‹ Les Franciscains et la croisade antialcoolique dans la Province de Quebec (Canada) aperçu sommaire de leurs travaux préparé pour le chapitre général de l'ordre des Frères mineurs tenu à Rome au mois de mai 1915Chapitre 1 sur 11 · Les Franciscains et la croisade antialcoolique dans la Province de Quebec (Canada) aperçu sommaire de leurs travaux préparé pour le chapitre général de l'ordre des Frères mineurs tenu à Rome au mois de mai 1915 · texte numérisé non relu

Les Franciscains et la croisade antialcoolique dans la Province de Quebec (Canada) aperçu sommaire de leurs travaux préparé pour le chapitre général de l'ordre des Frères mineurs tenu à Rome au mois de mai 1915

Tous mes voeux vous accompagnent dans le voyage que vous allez entreprendre pour assister au Chapitre Général de votre Ordre. J'espère que vous nous reviendrez.

Permettez-moi de profiter de l'occasion favorable qui m'est offerte pour dire à V Administration générale combien j'apprécie le zèle apostolique des Fils de Saint François à Montréal. Ils ont l'estime et la confiance de toute la population. Sous leur direction le Tiers-Ordre est très florissant. Les fraternités d'hommes et de femmes sont nombreuses., fidèles aux constitutions, et donnent partout l'exemple de la pratique des vertus chrétiennes.

Je n'ai certainement pas de plus dévoués auxiliaires que ces dignes religieux. Ils sont toujours prêts à rendre service. Ils prêchent chaque année plusieurs retraites dans nos communautés. Ils donnent un temps considérable au ministère de la confession, et que d'âmes viennent chercher auprès d'eux lumière et consolation! Jamais je nai eu avec eux la 'moindre difficulté, jamais je n'ai entendu de plainte à leur sujet. Pour toutes mes oeuvres diocésaines il s me sont d'un précieux secours.

Mais surtout que n ont-ils pas fait pour combattre le fléau de l'alcoolisme dans notre ville et dans nos campagnes.

Voilà 10 ans maintenant que j'ai commencé une croisade de tempérance. Ce sont les Pères Franciscains qui reçurent particulièrement la mission de la prêcher. Ils s'acquittèrent de cette mission avec zèle et prudence, et à la prédication ils ont joint la publication d'une revue qui, répandue dans toutes nos paroisses, a fait un bien considérable. Les résultats de notre campagne ont dépassé nos espérances. Le clergé et les Ligues antialcooliques ont contribué à les obtenir, mais les Franciscains y ont leur large part. J'aime à leur en témoigner ma reconnaissance.

Je pourrais ajouter bien des choses encore. Ce que j'ai dit suffira pour faire voir aux vénérables membres de votre Chapitre quelles belles oeuvres les Franciscains accomplissent à Montréal.

Agréez, mon révérend Père, l'assurance de mes sentiments très affectueux et très dévoués en Notre- Seigneur.

fPAUL, archevêque de Montréal.

ET

Depuis de nombreuses années se dessine ou se poursuit, dans tous les pays civilisés, un mouvement antialcoolique; mouvement peu apparent aux regards des catholiques, peu efficace sur leur conduite, parce que partout à peu près ce mouvement a été et reste d'initiative laïque et neutre, sinon protestante.

Dans la catholique Province de Québec l'initiative est venue de l'Eglise, et la croisade antialcoolique est restée, aux yeux de tous, principalement une campagne entreprise et poursuivie par l'Eglise, par le clergé; d'où l'ampleur du mouvement, d'où son efficacité profonde, qui fait l'étonnement et l'envi des groupements antialcooliques des autres pays.

Le 20 décembre 1905, sa Grandeur Mgr l'Archevêque de Montréal inaugurait cette croisade par une lettre pastorale restée célèbre. Ce n'est pas, il faut le bien noter, que le Canada français souffrît plus que d'autres contrées du mal de l'intempérance; mais il en souffrait lui aussi, et la sollicitude de nos évêques, énuie à la vue du mal, résolut de le combattre et de le supprimer. D'autres croisades contre l'intempérance avaient eu lieu dans le passé, toujours conduites par l'ôpiscopat : celle du Grand Vicaire M<aiMoux, dans la région de Québec ; celle de Chiniquy, dans celle de Montréal ; celle des Pères Oblats, au diocèse de Saint-Hyacinthe. Les fruits avaient été abondants, mais peu à peu le mal avait regagné le terrain perdu, de sorte qu'en 1905 le temps était

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