‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 42 sur 269 · IP«>I · texte numérisé non relu

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d-AnUe.

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Brâbsi

q^i fait lei dâkcs des lixre.

L'ambit'eoz dêszr de se sâjnialer, de se sicilemenU a bit de fias édore de mh jom de soi-dtsjBt rêC^rmatears cl ëpi>)se êkxfsêe de qnelqae dnq ailk tm, s ècriail : c U n'y a r en de aoaveaa soas It fla<^ fxte ntsoo p^avait-oo croire q«*affài li les Moxart, les BeeihoTen, les Ba^siai, I a' riea de D<jiaTeaii soos les sept aoles de 11 recr! noas aiMis ra rêc^mmeiit savoir d des ilalrin. qai aflSchenl b frèieBlMNi da p^étemeot les aDcieooes croyaoees •)i:e Sp::areUe se llaUiît d'amir chaa|î k

Parmi ces oo'âreaax sectaires, mos diawi l>t.< lyriques, qui, s'appuyant sur raxîeae:i d-i.5 lojt. m f rëleodeLl que la d d'ciprimerquoi {ue ce <oiU fûl ce t!i ol -^i {ue. phîIoso|ihi|ae. politique, ti)-:o. •cUcti']ue. clc: ud fiil d'histidre, aai' \at\k". '?2t3ire. uce varislion d'un co:r^de U P^-^ ;rs^. oi une dê|)éche têlcgnfkif*' rompue pir le LrouilUrd.

P.'ur qu'on n-? noos accuse |asd*ei:^éRr, il fin de ropptrlt'r ces programmes de ooBcerti, ( quels OD annonce drs famtaûia monlei aal re«, des symph*^Hies boUstiqiies, poétîqjaesHl

LE MÉLOMANE

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t. Les auteurs de ces compositions ne prétendent*ils exprimer non-seulement tous les effets de la nature lique, mab encore les émotions les plus intimes du r» les Ticîssitudes les plus romanesques de la destîbumaîne; et cela au moyen de croches, de bécarres e cadences? Ainsi un compositeur a rédigé naguère notice biographique en symphonie, sous ce titre, une iTorlttle. Entre autres chapitres, le livret explicatif paitla description à* nue promenade dans la plaine. la musique consacrée à ce sujet aurait tout aussi lement dépeint une promenade sur les tours de t-Stttpice.

Insl encore un jeune pianiste, aussi connu par la ideur de son talent que par la longueur de ses che* i, a proclamé hautement l'intention de transformer piano é queue en chaire d'enseignement humani- ). Il n'est pas une de ses notes bémolisées ou diatoie8« qui, d'après son système, ne tende à rendre les unes meilleurs. Et, si parfois il frappe sur les touches »oint de les briser, c'est afin d'inculquer avec plus MTce ses préceptes moralisateurs.

008 avons enfin une troisième petite église musicale, réation toute modâ*ne, avec son pontife, et qui se pose de Jérémies partisans exclusifs de la musique issante, souff^rante et attendrissante. Leur répertoire brmé uniquement de lamentations notées et intituun soupir, une larme, un sanglot, un désespoir, etc. tqa'ils se font entendre dans une société ou dass un ^ert, on devrait avoir la précaution de distribuer des idioirs à la porte.

n vérité, il est des moments ,oà tout ce fatras de Ils bisarres, prétentieux et ennuyeux, vous forcerait aue à regretter les beaux temps lyriques de Ir^oufm, du Clair de la lune et de la Pipe de tahae. (ms avons dit qu'aujourd'hui le dilettantisme était i parfois un calcul. Combien de parents, en effet, «lent sur le piano et la cavntine brillante, comme ens d'établissements économiques pour leurs filles! ibien de Duprez amateurs qui, se fiant é cet axiome éra -comique : « L*oreille ravie est bien près du r, » s'efforcent d'atteindre à l'iil de poitrine dans ique but de charmer quelque riche héritière ! 0 culte onique de l'art pour l'art, qu'êtes- vous devenu? nous reste a signaler une classe de mélomanes qui . le double caractère de la prétention et du calcul : t celle des chanteurs de romances. Le métier decban- ' de romances a remplacé, comme moyen d'existence isite, les anciens poêles de famille, les diseurs de i mots, les conteurs de société, etc. Aujourd'hui le iteur de romances est le lion obligé de toutes les ions bourgeoises. Il a son couvert mis é une foule ibles; il jouit du privilège des grandes et petites endans les salons et même dans les boudoirs. On le i comme un être neutre et sans conséquence. L'étal hauteur de romances n'exige d'autre mise de fonds [1 habit noir à peu près neuf A une voix râpée

