries étaient : d'or, à trois étoiles (Pazùr,

RiPOLLÉs (Bernard). — « Un coq rouge en champ d'argent c'est ce que portait sur son bouclier Bernât Ripollés lorsqu'il accourut de Perpignan combattre les infidèles; car c'était un homme attentif à remplir ses devoirs. Gomme il était rich hom * en Catalogne, le roi votre père se vit, avec juste raison, obligé de le récompenser grandement, car lorsque le roi Zaen essaya de s'emparer du Puig, Ripollés criant : St-Georges ^ ! à eux ! mit en fuite tous les Maures jusqu'au dernier. » (Febrer, trob. 425.)

J. RipoUes, V.

RocA (Guillaume de) — c< Un valeureux guerrier natif de France et soldat de fortune, gardait le fort château de Montesa, lorsque le roi de Gastille animé de mauvaises intentions, essaya de s'en emparer à la tête d'une nombreuse troupe. Mais la vigilance de Guillem de Roca (car tel était son nom) sut résister aux attaques du roi et fit lever le siège. Il y gagna le surnom de Rocade Montesa. Cet homme portait un roc d'or sur champ bleu, et des deux côtés les fleurs de lis d'or de ses ancêtres. » (Febrer, trob. 429.)

Bemaraa de P. Rocha, de Montpellier et les enfants de P. Rocha; JRomeus et P. de Rocha ; P. A. de la Rocha, En Roca, P. Arader de

1 Le titre de riche homme pour désigner les hauts barous était employé dans toute la Péninsule^ dans les pays de la langue d'oc et quelquefois môme dans la France du nord^ comme le prouvent les Mémoires de Joinville; mais les rico^ homes aragonais seuls jouissaient de ces privilèges spéciaux qui en faisaient une caste distincte du reste de la noblesse.

« Saint Georges! était le cri de guerre de TAragotf. A ce cri, disent les légendes, on vit dans plusieurs batailles contre les infidèles, saint Georges lui-même se mêler aux combattants et assurer le succès aux armées chrétiennes.

la Roca, Bonafona de Za ^ Roca, Berenguer Roch , de Montpellier, V.

Le 8 deskalendes d'avril (25 mars) 1274, le roi Jacques d'Aragon emprunte une somme d'argent à Guillem de Roca pour se rendre au concile de Lyon. (Archiv. de la couronne d'Aragon, registre 19, foll9.)

Le nom de Roch, en latin de Rocha est ancien à Montpellier où il apparaît dans les actes dès 1132. Sous le règne de Jacques P" on trouve entre autres un Guillem Roch, secrétaire de ce prince, et un Jacques Roch, chancelier du même roi et plus tard évêque de Huesca.

Tous les individus qui figurent sous ce nom dans divers documents des XII*, xui* et xiv* siècles n'appartiennent probablement pas à la même famille, mais dans le nombre plusieurs comptaient parmi les personnages les plus importants de la ville de Montpellier et par conséquent faisaient partie de cette aristocratie, moitié féodale, moitié municipale, qui occupe une si grande place dans l'histoire de la France du Midi. Des rangs de cette aristocratie et de l'une des familles dont nous venons de mentionner quelques membres, est sortie Fune des plus pures gloires du xiv* siècle, l'immortel et populaire saint Roch. Le nom de ce héros de l'abnégation et de la charité chrétiennes est de ceux qui tiennent de la reconnaissance et de l'admiration du peuple des titres de noblesse auxquels il serait au moins puéril de vouloir rien ajouter. Aussi nous serions-nous gardé d'insister sur le rang occupé par la famille de St Roch, si la question n'avait déjà été soulevée. Des traductions inexactes, de fausses interprétations ont transformé dans la légende du Dréviaire de Schleswig et chez quelques anciens hagiographes, les primates, les magnâtes, les proceres de la ville de Montpellier ^n principes^ en souverains, et par une erreur facile à comprendre, on a attribué aux parents de St Roch une origine royale. Choqués de cette assertion, évidemment erronée, des historiens modernes ont exagéré en sens inverse et affirmé que St Roch appartenait à la classe bourgeoise. Il s'agit de s'entendre sur ces mots qui sont loin d'être exacts si l'on donne au mot bourgeois son sens moderne. St Roch appartenait à la noblesse de la ville de Montpellier, il suffit de lire Ténumération des personnages de son nom dans l'excellente Histoire de la commune de Montpellier (t. III, p. 274) pour en demeurer convaincu et com-

1 Ça ou Za est un aDcien article catalan pour la.

prendre Texagération des vieux hagiographes, inexplicable dans toute autre supposition.

Ce n'est pas ici le lieu de discuter les absurdes objections de ceux qui ont essayé de nier l'existence d'un saint sur la vie duquel on a des détails précis et dont le culte s'est établi à Montpellier dès Tannée 1373, c'est-à-dire 46 ans après sa mort (Voy. Montpellier, tableau historique et descriptif, par M. E. Thomas, archiviste du département de l'Hérault, p. 246; — d'Aigrefeuille, Histoire de Montpellier, t. II, p. 225) ; mais nous relèverons la supposition par trop hasardée d'Andoque [Hist. de Languedoc, p. 387) reproduite par LaChesnaye- Desbois (t. V, p. 344) d'après laquelle la famille Roch aurait changé son nom en celui de La Croix, en souvenir d'une croix rouge que le saint portait, dit-on, en naissant, sur la poitrine. Une tradition constante admet cependant la parenté, non pas masculine, mais seulement féminine, de la maison ducale de la Croix de Castries avec la famille du grand saint de Montpellier (Voy. d'Aigrefeuille : Hist. de Montpellier^ t. II, p. 228).

RocAFORT OU Rochafort, M. — Le roi Jacques P' parle en deux endroits de sa chronique (chap. xxxvn et lix) d'un chevalier qu'il appelle En Rocafort et qui prit part à la conquête de May orque. R. Rocafort figure comme témoin dans une ordonnance de paix et de trêve rendue par le même prince en 1234. (Voy. Archives de la couronne d^ Aragon; Parchemins de Jacques I^r, n" 633; — Documents inédits des archives d'Aragon^ t. VI, p. 111.) Un- R^ de Roquefort est mentionné dans les premières années du xni* siècle, en Rouergue où existait une famille de ce nom. (Voy. Bosc, Mémoires pour servir à Phistoire du Rouergue, t. I, p. 293, et t. m, p. 119; — De Barrau, Documents sur le Rouergue, t. II, p. 83 et IV, p. 497.)

11 y avait en Auvergne plusieurs familles du nom de Rochefort, dont deux au moins remontent au delà du xm* siècle. (Voy. Douillet, Nobil. <P Auvergne, t. V, p. 365 et suiv.) Guillem de Roquefort prit part à la septième croisade. — Aimeric, Jordan, Geraud, Roger, Guillem et Hugues de /Jw/?e/(9r^2 en 1271. [Saisimentum comitatus Tolosœ.)

RocAMADOR [Elias et D. de), V. — Rocamadour est un village de Quercy. (Voy, ci-dessus l'article Morla.)

