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Leclercq, Premier établissement de lafoy, p

jour de juillet1 (1616) et arrivâmes à Tadoussac le vingt-troisième jour du dit mois, où le sieur du Pont nous attendait avec son vaisseau prêt et appareillé, dans lequel nous embarquâmes et partîmes le troisième jour du mois d’août et eûmes le vent si à propos que nous arrivâmes à Honfleur en santé, grâces à Dieu, qui fut le 10"m* jour de septembre, mil six cent seize, où étant arrivés nous rendîmes louanges et actions de grâces à Dieu de tant de soins qu’il avait eus de nous, en la conservation de nos vies, et de nous avoir arrachés et tirés de tant de hasards où nous avions été exposés, comme aussi de nous avoir ramenés et conduits en santé, jusque dans notre patrie, le priant aussi d’émouvoir le cœur de notre roi et nos Seigneurs de son conseil, pour y contribuer de ce qui est nécessaire de leur assistance, afin d’amener ces pauvres peuples sauvages à la connaissance de Dieu, dont l’honneur reviendra à sa Majesté, la grandeur et l’accroissement de son état et l’utilité à ses sujets et la gloire de tous ces desseins et labeurs à Dieu seul, auteur de toutes perfections ; à lui donc soit honneur et gloire. Amen2. ”

Quelle belle âme que celle de Champlain ! Comme à travers ces lignes, que nous nous reprocherions de n’avoir pas citées tout au long, on aperçoit une âme ardente d’apôtre et un cœur rempli du patriotisme le plus pur!

Il a vu avec les Récollets le bien qui se peut faire

1. Sagard, Hist. du Canada, p. 44, Leclercq, Premier établissement de la foy, i, p. 101, donnent la même date.

4 Champlain, Œuvres, p. 595, 596.

ZÈLE ET APATHIE

au Canada, et pour Dieu et pour sa patrie ; il a vu avec les Récollets les besoins urgents de la colonie, il a envisagé avec les Récollets les ressources nécessaires au développement de l’entreprise; maintenant, les voilà, lui, Champlain, et les Peres Jamet et Le Caron, retournés en France pour plaider la cause de Dieu et de la France en Amérique ; serontils écoutés, seront-ils compris, seront-ils exaucés ? Ils ne savent et ils prient. Ils prient Dieu “ d’émouvoir le cœur ” du roi, de ses conseillers, de tous ceux qui ont des intérêts dans la Nouvelle- France.

A la prière ils vont joindre l’action, pour obtenir les renforts qu’ils sont venus chercher ; car, ni les Récollets, ni Champlain, ne songent, même un instant, à abandonner leur sainte et patriotique entreprise.

Ils se rendirent donc à Paris et entretinrent les intéressés sur l’état matériel et spirituel de la colonie et sur les grandes espérances qu’elle donnait. Hélas ! Les missionnaires et le brave Champlain frappaient à des portes bien closes et qui ne s’ouvraient, pour la plupart, que devant le gain et la fortune.

“ Messieurs de la société furent fort aises de voir le bon Père Joseph comme une personne de créance et d’apprendre de lui-même le succès de son voyage, le bien qu’il leur faisait espérer pour te spirituel et temporel du pays, et du zèle qu’il avait pour la conversion des Sauvages, néanmoins avec tout cela, il ne put obtenir autre chose qu’un remerciement denses travaux et une réitération de leur bonne volonté à

l’endroit de nos Pères, sans autre effet1.” La plupart des associés étaient “ fort zélés pour leur commerce, mais peu sensibles à mériter la bénédiction de Dieu, en contribuant aux intérêts de sa gloire2. ” Les Récollets continuèrent leurs démarches auprès des associés, espérant toujours les convaincre de la nécessité pressante de renforts en hommes et en ressources matérielles, pour le succès de la colonie. Leclercq a vu “ des lettres qu’ils écrivaient de Paris à Monsieur de Champlain qui était retourné sur ses pas en Normandie, par lesquelles, en lui donnant avis de ce qui se passait à Paris, ils lui marquaient les derniers chagrins de se voir si peu avancés. Cela ne fut pas capable cependant de ralentir la ferveur de ces saints religieux. Bien au contraire, fondant toutes leurs espérances en Dieu, et destitués du secours de ces hommes intéressés, ils s’abandonnèrent entièrement à la Providence qui suscita quelques personnes charitables pour leur faciliter les moyens de continuer leur ouvrage'. ”

La Province de Saint-Denys était prête à augmenter le nombre des missionnaires, mais les associés ne voulurent pas accorder de place sur leurs navires pour plus de deux Récollets. Il fut alors décidé que le Père Jamet demeurerait en France pour promouvoir les intérêts de la mission, que le Père Le Caron retournerait au Canada, avec le titre de Commissaire, accompagné d’un nouveau missionnaire le Père Paul Huet.

-• Leclercq, Premier établissement de la foy, i, p. 102. o. Leclercq, Premier établissement de la foy, i, p. 102, 103.

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