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CHAPITRE XIV

NOTRE-DAME-DES- ANGES

N' ous avons admiré l’énergie de Champlain en face des difficultés, sa constance dans la poursuite du noble idéal qu’il s’était donné, sa patience devant les injustices commises contre ses droits. Il fut en tout le digne émule des Récollets qui, dans des circonstances semblables, en face des difficultés que rencontrait leur zèle dans la poursuite de leurs projets apostoliques, en présence de l’inertie ou de l’hostilité des associés, surent faire preuve des vertus qui sont l’honneur et l’apanage des vrais apôtres de l’Evangile.

Le grand obstacle était toujours l’apathie des marchands. Les Récollets, ne parvenant pas à les gagner à une cause aussi sainte et méritoire que celle de la conversion de tant d’âmes, prirent une résolution qui prouve bien et leur désir de promouvoir activement l’œuvre des missions et leur ferme volonté de rester toujours et quand même à leur poste. La cupidité les laissait sans ressources suffisantes, il les demandèrent à la terre, ils se firent défricheurs, colons, fermiers.

Dès leur arrivée à Québec, les Récollets s’étaient

occupés de culture, et ils ont été certainement des premiers à s’y livrer. Ils défrichèrent une terre à la haute ville, qu’ils échangèrent plus tard avec une autre que le premier colon canadien, Monsieur Hébert, avait à la rivière Saint-Charles. Les Récollets firent encore défricher une terre d’un arpent ou environ, la firent travailler et clore de palissades. Ce terrain, appelé “ le jardin du Père Denis, ” était situé “ environ le milieu du chemin de notre couvent (de Notre-Dame-des- Anges) à l’habitation, proche d’une fontaine l. ”

Mais là où les Récollets entreprirent sur une plus grande échelle la culture de la terre, ce fut auprès de Notre-Dame-des- Anges.

Un mois après son retour à Québec, en qualité de supérieur de la mission, le Père Jamet écrivit à Monsieur Charles des Boves, grand vicaire de Pontoise et bienfaiteur des missions du Canada, une longue lettre qui nous dépeint la construction du couvent de Notre-Dame-des- Anges, et nous décrit les ressources que les Récollets cherchaient alors à s’assurer au pays, depuis les animaux de la bassecour jusqu’aux produits de la culture des terres. Cette lettre nous montre les Récollets se faisant les défricheurs du sol pour parvenir ensuite à cultiver plus efficacement l’âme des Sauvages. Elle nous laisse entrevoir un peu les efforts faits par les Récollets pour procurer des ressources suffisantes à leur séminaire des Sauvages, établi à Notre-Damedes- Anges. C’est une très belle page d’histoire qu’il faut citer.

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