RocAMORA (Pierre). — a Monsieur * Rocamora que l'on appelle aujourd'hui Pierre Rocamora, français de nation, de la Septimanie *, vint à propos, comme nous le savons, avec gens et chevaux pour combattre le Maure blasphémateur de Grenade au moment où il voulait reprendre Murcie et son territoire, qu'il avait perdus, et que votre beau-frère avait conquis valeureusement tandis que son père faisait la guerre à Séville. Dans son écu il porte le roc du jeu d'échecs de couleur bleue sur or. Il fut un vaillant soldat. » (Febrer, trob. 433.)

Ce personnage parait appartenir à l'ancienne maison de Rochemore, dont le nom est connu en Languedoc et en Provence depuis l'année U61. (Voy. d'Aubais, Pièces fugitives pour servir à Fhis^ toire de France j t. II, jugements sur la noblesse, p. 255 ; — Moréri, Diction, historique, t. IX, p. 280 ; — La Roque, Armoriai de Languedoc, t. I, p. 433.)

La maison de Rochemore porte aujourd'hui pour armes : If azur à trois rocs d^ échiquier ^argent. — Devise ; Rupibu^ firmior.

n y avait aussi en Auvergne une maison de Roquemaure ou Rochemaure remontant à l'année 1059 et dont les armoiries nous sont inconnues. (Voy. Baluze, Bist de la maison d^ Auvergne, 1. 1, p. 57. — BouDlet, NobiL d^ Auvergne y t. V, p. 449.)

RoiG (Jacques). — « La moitié d'un soleil vermeil et la moitié d'un roc rouge sur champ d'or, c'est ce que portait dans sou écu Jacques Roig, noble provençal, lorsqu'il vint à la conquête, à la grande joie de votre père qui le connaissait pour l'avoix vu combattre à Mayorque. Il se trouva au Puig et à Valence, et en récompense de ses services jouit à Campanar d'un beau domaine Son fils alla à Noixent et à Ayora et fit bonne résistance aux forces de votre beau-frère. » (Febrer, trob. 434.)

Armoiries d'après Dover : Parti, d'or, au demi soleil de gueules mouvant du parti, et d*or, au demi roc d'échiquier de gueules, mouvant du parti.

Roig est la traduction catalane du nom Roux. Plusieurs personnages du nom de Roig, en latin Rubei, sont mentionnés dans les répartitions de M. et de V. Une famille Roig représentée de nos

1 Monsiur dans le texte valeocien.

2 Ancien nom du Languedoc.

jours à Mayorque, porte : If argent au soleil de gueules. (Bover, NobiL Mallorquin.)

Roig, de Perpignan, portait d'après YAdarga catalaim^ de Garma, (t. n, p. 156) : If or à la comète de gueules, caudée du même et posée au canton dextre du chef.

RoNÇASVALLES et Fr. Lupus Roncidevalium, commandeur de Bur-. riana, V.

Le défilé de Roncevaux, qui de Saint-Jean-Pied-de-Port conduit en Espagne et que la mort du paladin Rolland a rendu célèbre, est probablement le lieu d'origine des individus désignés sous son nom.

RoQUEFEuiL (Guillem de). — « De la souche de JE'w Ramon, qui de Montpellier était ancien seigneur , naquit £;z Guillem, qui fut cousingermain du roi En Jaume premier, votre père. On nommait ce chevalier Rocafull et il eut pour fils Ramon et Arnau, qui furent appelés par votre aïeule, la reine Marie, à la succession de tous les biens qu'elle tenait de son père et dont elle avait hérité. A Valence et à Murcie ils sont estimés. Ils ont peint sur leur écu un roc et un cornet d'or sur champ rouge. » (Febrer, trob. 4i2.)

n y a plusieurs observations à faire sur le passage que nous venons de traduire : en premier lieu, il n'y a jamais eu de seigneur de Montpellier du nom de Raymond ou Ramon; Febrera voulu parler sans doute de Raymond de Roquefeuil, grand-père de celui auquel il consacre sa troba^ et qui épousa en 1169 Guillemette, fille du seigneur de Montpellier Guillem VII, et tante de Marie de Montpellier, mère du roi Jacques. Ce prince n'était donc pas le cousingermain, mais bien le cousin issu de germain de Guillem de Roquefeuil. D'un autre côté, Marie de Montpellier, reine d'Aragon, appela à recueillir éventuellement sa succession, Raymond et Arnaud de Rocpiefeuil, ses cousins, oncle et père et non pas fils de Guillem. Enfin, les armoiries données par Febrer ont pu être portées par quelques-uns des membres de cette maison, mais n'ont aucun rapport avec celles que l'on s'accorde à attribuer aux aïeux de Guillem de Roquefeuil et que ses descendants portent encore de nos jours avec quelques modifications.

Guillem de Roquefeuil, que le roi Jacques dans sa Chronique (chap. ccLxvu) , compte au nombre des richs homens de ses Etats, joua un rôle des plus importants dans les conseils et dans les armées

du roi conquérant. Il prit une grande part aux conquêtes de Valence et de Murcie, fut envoyé en ambassade par le roi d'Aragon auprès du roideFranceen 1258, pour négocier le traité de Corbeil et conclure le mariage de Philippe le Hardi avec Isabelle d'Aragon. En 1 262, il fut envoyé en Savoie pour traiter du mariage projeté entre Jacques, infant d'Aragon, et la fille du comte Amédée de Savoie. Guillem de Roquefeuil fut lieutenant du roi d'Aragon à Montpellier et grand amiral du royaume de Murcie. Jacques I reconnut dans diverses circonstances la parenté qui existait entre eux et lui donna des preuves nombreuses de son amitié et de sa gratitude pour les services qu'il en avait reçus.

Quant à Tassertion de quelques généalogistes qui font de Guillem de Roquefeuil un fils naturel d'Arnaud I^' d'Anduze-Roquefeuil, elle est incontestable puisque les registres de la chancellerie royale * (Registre 12, fo 29), conservés dans les archives de la couronne d'Aragon, à Rarcelone, contiennent la minute des lettres, datées du jour des nones de mai (7 mai) 1263, par lesqueUes le roi Jacques I légitime son « très-cher cousin » Guillem de Roquefeuil et veut que l'irrégularité de sa naissance ne puisse lui nuire en aucun cas. Une légitimation dans de pareils termes et à cette époque ne peut en rien affaiblir l'éclat de la maison de Roquefeuil, dont la branche espagnole, celle des comtes de Peralada, grands d'Espagne, s'est éteinte en 1712. Ramon Perellos de Roquefeuil, grandmaître de Malte en 1697, n'appartenait à cette famille que par sa mère.

On trouve dans la répartition de Valence A. et R. de Rocha folio, évidemment proches parents de Guillem.

