‹ Les Franciscains et la croisade antialcoolique dans la Province de Quebec (Canada) aperçu sommaire de leurs travaux préparé pour le chapitre général de l'ordre des Frères mineurs tenu à Rome au mois de mai 1915Chapitre 3 sur 11 · XI · texte numérisé non relu

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de ne pas aller dans les cabarets et les buvettes sans de graves raisons ; de ne pas y prendre de boissons enivrantes, et surtout de renoncer à la pratique, hélas, si commune du petit verre et de "la traite/' Nous serions heureux de voir tous les hommes de bien se liguer contre ce désordre social qui engendre tant de maux pour la famille et pour l'individu. Nous conjurons en particulier les citoyens de la classe dirigeante et les membres des professions libérales de prêcher d'exemple sous ce rapport.

"4o Nous demandons aux prêtres, aux directeurs de collèges et aux instituteurs en général, de parler souvent de l'intempérance dans les classes, et de prendre tous les moyens possibles pour inspirer aux élèves l'horreur de ce vice.

"5o Nous ordonnons que dans toutes les paroisses on se mette à l'oeuvre immédiatement pour établir des ligues ou sociétés de tempérance, lo Parmi les enfants depuis l'année de la première communion jusqu'à l'âge de dix-huit ans ; 2o parmi les jeunes gens; 3o parmi les chefs de famille. Saint J ean Baptiste sera le patron de ces ligues dont les membres devront s'engager à ne pas prendre de boissons spiritueuses hors le cas de maladie et de réel besoin. Ces sociétés existent déjà dans quelques paroisses et y font le plus grand bien. Leurs règlements et les faveurs spirituelles obtenues pour elles seront promulgués bientôt. Nous ne disons aujourd'hui que l'essentiel et ce qui doit faire l'objet des efforts et du zèle de tous, du peuple comme du clergé.

60 Nous confions particulièrement la prédication de la tempérance aux révérends Pères Franciscains, que nous nommons par les présentes les apôtres de cette grande oeuvre dans notre diocèse. Messieurs les curés les inviteront à venir

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prêcher à leurs fidèles à l'époque qui leur paraîtra la plus favorable. Mais on ne les attendra pas pour établir les sociétés dont nous avons parlé. Chaque curé devra commencer à les instituer «ans retard en faisant appel à la bonne volonté de ses paroissiens. On pourra profiter pour cela des réunions de la ligue du Sacré-Coeur et surtout des retraites et des missions. Nous demandons spécialement et instamment que l'on s'occupe avec le plus grand zèle des enfants et des jeunes gens sur qui vous devrez compter pour former la génération sobre de l'avenir.

"7o Nous voulons aussi que dans nos collèges et notre Université on fonde ces associations de tempérance. Les élèves de ces importantes institutions sont, ils le savent, l'objet de notre plus vive sollicitude et de notre plus tendre affection. Notre ardent désir est qu'ils deviennent un jour des hommes de caractère et de principes, des hommes de science et de vertu, pour l'honneur de l'Eglise et de la patrie. Us ne deviendront tout cela qu'en autant qu'ils seront véritablement tempérants. Qu'ils se souvienent de tant de beaux talents prématurément anéantis par le poison de l'alcool. Nous ne voulons pas qu'ils aient un si triste sort, et voilà pourquoi nous tenons tant à voir la sobriété et la tempérance en honneur dans nos collèges classiques et dans notre Université."

J'ai cité tout au long ces dispositifs du mandement de Mgr l'Archevêque de Montréal parce qu'ils définissent la nature de l'apostolat et déterminent dans toutes ses parties le vaste champ d'action que Sa Grandeur confiait au zèle des Franciscains en son diocèse.

ET LA CROISADE ANTIALCOOLIQUE [xill

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