chauteur de romances est ordinairement un petit ine trapu, courtaud, aux épaules largement camt« aux joues rubicondes, ornées de favoris noirs et ^onneux, à l'abdomen proéminent comme celui d'un ra) de voUiîreurs de la garde nationale. La nature îl créé jiour être l'Atlas d'un commerce d'épicerie i-os, ou d'une maison de roulage, et c'est pitié que oir employer un si puissant appareil de forces musires à soutenir de simples notes de musique, ien de plaisant comme les efforts de Tobèse ménes- Qlin d ininrimer à sa face réjouie une expression mincie, langoureuse ou mélancolique, en harmonie avec

les chants de son répertoire. Impossible de réprimer un sourire lorsqu'on l'entend se plaindre de son malheur, de sa langueur, de son acheminement vers la tombe, de sa frêle existence, etc. Hercule filant des sons n*est guère moins bouffon qu'Hercule filant une quenouille.

Le chanteur de romances a l'avantage d'exercer une industrie qui ne connaît pas de morte saison. Il travaille en tout temps. Il détache la barcarolle au plus juste prix, fournit la tyrolienne avec ou sans gestes, pleure le nocturne, gazouille l'ariette, et expédie non-seulement pour la ville et la province, mais encore pour l'étranger. Au printemps, lorsqu'arrive la saison des eaux, il exporte son bagage troubadour é Spa, i Aix, i Baden-Baden, i Vichy, à Dieppe, au Mont-Dore, à Néris, i Plombières.

On voit revenir le chanteur de romances vers les premiers jours d'automne. Il reparait dans tous les concerts que le vent du nord refoule sur Paris.

Cependant, à force de se couronner de roses, le troubadour arrive à l'hiver de la vie. Il perd presque en même temps son sol et ses cheveux. Alors il songe A revoir sa Normandie, ou tout autre pays qui lui a donné le jour. Lé, il convertit le produit de son travail en bons biens au soleil ; il devient notable de village, conseiller municipal, et marguillier de paroisse. Chaque dimanche il s'installe sur les bancs du lutrin, et consacre à chanter les louanges du Seigneur et du patron de l'endroit les restes d'une voix jadis vouée à célébrer les Zelmire, les Elvire, les Jeux, les Ris et les Amours.

Ainsi passent les gloires et les romances de ce monde.

En cherchant i conclure d'une manière grave, nous sommes arrivé é découvrir que le chant peut être employé comme moyen accessoire d'atteindre ce but qu'on prétend le plus important de la vie : la connaissance de soi-même et des autres. A la suite d'une foule de déduc* tiens et de raisonnements, nous croyons pouvoir poser ce nouvel axiome : que chez la gent humaine, comme chez la gent volatile, le ramage répond au plumage, et qu'on peut dire, en entendant chanter un homme : « C'est un brave, un sournois ou un sot; » comme, à la simple audition de leur chant, on dit : « C'est un coq, un corbeau ou un serin. »

Kous nous empressons d'ajouter que Thonnenr de l'invention ne nous appartient pas tout entier. Avant nous, deux grands génies, Shakspeare et Chateaubriand, avaient déjà appliqué la musique à la connaissance du cœur humain. Le poète anglais s'est borné, il est vrai, â l'indiquer comme un moyen de jugement négatif, lorsqu'il a dit : a Celui qui n'a pas de musique dans l'âme est capable de toute espèce de noirceurs. » D'où il suit que, si l'auteur A'Hamlet eût été chargé de la rédaction du Code pénal, il aurait placé tous les gens qui n*aiment pas la musique sous la surveillance de U haute pol^-^e.