Les armes de la maison de Roquefeuil étaient primitivement : de gueules (alias ^azwr\ à la cordelière ^or posée en forme de trèfle. Il est possible que Guillem de Roquefeuil, avant sa l^itimation ait porté les armes que lui attribue Febrer, mais depuis lors ses

^ Ces registres* d'au beaa papier qai parait de fabrication arabe, sont an nombre de trente-dsuz pour le règne de Jacques le Conquérant. Le plus ancien est le lihro de repartimiento de Valence, vrai brouillon contemporain de la répartition (1238). Sur les autres sont écrites au courant de la plume les minutes de tous les actes émanés de la cour^ quelle que fut leur importance, sans aucun ordre que celui des dates. Nominations d'ambassadeurs ou d'officiers subalternes^ privilèges, comptes de la garde robe et de la maison des souveraiosi sont couchas côte à côte et pèle-mèle. Rien de plus intéressant, mais rien de plus fatigant que le dépouillement de cette riche collection.

descendants ont porté : de gueules écartelé par un filet (Tor en croix à douze cordelières d'or posées eri forme de trèfle, trois dans chaque quartier. La descendance de Raymond III de Roquefeuil, frère consanguin de Guillem, s'est éteinte, à la fin du xiv" siècle, dans la maison de Blanquefort, qui en a relevé le nom et les armes.

RoQUETA ou Rocheta (P. de). — Guillem de Roqueta, à la septième croisade. Armes : d'azur, au roc d'échiquier d^or, (Roger, la Noblesse de France aux Croisades.)

Ros (Félix). — (( L'ours ou le bœuf qui a au-dessus de lui une rose vermeille en champ d'argent appartient à Félix Ros appelé de Ursi. D est venu de Rome la sainte à la conquête avec une troupe brillante pour combattre le Sarrasin. Il fut envoyé parle Saint Père Grégoire neuvième, comme gonfalonier de la croisade et il marchait en avant avec une bannière bleue qui jetait Tefiroi parmi les Arabes quand ils la voyaient flotter au vent. Il jouit aujourd'hui d'un beau domaine à Valence. » (Febrer, trob. 438.)

Nous rapportons ici cette troba parce qu'il existe en Languedoc, depuis le xv** siècle, une famille qui portait autrefois le nom de Ursi et dont les armes ont une certaine analogie avec celles que décrit Febrer; c'est la maison des Hours de Calviac et de Mandajors, que La Chesnaye-Desbois dit originaire d'Italie et qui de même que la maison italienne Orsini ou des llrsins porte pour armes : bandé d'argent et de gueules, au chef d'argent à la rose de gueules, soutenu (Tune fasce en divise d'or, chargée d'une anguille d'azur. Supports : Deux ours. (Voy. La Chesnaye-Desbois, t. XII; L. de La Roque, Armoriai de Languedoc, t. II )

Le nom de Ros figure un grand nombre de fois dans la répartition de V. Guillem Ros avait armé un vaisseau pour l'expédition en Terre Sainte projetée par le roi Jacques et qui échoua dès le début. (Voy. t. V. des Mémoires de l'Académie royale d'histoire de Madrid, Disertacion historica sobre la parte que tuvieron los espafhles en las gtterras de ultramar, par D. Martin Fernandez de Navarrete.)

D'après Viciana, les armoiries d'une famille Ros représentée à Valence au xvi« siècle étaient : (Targent à la rose de gueules.

L'acte du Saisimentum comitatus Tolosœ de 1271 mentionne Michel de Ros. (Brémond, NobiL toulousain.)

RossEUi) OU Rossilion, M. — Bernard Rossello, juriste de Collioures avait, dit M. Bover, une haute influence à la cour de Jacques L II se fixa à Mayorque peu de temps après la conquête. La maison de Rossello à Mayorque porte : coupé de gueules à trois arbalètes d^or et (For à la tête de Maure de cctmation posée de front. (Voy. Bover, Nobiliariomallorqidn.)

B. de Rossello, P. Rosselon, G. Rossilione, V.

Gaspar de Rossello commandait à Lyon pour le pape, à Tépoque de l'entrevue du Souverain Pontife avec le roi Jacques L (Chronique du roi Jacques, ch. ccxcvi.)

RoTLAN (Hugues), de Marseille, fut un des prud'hommes choisis pour opérer la répartition des terres arrosablesde Mayorque.

La postérité de Hugues Rotlan, dont le nom s'est transformé en RuUan, existait il y a peu d'années encore à Mayorque. Elle portait pour armes : flTazwy* à laroue ou meule d^ argent, au chef cousu d^azur chargé d'une fleur de lis dor. (Voy. Bover, NobiL mallor^ quin.)

RoTGLA (GuiUem). — «Un rosier tout couvert de feuilles et de roses en champ d'argent a été placé sur cet écu par Guillem Rotgla, homme de sang généreux. 11 vint de Toulouse * et fut heureux dans le combat singulier qu'il eut avec un Maure vaillant qui sortit de Valence avec force bravades pour venger la mort de son père et de son frère. Il s'approcha du camp près de l'endroit où était Guillem Rotgla. Celui-ci, après quelques instants de combat, lui trancha la main et la tête. Il a donné son nom à sa nouvelle maison de campagne. » (Febrer, trob. 441.)

RoviRA (R. P. Bg. et Guillem de), R. Rovira de Tortosa, F. Rubire de Tarragone, B. de Ruvira, R. et G. de Çarovira*, Berenguer de Sarrovira, R. de Çarruvira, V.

Il existait au siècle dernier, en Catalogne, deux familles du nom de Rovira, l'une à Girone, dont les armes étaient : d'or au chêne de sinople dont le tronc est traversé par un dard ^argent, enpenné de */ueules. L'autre à Cardona portait : d'azur, au pal d'argent accosté

1 Ou de Tolosa.

* Ça ou Za est, comme nous l'avons dit, Tcincien article catalan la. Parmi Us familles de Roussilion, quelques unes ont abandonné cet article comme la famille de Rovira, d'autres l'ont conservé comme partie intégrante de leur nom, par exemple la maison de Zagarriga dont nous avons parlé au mot Gârrtga.

de deux limis affrontés dor, (Voy. Garma, Adarga Catalana, t. II, p. 181 et 265.)

Plusieurs gentilshommes du nom de Rovira ont voté dans les semblées de la noblesse de Roussillon en 1789. (Voy. L. de La Roque et Ed. de Barthélémy, Catalogue des gentilshommes du Roussillon.)

Roy (Berenger), de Montpellier, J. Roi et son gendre; A. Donjoan Roy, V.

Sabater (Jacques). — « Un soulier* noir très-pointu et une fleur de lis, c'est ce que porte sur son bouclier Jacques Sabater. Le roi le salua comme aventurier habile lorsqu'il le vit arriver de Paris à son aide, amenant à ses frais gens valeureux tous de bonne lignée, n se touva au Puig où il combattit à cheval avec tant de furie qu'il obligea non sans grand travail, les Maures à abandonner une hauteur et à perdre tout l'avantage qu'ils avaient gagné. Ils prenaient la fuite^ la tête en avant, à la vue du Français. » (Febrer, trob. 446.)

Un grand nombre d^individus du nom de Sabater, Çabater et Zapater figurent dans les répartitions de M. et de V. Ce nom semble désigner quelquefois la profession de celui auquel il est attribué. Sabater, en catalan, Zapatero, en espagnol, signifient cordonnier.

Sabater à Mayorque porte : d^or, au soulier à F antique de sable, à la bordure componée des deux émaux. (Bover, Nobil. mallorquin.)

