‹ Les Franciscains et la croisade antialcoolique dans la Province de Quebec (Canada) aperçu sommaire de leurs travaux préparé pour le chapitre général de l'ordre des Frères mineurs tenu à Rome au mois de mai 1915Chapitre 9 sur 11 · L'ENSEIGNEMENT ANTIALCOOLIQUE A L'ECOLE PRIMAIRE · texte numérisé non relu

L'ENSEIGNEMENT ANTIALCOOLIQUE A L'ECOLE PRIMAIRE

/Mgr Bruchési, dans sa lettre pastorale contre l'intempérance, marquait sa sollicitude pour la jeunesse, et indiquait clairement — et avec combien de raison ! — qu'il fallait donner une attention spéciale, dans la croisade, à la jeune génération pour lui inculquer des conviction® et lui f ormer une mentalité antialcooliques. Le règlement de la Société de tempérance prévoyait dans ce but la création, au sein de chaque société paroissiale, d'une section pour les enfants depuis la première communion jusqu'à l'âge de dix-huit ans;, et sa Grandeur demandait en outre que dans les écoles un enseignement antialcoolique fût donné. Dans la mesure où leur initiative était de mise, les "missionnaires de la tempérance" ont essayé de réaliser ces désire de leur premier pasteur. D'abord, ils n'ont pas manqué d'enrôler les enfants sous la bannière de la tempérance, au cours de leurs prédications. Ils voulurent faire plus. Ils tentèrent, concurram/ment avec d'autres apôtres de la cause, des efforts pour faire introduire, dans les écoles primaires de la Province, l'enseignement antialcoolique obligatoire. Au congrès de Saint- Pierre-aux-Iiens, un religieux Eranciscain avait présenté un mémoire sur l 'Enseignement

(1) En 1913, le 10 septembre, se tint aussi, à St-Hyacinthe, un beau et très fructueux congrès diocésain de tempérance, dont le R. P. Constant Doyon, o.p., apôtre zélé de la tempérance, fut la cheville ouvrière.

ET LA CROISADE ANTIALCOOLIQUE [XXIII

antialcoolique à d'Ecole Primaire; ce mémoire motiva de la part des congressistes une résolution unanime, en vertu de laquelle le rapporteur était prié de présenter son travail au Comité catholique du 'Conseil de l'Instruction Publique.

'Comme le Comité devait avoir bientôt sa réunion de l'automne, l'auteur se hâta de faire imprimer son mémoire, afin d'en faire parvenir un exemplaire à chacun des membres du Comité, ainsi qu'au secrétaire, ensemble avec la résolution du Congrès, avant la date de la réunion du Comité. Celui-ci accueillit très favorablement le rapport, et marqua sa satisfaction dans le procès- verbal de ses •délibérations ; il n'inscrivit toutefois pas encore — il ne l'a d'ailleurs pas encore fait — l'enseignement antialcoolique au programme des études; il ne fallait au reste pas s'attendre à une action précipitée. Cependant, le 1er décembre suivant, soit quelques jours plus tard, le Surintendant du Conseil adressait aux inspecteurs d'écoles une circulaire qui, pour la première fois, attirait leur attention officiellement et fortement sur l'enseignemlent antialcoolique. "Je viens, écrivait M. le Surintendant, vous demander1 de participer, dans votre sphère d'action, à l'a campagne qui se poursuit actuellement en faveur de la tempérance, et d'insister auprès des maîtres et des maîtresses de classe, pour que tous cherchent à prémunir les enfants qu'ils ont à instruire -contre les dangers de l'alcool et leur inspirent l'horreur de l'ivrognerie. C^est agrandir le rôle de l'école que de lui confier une pareille mission, etc."

Si l'enseignement antialcoolique à l'école primaire n'a pas été rendu obligatoire, il se donne néanmoins dans un grand nombre d'écoles. La Commission des Ecoles Catholiques de Montréal pour sa part, grâce surtout à l'un de ses

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principaux membres, l'Hon. Juge Eug. Lafontaine, président de la Ligue antialcoolique, a fait beaucoup pour l'enseignement de la tempérance dans les écoles de son ressort. Pour ne noter que ce qui nous concerne directement, nous obtînmes, au printemps de 1910, de la Commission scolaire, l'autorisation de donner aux élèves dans toutes ses écoles, en présence des maîtres et des maîtresses, des conférences antialcooliques avec projections ; ces conférences furent données par les Pères Ladislas et Joachim, aux élèves de langue française, et par le Père Ethelbert, aux élèves de langue anglaise.

En outre, notre revue de La Tempérance s'est habituellement efforcée de propager des idées de tempérance parmi les enfants, soit au moyen d'articles écrits pour eux, soit en leur proposant des problèmes et des dictées antialcooliques. La revue, reçue dans 25000 foyers et par un bon nombre d'instituteurs et d'institutrices, a certainement eu sur ce point une influence considérable ; on en pourra juger par le fait suivant.

En 1910 La Tempérance ouvrait un concours pour les seuls élèves des écoles primaires. Il leur était demandé de répondre brièvement à cette question : Pourquoi je serai toujours tempérant (ou tempérante.) Des réponses furent envoyées par plus d'un millier d'enfants répartis entre une centaines d'écoles; ces réponses donnèrent cette vive et très consolante impression que la génération qui grandit est avertie des méfaits de l'alcool.

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