‹ Les Français du XVIIe siècleChapitre 66 sur 108 · Poésies diverses, ode ii. Le Paysage en gros · texte numérisé non relu

Poésies diverses, ode ii. Le Paysage en gros

C'est là qu'en escadrons divers Ils répandent dedans les airs Mille beautés nQuvelles, Et que les essaims abusés Vont chercher sous leurs ailes Les pleurs que Taurore a versés K

Hais ces regards voilés par les larmes reviennent vers

ce sacre sanctuaire,

Ce grand temple, ce saint séjour Où Jésus encor chaque jour S'immole pour nous à son Père.

Muse, c'est à ce doux Sauveur Que je dois consacrer mon cœur Mes travaux et mes veilles... ^

C'était surtout le souvenir de cet engagement qui rendait plus vive en lui la source des larmes. Ces promesses du jeune écolier, trop longtemps mises dans Toubli, revenaient à cette heure de pénitence comme un remords, comme le reproche d'un funeste abandon du devoir et de la foi jurée. La sensibilité de Racine ne prenait rien à demi. En toute chose il portait Je feu de son âme. Après s'être donné au monde, aux sociétés, à la dissipation, à toutes les séductions de la vie vX du théâtre, il revenait à Dieu avec Télan d'un cœur passionné. Il l'aimera dorénavant comme autrefois il aimait ses maîtresses. Cette conversion tant de fois demandée avec des larmes et des prières par la Mère Agnès de Sainte-Thècle s'accomplit enfin. Touché par la grâce, il quitte la scène, il déteste ses succès d'autrefois; il ne voit plus ses pièces qu'avec horreuretdégoût, il voudrait en éteindre la mémoire. Il craint que la subtilité de l'amourpropre ne lui fasse encore trop aimer son ancienne gloire. Pour expier sa vie de désordre et satisfaire au ciel qu'il a tant de

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