Salelas (P. et Rostaing de), V. — Un P. de Salelas était consul de Montpellier en 1276. (Voy. Liste des consuls et bayles de Montpellier àass& V Histoire de la commune de Montpellier, 1. 1.)

Saltnis ou Salinas (P. etEximen de), V.

Il y a en Béaiii une maison de Salinis qui a donné de nos jours un archevêque d'Auch, et dont les armes sont : dargent, au hêtre de sinople senestré d'un ours au naturel contre rampant et jetant avec sa patte du sel qui tombe entre F arbre et F animal. Dewise : Hic sale vivisco.

Salvia (Jean de), de Montpellier, M.

Sauve [Salvia] est une petite ville de Languedoc, aujourd'hui dans le département du Gard. Elle avait au xiu* siècle des seigneurs

^ Sabata en catalan^ Zapato en espagnol.

de la maison de Bermond d'Anduze. Jean de Salvia parait avoir appartenu à une famille bourgeoise, probablement originaire de Sauve.

Samatan (A. de), D. Sanmatan, V.

Arnaud et Bernard de Samatan furent capitouls de Toulouse en 1303 et en 1306. (Voy. Bremond, NobiL toulomain.)

Il existe de nos jours en Provence une famille de Samatan dont les armes sont : d'azur au dextrochère d* argent paré de pourpre, mouvant du flanc dextre et tenant trois épis effeuillés d^or ; au chef dtargent chargé de trois étoiles de gueules. Nous ignorons si elle a quelque rapport avec les individus dont nous venons de donner les noms.

Sancïi Gaudencu ( Peregrinus). — Pelegrin de Sengausens. V.

Jean de Saint-Gaudens ou de Sancto Gaudencio figure dans une sentence rendue par le tribunal de l'Inquisition de Toulouse, le 19 février 1247. (Voy. Mémoires de P Académie des sciences de Toulouse, t. rV, p. 27. — Bremond, NobiL toulousain.)

La ville de Saint-Gaudens, autrefois chef-lieu du petit pays de Nébouzan en Gascogne, et aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement de la Haute-Garonne, porte : d^or à la cloche d^azur bataillée d^ argent.

Sancto Justo (B. de), de Lunel, était probablement seigneur du village de Saint-Just, dans la baronnie de Lunel. C'était peut-être un puîné des Gaucelin, seigneurs de Lunel. (Voy. ci-dessus Gaucelm. )

G. Bertrand, Pascal et Guillaume de Saint-Just. V.

Sangenes (G.) — Beranger Sengenes, Beranger etGuirald Sancti Genesii. V.

Germain, Amaud-Othon et Raymond de Saint- Gêniez (rfe Sancto Genesio) sont mentionnés dans le Saisimentum comitatus Tolosœ de 1271. (Voy. Bremond, NobiL Toulousain.)

Il y a en Languedoc, en Périgord, en Limousin , en Rouergue et en Provence de nombreux bourgs et villages du nom de Saint-Geniès ou Saint-Geniez.

Sant-Gil (Guillem et Emeric de), Aymar de Sancto Egidio V. probablement originaires de Saint-Gilles en Provence.

Sanz (Jacques). — « Rich homen d'origine était Jacques Sanz,

descendant certain des comtes d'Ala dans la grande Saxe. Celui-ci accomplit de ses mains à Mayorque de si hauts faits que le roi a été obligé d'en faire mention dans ses commentaires. Il fit la répartition entre les combattants de ce qui fut gagné dans cette guerre. Pour lui faire honneur, le roi ajouta les armes de son royaume à Taile rouge sur champ bleu qu'il portait. Son nom seul terrifie les Maures. » ( Febrer, trob. 460.)

Le roi fait mention de Jacques Sanz au chapitre lxv de sa chronique.

D'après Dameto [Istoria del reyno Balearico) Jacques Sanz aursdt été de Montpellier. Il est à remarquer que les documents de l'époque ne donnent point à son prénom la forme romane Jacme mais bien la forme française Jacques ou Jaques traduite en latin par lacquesim ou Jachesius.

Jacques, Béranger et Pierre Sanz se signalèrent à la prise de Xativa et leur postérité était nombreuse dans les environs de cette ville au xvi* siècle. « Il me semble, dit Viciana, que ledit Jacques et les autres de sa famille ne furent pas mal partagés, car nous voyons que de nos jours ceux du nom de Sanz à Xativa possèdent tout le bon et le meilleur [todo lo bueno y mejor) de la ville. »

La famille Sans de Valence, qui a produit un grand-maître de rOrdre de Montesa, un vice-roi de Naples et plusieurs autres personnages distingués, s'est alliée à diverses familles illustres parmi lesquelles il faut mentionner la maison royale d'Aragon. Ses armes sont : (T argent au demi-vol de gueules, qui est Sans, au chef d^or à quatre pals de gueules qui est d'Aragon.

Sans à Mayorque porte : coupé, en chef, d^azur à P étoile d'ar^ gent entourée de sept étoiles plus petites, rangées en demi-cercle ; en pointe, d^ argent à deux palmes de sinople en sautoir tenues chacune par un bras de carnation vêtu de gueules, mouvant du flanc de Fécu. (Voy. Bover, tiobiL mallorq.)

Sartanas (SireGuillemde). V. La qualification de sire indique une origine française.

Sastre ou Sartre (Berenguer), de Marseille, M. C'est le chef d'une famille éteinte récemment à Mayorqua et dont les armes étaient : d'azur aux ciseaux * d'or, soutenus par deux lions affron^ tés du même. (Bover, Nobil. mallorquin.)

i Sastre signifie tailleur eu catalan et en espagnol.

Seguer (G.) dé Rocha Fera, G. Seger de Rocafort, Guillem de Séger, chevalier, V.

Roquefere est un village de Languedoc, aujourd'hui dans le département de l'Aude.

Sent-Fbliu (Dionis). — « Denis Sent Feliu, français de nation et chevalier du Temple, vint de Bordeaux avec le lieutenant du grand-maître de sa religion. Votre père était alors à Sario préparant les soldats et les choses nécessaires pour faire la guerre contre Burriana. A cette expédition se trouva ce chevalier avec un sien neveu et le roi lui ordonna d'occuper Miurviedro et sa citadelle. Il porte pour insignes glorieux l'écu écartelé or et rouge. » (Febrer, trob., 465.)

G. Sant Félix, V.

Arnaud de Saint-Félix, capitoul de Toulouse, en 1219. Arnaud- Guillem et Raymond de Saint-Félix sont mentionnés dans le Saisimentum comitatus Tolosœ de 1271. (Voy. Brémond, Nobiliaire toulousain.)

Sent-Vicent (Vincent). — «Vincent Sent-Vieent, a peint en son écu sur champ d'argent une cloche bleue et, avec deux petits oiseaux, la fleur de lys qui lui appartient parce qu'il est venu de France à la guerre, comme l'histoire le raconte. Vous connaissez son intrépidité, car brs de la rébellion des Maures de Murcie contre votre beau-frère, il força le passage et entra dans la ville par la rivière comme je l'ai vu moi-même. H fut pour cette action récompensé par En Alphonse, et par vous, seigneur, il l'a été aussi. » (Febrer, ^roè., 468.)