L'illustre Chateaubriand est all< plus loin : îl a remarqué que les villageois, les berger*, tous cei i enfin qui ne chantent que d'instinct, prélude it toujours u mineur, et que l'air de toutes les complainus villageo.ses est modulé sur ce ton plaintif. Le cbantie à*Àtala u vu dans ce fait la preuve a que la corde de la douleur est la corde naturelle à Thomme. » Ainsi, en supposant que le grand poète fût tombé inopinément des régions éthérécs sur notre globe terrestre, il aurait deviné tout de suite que nous sommes sujets à la mort, à la douleur, aux rnges de dents, aux drames adultères, aux romans échevelés à l'asphalte, au bitume, aux sociétés en commandite, aux patrouilles de la garde nationale, et tout cela rien qu'en entendant un villageois chanter en mi bémol. C'est une bien belle chose que le génie.

Nous nous sommes permis de glaner après ces deux

LE MÉLOMANE

gnnds hommes dans robserration du chant, el voici quelques-uns des rapports que nous avons cru saisir en- Ire le moral de l'homme et ses habitudes vocales et instrumentales.

Toutes les fois que voas enlendrei on de vos a toyens préluder invariablemeDt en commençant f« notes médium, et en s'arrètaot arec oomplaittMe» notes basses, de cette manière :

là,

li,

UâiàL

(ces derniers sont murmurés trémolo dans la cravate), vous pouvex dire hardiment : c C'est un prud'homme, un béotien. » *

Celui qui, dans la société, va jusqu*à trois couplets de romance, doit être considéré comme ayant des dispositions à se rendre indiscret, importun. Quant au malheureux qui dépasse ce nombre, et qui ne craint pas de se fiermcltre les six couplets, jugez-le comme un être de 'espèce la plus dangereuse pour la paix de votre foyer domestique, comme un personnage essentiellement rabâcheur, ennuyeux, assommant.

Celui qui attend, pour fredonner un air, qu'il soit depuis longtemps tombé dans le tuyau de l'orgue de Barbarie, qui, aujourd'hui, par exemple, vous chante les Bœufs ou les Louis d'or, — perruque, rococo, idées toujours en retard, comme une mauvaise pendule.

Celui qui psalmodie tous les chants tristes ou gais, sur un seul et même air de sa façon, lequel ne varie jamais : — être monotone, fastidieux.

Dans certains cas, l'observation doit être prise à l'inverse; car quelquefois on peut dire que le chant, comme la parole, « a été donné à l'homme pour déguiser sa pensée. » Ainsi, tel qui cultive de préférence l'air de bravoure : En avatU, marchons, contre les canons, ou la marche des Tartares: celui qui, dans chaque couplet, pourfend les ennemis de la France, et meurt pour son pays, celui -1 A, disons-nous, peut n'être qu'un bravache et un poltron. Et, pour citer un exemple pris dans un autre genre, on se rappelle que la romance : Il pleut, il pleut, bergère, fut composée par le vieux eordelier Camille Desmoulins, qui, certes, était loin d'être pastoral.

Tassons maintenant au choix des instruments, comme indice de caractère.

La trompette, le trombone, le cor et la trompe de chasse : ^ jeune homme bruyant, étourdi, tapageur, caractère cogiiiti de neveu, ou officier de huuards d'opéracomique.

Celui qui cultive les ioslrumenti de remplissage, les-

quels jouent dans un orchestre les rôles qa*OB lyi au théâtre grande utilité, tels que le triangle, la s caisse, le chapeau chinois^ celui-là doit être oa r simple garçon, sans prétention aucune, toajoonii à rendre service à son prochain.

Le basson : — caractère concentré.

La clarinette : — esprit peu poétique, tonnst; picerie

La contre-basse : — indice de maturité ou plotài crcpitude. Regardez, en effet, dans un orchestre : . très-rare que l'on n'aperçoive pas au-dessos è i manche de cet instrument une perruque à ihai un nez qui, comme celui du père Anbrj, vpr, tombe.

Le choix de la harpe indique une femme jolie e quctte, attendu qu'elle fournit Toccasion de dêpiifr bras bien fait, une taille élégante, et que les p mettent en évidence un pied mignon. Aojonri'Uc strumcnt est presque généralement abandonné. tel mes trop galants pour y voir une preuTO que iBt^ perfection féminine sont devenus plus rares; à M que la renonciation à la mode des culoUei été citée comme un aveu tacite de la ~ ~ lets contemporains.

