Champlain, Œuvres, p
Les Récollets eurent la liberté d’habiter à Notre- Dame-des-Anges jusqu’au 9 septembre1. Les Récollets n’eurent pas trop à se plaindre des Kirke. “ Quinze jours après la prise de Québec, le général Kirke fut visiter notre couvent où il fit la collation et protesta à nos religieux que si le conseil d’Angleterre n’en eût autrement ordonné, il les eût laissés dans le pays poursuivre la conversion des Sauvages . . .
“ De plus il leur accorda de dire la sainte messe tous les jours dans notre chapelle, et n’ayant point de vin, le capitaine Louis, son frère, ne voulut point qu’on en usât d’autre que du sien qu’il nous envoyait fort librement et nous visitait aussi souvent étant bien aise qu’on lui rendît la pareille2. ” Durant le temps qu’ils passèrent encore dans leur cher couvent, les Récollets s’appliquèrent à mettre leurs effets en sûreté. Ils en cachèrent dans la terre et dans les bois; “ le surplus de nos ornements fut serré dans une caisse de cuir en un lieu à part fort décemment3. ” Sagard en donne la liste : un calice d’argent doré, se démontant en trois pièces, avec son étui, une chasuble de taffetas de Chine, deux aubes, 4 amicts, quelques ceintures, les coussins, le devant d’autel de camelot vert, deux burettes d’étain, 4 serviettes, le fer à faire les hosties avec •