G. de Sant-Vicens, M. Il fut l'un des chefs de l'expédition de Mayorque. (Voy. la chronicpie de Bernard d'Esclot.) Le roi mentionne Bernard de San-Vicens au chap. ceci de sa chronique.

Serra (Pierre), de Montpellier, l'un des prudhommes désignés par le roi pour la répartition des terres arrosables de M. Il y a dans les répartitions de M. et de V. plusieurs personnages du nom de Serra ou Ça Serra. Le roi mentionne dans sa chronique (ch. xcix) Ramon Serra, commandeur des Templiers de Mayorque et neveu d'un autre Ramond Serra, commandeur des Templiers de Monzon.

La famille Serra, représentée de nos jours à Mayorque, porte : de gueules à la scie de charpentier au naturel. (Bover, Nobil. mallorquin.)

Servent (Berenger). — a Le cerf bleu sur champ d'argent qui sous ses pieds de devant tient une lune rouge, c'est ce que porte sur son écu Berenger Servent qui accourut de Perpignan. Le Puig et Valence ainsi que Ribarocha,.Xativa et Alcoy connaissent sa valeur pour laquelle le roi lui donna des biens à Xixona afin qu'il fût fidèle répartiteur ; puis il le laissa à Ibï comme gardien du château rouge, car il avait su le conquérir en personne et maintenant il le restaure. » (Febrer, trob. 470 .)

Seva (Arnaud). — « Deux barres (pals) vertes bordées d'or dans un champ rouge et un cygne tout blanc c'est ce qu'a peint sur son écu Arnau Seva. Il vint de Paris pour gagner du renom et vous savez, Seigneur, que lorsque Zaen se retira de Valence à Dénia, il accompagna ce malheureux qui s'en allait avec sa gent fort repentant et pleurant sa mauvaise fortune. Mais Seva au retour reçut une récompense du roi d'abord à Torrent, puis il passa à Picacent.» (Febrer, trob. 472.)

Après la capitulation de Valence (septembre 1238), cinquante mille Sarrasins, refusant de rester dans le pays que les chrétiens venaient de conquérir, suivirent l'émir Ben-Zeyan dans les États qui lui restaient encore et dont Dénia était la ville principale. Ces émigrants furent escortés par un corps de cavalerie chrétienne commandé par le roi qui voulut veiller en personne à l'exécution du traité et faire respecter le sauf-conduit qu'il avait accordé aux vaincus. C'est à cet épisode de la conquête de Valence que fait allusion la troba que nous venons de traduire.

SiROT ou SoYROT, sumom donné à un chevalier français de la suite de sire Guillaume, bâtard de Navarre, qui prit part à la conquête de Mayorque et dont le roi parle au chapitre lxxv de sa chronique.

SoBiRAN (Guillaume), V. Amblard de Soubiran était sénéchal de l'Albigeois en 1208. Ses armes étaient : d^ argent à la bande de gueules, (Voy. d'Aubais, pièces fugitives pour servir à P histoire de France, t. III, Jug. sur la nobl., p. 131 ; Brémond, Nobil. toulousain.) n y avait aussi des familles du nom de Subira, en Catalogne. (Voy. Garma, Adarga catalana).

6é LES FRANÇAIS

SoLANES (Bernard de). — «Bernât de Solanes dont le nom est indiqué par un beau soleil d'or en champ vert, vint avec gent de Gonflent ^ à Burriana, où par son adresse il détruisit une partie des remparts, et il est certain que la valeur de sa troupe força les Maures à rendre la place. Au Puig, à Valence, à Xativa et à Moixent, ses hauts faits firent pleurer (les ennemis) car, ardent à conquérir de la gloire, il sortait pour donner la chasse aux sentinelles et leur mettait un haillon. » (Febrer, trob. 476.)

SoLER (Raymond de). — « Ramon de Soler a peint pour insignes sur son écu un soleil en champ bleu et un lion en champ d'or, parce qu'il est né à Lyon en France. Il est chevalier d'antique race comme le savait bien votre père qui l'a beaucoup favorisé tant à cause de sa naissance que de son courage. Lorsque, à Albaïda, au moment de passer I0 pont, le maure Alazarrach voulut l'en empêcher, il sortit victorieux d'une bataille rangée, grâce à son courage et à son impétuosité. » (Febrer, trob^ 478.)

Plusieurs personnages de ce nom figurent dans les repartimientos de M. et de V. L'un d'eux est désigné comme étant de Barcelone; il a été la souche d'une famille de ce nom établie à Mayorque et dont les armes sont différentes de celles que Febrer a décrites.

SoRESA (R. de). V. Peut-être de Sorèze. — Sorèze est une petite ville et ancienne abbaye du haut Languedoc. Ses armes sont : cPa^wr à la couleuvre d^ argent contournée en S.

Spetiayre (R.) de Montpellier. V. Probablement nom de profession : especiayre signifie en langue romane épicier.

Tallada (Guillem). — « Ces trois fasces noires en champ d'or c'est ce que portait pour insignes En Guillem Tallada quand il vint de France, bien jeune encore et accompagné d'une troupe valeureuse qu'il amenait du pays de Guise. A l'affaire de Mayorque il fit des choses hardies. Se trouvant à Valence, il fit captif ^ dans un bois, un maure d'Alger et lui enleva un butin important. A Xativa, le roi le maria à la tille de Johan Gralla, ancien mesnadero, lui donna des terres et une maison et l'arma chevalier. » (Febrer, trob. 483.)

G. et Bernât de Taïlada ou Tallata , V. D'après Viciana, Ber-

* Ancien petit pays qui fait partie aujourd'hui du département des Pyrénées- Orientales.

nat de Tallada aurait été originaire de Villafranca de Panades, en Catalogne. Cet auteur lui donne pour armoiries : fascé (Par et de sable de six pièces.

Tarascon, chevalier, M. Il y a en France deux villes anciennes du nom de Tarascon, Tune en Provence, l'autre dans le pays de Foix.

Termes (Olivier de). Quelques auteurs ont dit et nous avons répété [Jacme /, t. J, p. 255) qu'Olivier de Termes était venu dans le pays de Narbonne à la suite de Simon de Montfort ; c'est une erreur, la maison de Termes ou de Termens est originaire du château de ce nom qui commandait le petit pays du Termenois et était ainsi appelé parce qu'il était placé sur les limites des possessions des comtes de Carcassonne et des comtes de Barcelone ; on prétend même que la maison féodale qui tira son nom de ce château était une branche de la maison comtale de Barcelone. Cette assertion est contestable, mais ce qui ne l'est point c'est que les seigneurs de Termes sont connus depuis le xi® siècle et qu'Olivier, fils de Raymond de Termes et d'Ermessinde de Courtsavin, fut l'un des hommes de guerre les plus illustres de son temps. Il combattit d'abord à plusieurs reprises contre les croisés septentrionaux venus dans le Midi sous le prétexte d'éteindre l'hérésie albigeoise, et il fut, en punition de sa résistance, dépouillé de ses domaines que Simon de Montfort donna à Alain de Roucy*. Olivier de Termes, réfugié en Catalogne avecTrencavel, vicomte de Béziers et de Carcassonne, son suzerain, fut l'un des chefs de l'armée conquérante de Mayorque, et se signala à cette expédition. Une maison de Termens, qui se disait issue de la même souche qu'Olivier de Termes, s'est éteinte à Mayorque dans le courant du xvii® siècle. Le comte de Ayamans et le marquis de Vivot portent aujourd'hui, par substitution, le nom et les armes de Termens. Ces armoiries sont : écartelé en sautoir, en chef et en pointe de gueules à la fleur de lis d^ argent; en flancs, dP argent au croissant versé d^azur.

