L'ENSEIGNEMENT ANTIALCOOLIQUE A L'ECOLE PRIMAIRE
Mgr Bruchési, dans sa lettre pastorale contre l’intempérance, marquait sa sollicitude pour la jeunesse, et indiquait clairement—et avec combien de raison qu'il fallait donne une attention spéciale, dans la croisade, à la jeune génération pour lui inculquer des convictions et lui former une mentalité antialcooliques. Le règlement de la Société de tempérance prévoyait dans ce but la création, au sein de chaque société paroissiale, d’une section pour les enfants depuis la première communion jusqu’à l’âge de dix-huit ane, et sa Grandeur demandait en outre que dans les écoles un enseignement antialcoolique fût donné. Dans la mesure où leur initiative était de mise, les “missionnaires de la tempérance” ont essayé de réaliser ces désire de leur premier pasteur. D’abord, ils n’ont Pas manqué d’enrôler les enfants sous la bannière de la tempérance, au cours de leurs prédications. Ils voulurent faire plus. Ils tentèrent, concurramment avec d’autres apôtres de la cause, des efforts pour faire introduire, dans les écoles primaires de la Province, Penseignement antialcoolique obligatoire. Au coigrès de Saint-Pierre-aux-Liens, un religieux Franciscain avait présenté un mémoire sur l'Enseignement
(1) En 1918, le 10 septembre, se tint aussi, à St-Hyacinthe, un beau et très fructueux congrès diocésain de tempérance, dont le R. P. Constant Doyon, o.p., apôtre zélé de la tempérance, fut la cheville ouvrière.
ET LA CROISADE ANTIALCOOLIQUE [xx
antialcoolique à l’Ecole Primaire; ce mémoire motive de la part des congressistes une résolution unanime, en vertu de laquelle le rapporteur était prié de présenter son travail au Comité catholique du Conseil de l’Instruction Publique.
Comme le Comité devait avoir bientôt sa réunion de l'automne, l’auteur se hâta de faire imprimer son mémoire, afin d’en faire parvenir un exemplaire à chacun des membres du Comité, ainsi qu’au secrétaire, cnsemble avec la résolution du Congrès, avant la date de la union du Comité. Celui-ci accueillit très favorablement le rapport, et marqua sa satisfaction dans le procès-verbal de ses délibérations ; il n’inscrivit toutefois pas encore — il ne l’a d’ailleurs pas encore fait — l'enseignement antialcoolique au programme des études ; ne fallait au reste pas s’attendre à une action précipitée. Cependant, le 1er décembre suivant, soit quelques jours plus tard, le Surintendant du Conseil adressait aux inspecteurs d'écoles une circulaire qui, pour la première fois, attirait leur attention officiellement et fortement sar l’enseignement antialcoolique. “Je viens, écrivait M. le Surintendant, vous demander de participer, dans votre sphère d’action, à la cam- Pagne qui se poursuit actuellement en faveur de la tempérance, et d’insister auprès des maîtres et des maîtresses de classe, pour que tous cherchent à prémunir les enfants qu’ils ont à instruire contre les dangers de l’alcool et leur inspirent lhorreur de l’ivrognerie. C’est agrandir le rôle de l’école que de lui confier une pareille mission, ete.”
Si Penseignement antialcoolique à l’école primaire n’a pas été rendu obligatoire, il se donne néanmoins dans un grand nombre d'écoles. La Commission des Ecoles Catholiques de Montréal Pour sa part, grâce surtout à l’un de ses