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CONDÉ VIENT TROUVER LE ROI

cœur, qui avait remplacé le comte d'Alais comme gouverneur de cette province', avait eu à lutter contre la ville de Toulon et les anciens conseillers semestres du Parlement de Provence-. Il les avait vaincus ; mais le vieil esprit municipal des cités de Provence vivait toujours et luttait contre les progrès de la puissance monarchique et de l'unité française. On en avait vu un exemple récent à Marseille, où la population avait élu pour consuls, ou magistrats municipaux, des ennemis du duc de Mercœur. Mazarin résolut de profiler de la présence du roi pour dompter cet esprit d'opposition. Le souverain avait encore à remplir, en Provence, une autre mission plus digne d'un grand roi. Depuis plusieurs années, et surtout depuis l'alliance avec l'Angleterre, on avait négligé la marine. Les conseils de Golbert à Mazarin^ prouvent que l'on désirait la relever, purger la Méditerranée des pirates barbaresques et ranimer le commerce du Levant. Tel fut le principal but du voyage et du séjour que le roi et le cardinal firent à Toulon.

Louis XIV arriva à Aix le 17 janvier 1660. Ce fut dans cette ville qu'il reçut le prince de Gondé, le 27 janvier. Gondé avait d'abord rendu visite au cardinal, qui le conduisit chez le roi et la reine mère. A

* Voy. le lonie II, p. 5G ot suiv., de l'Histoire de France sous le ministère de Mazarin.

- Ibidem.

•' Voy. le chapitre précédent, p. 280.

A AIX (27 Janvier 1660). 305

en croire MonghU\ dont on vante trop l'exactitiide, le prince fut froidement accueilli. Monglat ne fait évidemment que répéter un bruit de cour, puisque le roi, la reine et le cardinal assistèrent seuls à cette réception. M"'' de Montpensier aurait désiré y être présente; elle ne put l'obtenir-. Mazarin parle tout autrement, dans ses lettres, de l'accueil fait au prince de Gondé par le roi ; et son témoignage mérite pleine confiance. Il écrivait, le 4 février, à l'abbé de Bonzi^, qui venait d'être nommé évêque de Béziers : oc M. le Prince partithier très satisfait, et avec raison, de la manière dont le roi et la reine l'ont traité, après les protestations qu'il a faites en termes fort précis qu'il ne songerait jamais qu'à bien servir pour obliger Leurs Majestés à effacer tout ce qui leur avait pu déplaire de sa conduite passée. A mon égard, il ne se peut rien ajouter à la manière obligeante et sincère avec laquelle il m'a promis de vouloir être de mes amis, et je n'en doute nullement, puisque je suis persuadé de pouvoir*, par ce moyen, faire un état assuré de mon amitié. »

Le 13 mars de la même année, Mazarin insistait, en écrivant au marquis de Vardes, sur la bonne réception faite à Gondé : « Je ne m'étonne pas d'ap-

' Mémoires, p. 245, édit. Michaud et Poujoulat. ^ Mémoires, t. III, p. -408, édit. CharpeiUier. ^ Affaires étrangères, France, t. 284, f°^ 121-122. * Le sens est: Qu'il pourra, par ce moyen, faire un état assuré de mon amitié.

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