En 1248, Olivier de Termes, réconcilié avec saint Louis, s'embarqua à la suite de ce prince pour la Terre-Sainte, où il retourna en 1270. Joinville parle en plusieurs endroits d'Olivier de Termes, « lequel, dit-il ^ estoit un des plus hardis hommes que je onques

* Cette donation, qai créa seigneur de Termes, un chevalier de la France du Nord, est sans doute la cause de Terreur qui a fait compter Olivier de Termes parmi les compagnons de Simon de Montfort.

veii8seetque mieux s'estoiiprouué en la Terre-Sainte, d Et ailleurs : a messire Olivier de Termes, le puissant chevalier.... lequel estoit l'un des plus vaillans et plus hardis hommes que onques je cogneusse en la Terre-Sainte. »

Le sceau de ce chevalier a été publié par Dom Yaissète dans son Histoire de Languedoc. H représente, d*un côté, un lion ; de l'autre, trois chevrons dont le plus haut est brochant sur une herse de pootlevis ou peut-être un lambel de cinq pendants posé en chef. A la salle des croisades, on a donné pour armes à Olivier de Termes : iP argent au lion de gueules. (Voy.,pour tout ce qui concerne Olivier de Termes et sa famille , Mahul , Cartulaire et Archives du diocèse de Carcassonne, t. III, p. 439 et suiv.; — D. Vaissète, Histoire de Languedoc, liv. XIII, chap. vi; liv. XXI, chap. xcm; liv. XXIV, chap. Lxxix; liv. XXV, chap. cvn; liv. XXVI, chap. v, xxii, xxxvn, Lxxxin; — d'Esclot, Cronica, etc., chap. xxxn; — Joinville, Hist. de saint Louis, édit. Du Cange, 1668, p. 106, 108 et 119 ; — Zurita, Anales de la corona de Aragon, 1. 1, f" 126, 128. 201 ; — Bover, Nobil. Mallorquin, etc.)

On trouve dans le libro de repartimiento de V, Borradus et Pons de Termenes ou de Termens.

Febrer consacre la troba 489 à Guillem de Termens : « noble catalan du comté d'Urgel », dont les armes ét^dent, d'après lui : d'or, à cinq oiseaux volants de gueules. Bien que la seigneurie , appelée quelquefois comté , de Termes ou de Termens ne f U pas partie du comté d'Urgel , elle était cependant considérée souvent comme une dépendance de la Catalogne. Aussi ne serait-il pas impossible que , msdgré la différence des armoiries, Guillem de Termens appartînt à la même famille qu'Olivier de Termes.

ToLosA (Mathieu, B., J., Berenguer, P. et A. de), V. Probablement nom d'origine, mais qui peut s'appliquer aussi bien à la ville de Tolosa en Biscaye, qu'à la capitale du Languedoc.

ToLosAN ( Stasius et Baymond), V. Nom d'origine comme le précédent.

ToRNAMiRA (Berenger de) et Dominique deTornamira, chevalier, V.

Cette illustre maison paraît avoir une origine commune avec l'ancienne famille de Tournemire d'Auvergne, dont on lui attribue gé-

ms tnff

néralement les armoiries, qui sont : d^or à trois bandes dé sable à la bordure de gueules chargée de dix besants d'argent, au franc quartier d'hermines. Les Tornamira possédaient des biens considérables dans la seigneurie de Montpellier. Le palais dans lequel naquit le roi Jacques Y^ appartenait à l'un des membres de cette famille.

En 1248, Andreude Tornamira était établi à Mayorque, et en 1256 Berenguer de Tornamira était gouverneur de cette île. Les Tornamira de Mayorque , qui s'étaient alliés avec la maison royale de ce pays, s'éteignirent vers la fin du xvi* siècle dans la maison d'Oleza. Ils portaient pour armes , d'après M. Bover : d'azur à la montagne d^or surmontée d'un lis de jardin d'argent feuille du même. (Voy. Bover, Memorias sobre los pobladores et Nobil. Mallorquin.)

ToRTOLON (P.)*V. Il y avait, au xiii« siècle, en Auvergne, non loin du cbâteau et de la seigneurie de Tournemire , une famille du nom de Tortolon ou Tourtoulon, dont les armes, modifiées depuis, étaient à cette époque : dazur à la colombe d! argent. P. Tortolo, domicellus, fit hommage au roi, vers la fin du xni* siècle. L'acte, sans date, existe aux Archives de V^xnç\v% [Parchemins, J. 1022), il porte le sceau de P. Tortolo, donzel, représentant une colombe. D'après le parchemin, l'écriture et le scel, cet acte a été classé à l'année

Vacher (P. et A.), V. Nom de forme française.

Valatz (Bernard de) et Bertrand de Vallatz, V. L'un des principaux barons de l'armée de Simon de Montfort portait le nom de Valatz. (Voy. Histoire de Languedoc, t. III, pr. col. 70, 72, 75, 78, 83, 87, 89, 91,95etsuiv.)

Valeriola. — « Nous avons connu un autre * Valeriola. Ses as-

I cendants sont de très-haute lignée puisqu'ils sont de France. Celui-

} ci fut le bienvenu au Puig et à Valence où, vaillant et habile, il

I occupa des postes importants à cause de son grand courage. II a

peint sur son écu d'or une bande rouge avec trois fleurs de lis bien

dorées. Le roi votre père le maria à Léonor, fille des Centelles *, et

* La iroba qui précède celle-ci dans le poème de Febrer est consacrée à un Navarrais du même nom.

' Famille noble et ancienne de Catalogne.

le fit ambassadeur auprès du roi de Castille. Et en cette occasion sa sagesse brilla dans ses actes. » (Febrer, trob. 511.)

Valldaura (Benoît de). — « Les insignes dont se sert Benêt de Valldaura sont celles qu'il portait quand il vint à la guerre. L'aile de Clèves, qui était noire, il la porte dorée sur champ rouge et pour rappeler son ancienne origine et le nom de la terre qu'il possédait en France, il a ajouté une demi fleur de lis d'or, aussi sur champ vermeil. Son arrivée à Toris fut très-importante puisqu'il vous rendit grand service en vous donnant avis des projets de trahison d'Albacor le vieux qui voulait vous tuer à Masamagrell. » (Febrer, trob. 513.)

G. DE Valle de Aureix, V.

La vallée d'Aure est l'une des quatre vallées du haut Armagnac.

