Lettres à Boileaa. — Au camp de Gévries, 21 mai
2. « Votre petit frère est fort enrhumé aussi bien que Madeion ; ils ne font tous deux que tousser. Fanchon est assez bien et ne se ressent plus de son accident que M. Fijgon appelle un catarrhe suffocant. Il nous a conseillé de lai donner de Témétique; mais on ne peut yenir à bout de lui faire rien prendre. Votre mère et votre sœar se portent fort bien, et vous font leurs comp4ments ». Lettre XXIIP.
âOO LES FRANÇAIS DU XVII« SIÈCLE
hiimaiae? Il voudrait bien être assuré du contraire; il voudrait bien que son fils suivît Texemple du duc de Bourgogne qui, ayant « un goût merveilleux pour toutes ces choses, n'a encore été. à aucun spectacle^ d. Nous voilà bien loin de la lettre à Nicole, et de cette apologie passionnée des théâtres.
La dévotion gagne de plus en plus sur Tâme de Racine, tout son ménage en est également dominé. Sa fille aînée, sortie de Port-Royal, édifie son père par sa conduite et sa grande piété; cependant il y remarque un excès de rigueur qui la rend farouche pour le monde, c Elle pensa hier rompre en visière à un neveu de madame Le Challeux qui lui faisait entendre, par manière de civilité, qu'il la trouvait bien faite; et je fus obligé même, quand nous fûmes seuls, de lui en faire une petite réprimande. Elle voudrait ne bouger de sa chambre et ne voir personne '. » Peu à peu elle reprendra les petits ajustements auxquels elle avait fièrement renoncé, irrésolue et mal fixée dans sa vocation ; elle pourrait bien faire comme son frère aîné qui voulait être chartreux. Il n'en est pas de même de Nanette. Au couvent de Melun, « elle parait beaucoup s'impatienter des quatre mois que son noviciat doit encore durer, Babet paraît aussi souhaiter que son temps vienne pour se consacrer à Dieu '. » a Pour Fanchon, il lui tarde beaucoup qu'elle ne soit à Melun avec sa sœur Nanette, et elle ne parle d'autre chose ^. » Reste encore une petite sœur, celle-ci montre beaucoup de goût pour le monde. « Elle raisonne sur toutes choses avec un esprit qui vous surprendrait, et elle est fort railleuse; de quoi je lui fais souvent la guerre. ' » Cette petite fille avec son esprit et sa raillerie, voilà ce qui reste des
J. Lettre XIV.