La femme qui empiète sur les insi ment réservés aux hommes, et qui, par violon, de la flûte ou de la contre-basse, a naire une allure de caractère masculin eln «| moustaches. Si elle est mariée, elle inlermliniH article 313 du Code civil, relativement â conjugale.

Vice versa, l'homme qui pince de la guitare doit, au besoin, faire de la des cravates.

Si l'on adoptait généralement noire vation mélomane, il faudrait dire â un de non pas : c Dis-moi qui tu hantes, s mais a que ta chantes, et je te dirai qui tu es. n

L'AVOUÉ

ALTAROCIIE

. 1 semblerait, an pi^emier ^ coup d*œil, que Tavoué exerce une de ces industries patentes ou tout est percé à jour, ou il suffît de regarder pour tout voir, et d'écouter pour tout entendre. Cela même serait 4*autant plus nat^«< que cette industrie est créée etré- 0par la loi, que tout citoyen est censé connaître. Il B est rien pourtant, du moins à Paris. L'avoué Paris n'est pas l'esclave du texte légal, il en e$t lot le propriétaire avec droit d'user et d'^abuser... je rais même dire le bourreau, vu l'acharnement avec id il le torture. — Là où l'avoué de province n'a k formuler servilement, l'avoué de Paris invente Hagine. Aussi les mystères de son élude et de son «aet particulier, qui sont pourtant des lieux en l«[ue sorte publics, ne restent-ils pas moins inconnus ^118 que les arcanes des coulisses au béotien qui l€ au parterre. Je dis à tous, sans même en exl^r les plaideurs.

^«ivottc de Paris a de vingt-huit à quarante-cinq ans. t. nn premier clerc qui, d'ordinaire, après s'être élevé ^ssivement de l'état de petit clerc aux fonctions de >Uent du conseil de l'étude, achète enOn nne charge r son propre compte. Or, on ne peut guère arriver à ^ position avant vingt-huit ans, un noviciat de dix à àze ans étant nécessaire pour passer des chaises délies de l'étude sur le fauteuil maroquiné du cabinet ^culier. C'est pourquoi l'avoué de Paris, qui ne fait |)remicres armes, c*est-À*dire ses premières plumes, t seize ou dix-sept ans, en compte au moins vingt-huit t^eure de sa prestation de serment.

Être avoué n'est pas un état viager à Paris, mais seulement une profession transitoire. C'est en province seu* lement qu'on meurt avoué. A Paris, une élude est une sorte de parc réservé, bien distribué, bien giboyeux, où l'on achète le droit d'aller à la chasse de la fortune. Quand on a bien rempli sa gibecière, on cède ses fllets et sa clef au premier venu. Or, cette chasse dure à peu près douze ans. En d'autres termes, l'avoué, après dix ans d'exercice, commence à sentir le besoin de goûter le charme d'une oisiveté dorée, et bien dorée, je vous assure... C'est pourquoi l'avoué de Parb n'a presque jamais plus de quarante â quarante-cinq ans.

Quelques-uns s'obstinent encore à regarder l'avoué cont< mporain comme une émanation fidèle de l'ex-pro* cureur; c'est une erreur grave. Rien ne ressemble moins â Tex-procureur que l'avoué de nos jours. — D'autres, abusés par les vaudevilles de M. Scribe, s'imaginent que l'avoué de Paris est un fashionable qui, du haut de son tilbury, éclabousse ses clients dans la rue, pose le soir au balcon des Bouffes et de rOpéra,joue cinq cents francs é l'écarté, et danse le galop avec une gracieuse frénésie. C'est encore une erreur : l'avoué de Paris ne tient pas plus du Chicaneau de l'ancien régime que des lions du Jockey-Club, ou des jeunes premiers du Gymnase.

11 y a deux phases bien distinctes dans la vie de l'avoué de Paris, et ses habitudes extérieures se modifient selon qu'il gravite dans l'une ou l'autre de ces phases, garçon ou mari.

Nous avons tu qu'après avoir croupi plus ou moins longtemps sur la chaise de premier clerc, le néophyte achète toujours une charge. Or, lorsqu'il signe la vente, il est ordinairement sans un sou ; ou, s'il a quelques économies à sa disposition, elles sont tout juste suffisantes potnr un premier à-compte. Qui se chargera de compléter la somme ? Eh ! pardieu, c'est tout simple : un bon mariage.

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