La maison de Valldaura s'éteignit en 1389 dans la maison catalane de Crespi qui en releva le nom et les armes. Le comte de Orgaz et de Sumacarcer , marquis de Villasidro et de las Palmas, grand d'Espagne, représente aujourd'hui la maison de Crespi de Valldaura. (Voy. Viciana, article Crespi; — Bover, Trobas de Febrer, noies 33 et 54.)

Verdun (P. Michael, Jean, G. et Pons de), V.

Il y a dans le pays de Foix, en Armagnac et en Languedoc, plusieurs villes et villages du nom de Verdun.

ViLAMAYNA (P.), chevalicr, et P. Bilamanna, V.

Guiardus de Villa-Magiia figure dans un hommage rendu à Simon de Montfort en 1217. (Voy. Histoire de Languedoc, t. III, pr. col; 257.)

n y a en Languedoc deux villages du nom de Villemagne, dont l'un, aujourd'hui dans le département de l'Hérault, doit son origine à une abbaye fondée au ix® siècle.

ViLLANovA (Raymond). — « Des pointes bleues formées par des lignes d'or, et sur chaque pointe un petit écusson doré , c'est ce que porte Ramon Vilanova pour insignes d'honneur de son antique maison qui est la splendeur de toute la France, puisque Charlemagne envoya contre la Catalogne, à la tête de ses gens, le marquis de Trans, chef de cette famille et le plus proche parent du sang royal. Il se conduisit avec tant de vaillance qu'il chassa les Maures des

pays catalans et fonda des baronnies dans les principales villes. » (Febrer, trob. 531.)

G . , R . , et Petrus de Villanova, Ar. et Br. de Ville nove, V . Bertrand et Bernard de Vilanova , chevaliers catalans , sont mentionnés dans la Chronique du roi Jacques I". (Chap. ccxui et ccjji.)

Les armoiries de la maison provençale de Villeneuve qui sont : de gueules fretté de six lances de tournoi d'or et semé dans les clairesvoies décussons du même *, étaient encore portées au milieu du siècle dernier par une maison de Vilanova, d'Elne , près de Perpignan ; celle-ci les brisait d'une bordure d'azur chargée de huit écussons d'argent à la fasce de sable. (Voy. Garma , Adarga catalana, t. II, p. 152.)

Cette similitude d'armoiries a donné naissance à une tradition d'après laquelle les Villeneuve seraient venus de Catalogne se fixer en Provence vers Tan 1120. Quoiqu'il en soit, la communauté d'origine entre les Villeneuve et les Vilanova est probable ; c'est évidemment un individu de l'une ou de l'autre de ces deux branches qui a fourni à Febrer le sujet de la troba citée plus haut et dans aquelle on reconnaît la description un peu confuse des armoiries des Villeneuve. Quant au titre de marquis de Trans que, d'après les textes imprimés, le poète valencien donnerait à un contemporain de Charlemagne^ c'est un double anachronisme qui rend suspecte l'authenticité de la troba, tout au moins dans sa forme actuelle. La terre de Trans, en Provence, est entrée dans la maison de Villeneuve en 1201 et l'on comprend que Febrer, écrivant près d'un siècle plus tard, suppose qu'elle a pu être possédée par un Villeneuve contemporain de Charlemagne ; mais cette seigneurie ne fut érigée en marquisat qu'en 1505, l'auteur des trobas n'a donc pas pu écrire ces mots : lo marques de Trans. Il est seulement permis de croire que dans les copies postérieures à l'année 1505, on aura substitué le mot marques au mot senyor qui n'altère nullement la mesure du vers.

Il y a dans le haut Languedoc une illustre et très-ancienne maison du nom de Villeneuve, dififérente de celle dont nous venons de parler. Il existe également en Catalogne plusieurs familles de Vilanova entièrement distinctes de celle que vous avons mentionnée plus haut ; il serait possible qu'un ou plusieurs des individus qui figurent dans

^ La maison de Villeneuve a ajouté sur le tout de ses armes , par concession du roi Louis XII; un écusson d'azur à la Qeur de lis d'or.

le lihro de repartimiento de Valence et dans la Chronique du roi Jacques, dussent être rattachés à Tune de ces maisons.

ViLLARAGUT (Jean). — « Du premier Théodore, roi du pays de Hongrie, que Charles de France, surnommé le Grand, amena avec lui à la guerre, le faisant chef d'une nombreuse armée parce qu'il s'était fait chrétien sans hypocrisie , descend Joan Villaragut, dont les ancêtres ont pris leur nom d'un lieu qu'ils possédaient non loin de Leucate *. Celui-ci, avec trois de ses frères, vint servir à la guerre de Valence. En champ argenté sur son écu il a mis trois fasces rouges. » (Febrer, trob. 533.)

Pierre de Vilaragut, chevalier , feudataire du vicomte de Béarn, Guillelmus de Vilario agut, M. (Voy. aussi Quadrado, Historia de la conqidsta de Mallorca^

P. de Vilaragut ou Villaregut„ chevalier, P. de Vilariacuto, Gil Dominguez de Villaragut, V.

n est à remarquer que les armes attribuées par Febrer à Jean de Villaragut sont celles de la maison royale de Hongrie, issue d'Arpad. Une autre branche de la maison de Villaragut, établie en Catalogne antérieurement au xm* siècle et à laquelle est consacrée la troba 532, porte : écartelê et contre'écartelé d'argent et de gueules à la fleur de lis de Fun à Vautre. (Voy.Garma^ Adarga catalana, t. H, p. 216.)

ViLLAïiASA (Pierre). — « Le présent écu en champ bleu avec cinq petites roses blanches et dorées appartient à Pierre Villarasa, français très-habile, qui obtint à Paris avec solennité un grade dans les lois. Le roi votre père le fit venir pour juge des contestations et, connaissant sa sagesse, le mit à la tête d'un tribunal pour qu'il appliquât les nouveaux fueros qu'il (le roi) avait faits, qu'il protégeât les pauvres sans avoir égard à la puissance des riches et que l'on pût vivre en paix à Valence. » (Febrer, trob, 531.)

G. de Vilarasa, V.

Vital de Vilerase, banquier, fut capitoul de Toulouse en 1295 et 1299. (Voy. Brémond, NobiL toulousain.)

ViLLASECA (Barthélémy de), V.

Vilaseca, à Perpignan, porte : d*azur à trois tours d'argent ajourées de gueides, accompagnées en chef d'un lambel de trois pendants d'or. (Voy. Garma, Adarga catalana, t. H, p. 217!)

> Leucate est une petite ville située aujourd'hui dans le département de TAude.

11 existait, au siècle dernier, une autre famille de Yilaseca, en Catalogne.

Il y a plusieurs villages du nom de Villesèque, en Languedoc et en Quercy.

Ysarn(A.), V.

Pierre Ysarn, du Rouergue, accompagna saint Louis à la croisade de 1248. Il appartenait à Taocienne maison d'Ysarn ou Isarn dont les descendants sont devenus seigneurs de Frayssinet et comtes de Valady, en Rouergue. Leurs armoiries sont, d*après la plupart des auteurs : de gueules au lévrier courant d'argent, au chef cousu d'azur chargé de trois étoiles dor. M. de Barrau [Documents sur les familles du Rouergue, t. II, p. 9) en donne cette description obscure et évidemment erronée en plusieurs points : écartelé aux l et i de sable à trois tours d^ argent dont deux petites, maçonnées et crénelées, celle du milieu plus élevée, à la porte de sinople, un cor de chasse attaché et virole en sautoir à un des créneaux de la petite tour à dextre, qui est Isarn ; aux 2 et 3, de gueules, au chien limier passant et lampassé de sable; au chef d^ azur chargé de trois étoiles dor qui est de Frayssinet.

On trouve encore Guillaume Izarn, Isarn ou Izarni, consul ou capitoul de Toulouse au commencement du xmP siècle. — Raymond Izarn, capitoulen 1225. (Voy. Brémond, NobiL toulousain.)

Zagarriga (Benoît). — a Benêt Zagarriga était, en Roussillon, un homme possédant des biens considérables. Aimé et estimé par l'infant don Fernand *, il s'obligea à le servir à la guerre contre la canaille hostile des Maures. Il fit publier qu'il entretiendrait à ses propres frais ceux qui voudraient aller avec lui à Valence. Trente almogavares furent présents à la revue qu'il passa en entrant au Puig, et, comme des sauterelles, ravagèrent tous les champs ensemencés. Il porte sur argent ce petit lion bleu que vous voyez sur son écu. » (Febrer, trob. 545.)

Nous avons déjà parlé de la maison de Zagarriga au mot Garriga.

Zaguardia (Guillem). — « L'armée du roi, votre père, étant à Museros, fit prisonniers soixante Maures. Guillem Zaguardia^ qui pour ses hauts faits était aimé de tous, pria le roi en grâce de les lui donner, lui disant de ne pas hésiter à lui accorder cette faveur par-

* Oncle du roi Jacques !•'.

ce que Bernât AguUo, fils de sa sœur, était captif et qu'il pourrait les offrir pour sa rançon. Pour ce motif le roi les lui donna , ainsi que le rapporte l'histoire. Il portait une pertuisane bleu et or sur champ rouge. » (Febrer, trob» 546.)

Guillem de Guardia ou de Za Guardia était Toncle de Guillem (et non Bernard) de Aguilo fait prisonnier par les Sarrasins. (Voyez Chronique du roi Jacques, chap. cxlv ; et Zurita, Anales de la corona de Aragon, t. I, f* 119.)

P. Çagardia, V.

Pierre Zaguardia fut Fun des chefs des troupes de don Nunyo Sanchez, comte de Roussillon , à la conquête de May orque. (Bover, Memoria sobre los pobladores.)

Guardia, en Roussillon et en Espagne, porte : d'azur à la montagne â!or sommée d!une fleur de lis épanouie du même.

Zanou (Barthélémy). — « On dit du noyer qu'il a la vertu d'éloigner de son ombre les serpents et guivres * parce qu'ils perdent la moitié de leur venin si par hasard ils dorment au pied de cet arbre et à l'abri de son feuillage. Bertomeu Zanou, alcaide de Morella, causait, par sa surveillance continuelle, une telle peur aux Sarrasins, qu'ils n'ont fait aucun dommage au château. Il vint de Marseille et avait peint, en homme sage, sur son écu un noyer noir sur champ d'argent. » (Febrer, trob. 550.)

Zaportella (Michel). — « Un pan de muraille tombant en ruines avec une petite porte sur champ vert , ce sont les insignes dont se sert Miguel Zaportella depuis l'expédition qu'il fit à Valence avec un de ses camarades qu'il avait amené de Montpellier. Le roi , votre père, étant à Morella, attendait les troupes de Catalogne qui venaient au siège de Nules, lorsque Zaportella, attentif, aperçut une porte tandis que le combat se livrait sur les murs; il s'y engagea, beaucoup le suivirent et s'emparèrent de la ville. » (Febrer, trob. 552.)

Zaportella, en Catalogne , porte : d^or à la bourse avec ses cordons de gueules, frangée (Tor, les houppes du même. (Voy. Garma, Adarga catalana, t. II, p. 206.)

Zarrovira (Raymond). — « Ramon Zarrovira, noble catalan, a servi vingt ans le roi votre père en qualité d'aventurier, parce qu'il n'aspirait qu'à gagner de la gloire. On admirait son courage quand

* Couleuvres.

il allait en avant dans les batailles sans s'inquiéter de la multitude d'Arabes ennemis. En toute circonstance, il acquérait le renom de vaillant soldat. A Eso^rps les Maures le fuyaient comme fuient les poissons quand on agite l'eau. Il porte pour insignes un loup sur champ d'or; vous vous souviendrez de lui. » (Febrer, trob, 553.)

Nous avons parlé ci-dessus, au mot Rovira, des diverses maisons du nom de Rovira et de Za Rovira.

Ici se terminent nos renseignements sur les Français qui ont pris part aux conquêtes de Mayorque et de Valence dans les armées du grand roi Jacques I" d'Aragon. Nous espérons que l'on nous pardonnera la sécheresse de la nomenclature qui précède en faveur de la nouveauté du travail. Outre les données particulières qui peuvent servir à éclairer l'histoire nobiliaire et héraldique de quelques-unes de nos provinces, on y trouvera, en se plaçant à un point de vue plus élevé, un nouvel exemple de la facilité de déplacement et d'émigration produite dans les diverses classes de l'Europe chrétienne, par l'esprit aventureux des croisades; on y découvrira quelques-uns des rapports intimes qui liaient, non-seulement par l'intérêt commun mais aussi par le sang, les races du nord de l'Espagne à celles du midi de la France *. Ailleurs nous avons raconté la grandiose et attachante épopée du Conquistador; ici, nous avons voulu seulement, les documents à la main, revendiquer pour notre patrie sa part de gloire dans ces expéditions qui , selon l'expression de l'un des plus illustres historiens de notre époque *, c( ont transformé l'Espagne dans l'ordre matériel et dans l'ordre politique. »

^ Il faut remarquer cependant qu'un grand nombre des étrangers que les guerres contre les Sarrasius avaient attirés en Espagne, se hâtèrent de vendre les biens qui leur étaient échus en partage et de retourner dans leur pays. Un privilège du roi Jacques I«% en date du 7 des ides de mai (9 mai) 1245, constate que le roi, au moment de la répartition du territoire de Valence, avait défendu à ceux qui recevraient des immeubles de les aliéner avant cinq ans accomplis, mais que cette défense n'avait pas été observée. (Voy. Aureum opus regalium privilegiorum civitatis et regni Vaientie, Valence, 1515, f> xvii v« n» 17 )

> D. Modesto Lafuente , dans son Historia gênerai de Espana ( deuxième partie , liv. II, chap. XV), qui jouit au-delà des Pyrénées d*une popularité des plus méritées. Cet ouvrage est, sans contredit, le meilleur de tous ceux qui ont été publiés en diverses langues sous le même titre.

Angers. Imp. P. Lachèse, Belleuvre et Dolbeau.

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