FRANCS ET DES AL AMANS. — LEUR ÉTABLISSEMENT EN GAULE
LE RÉGIME RÉPUBLICAIN. (Vei'S l'an 3Sü.)
( Chron . de Saint-Denis , I, 3.)
Quand iis virent que les autres nations étaient ajustées avec les Romains, ils surent bien que ils ne pourraient avoir longue durée encontre si grand peuple ; pour ce jugèrent plus profitable chose céder que combattre. Leur cité guerpirent lors, car ils ne voulaient être plus tributaires ; en Germanie descendirent, les rivages pour prirent du fleuve qui est appelé le Rhin; trois ducs firent de leur gent pour eux gouverner : l’un eut nom Marcliomir, l’autre Sonnones, le troisième Genebaus. Leur peuple était jà fortement multiplié et accru; car au temps qu’ils issirent d’Asie, ils n’étaient pas plus de 12000 de gens d’armes, et s’étaient si multipliés, que les Germains et les Alamans, qui, en quantité et en force sont puissants, avaient merveilleusement grand peur d’eux, Parmi la terre s’ espandirent et prirent plusieurs châteaux et plusieurs cités. Les Francs firent grande occision des Romains sous le règne de l’empereur ïliéodose. En ce temps aussi prirent la cité de Trêves.
Toute cette gent ne demeura mie en ce pais, ains s’en départit une compagnie : 23000 furent par compte. Entr’eux firent un duc pour eux gouverner, qui eut nom Ybors. Ils guerpirent Allemagne et Germanie, pour querre nouvelle habitation. En Gaule arrivèrent : le pais et la terre leur plut moult, et moult leur sembla délectable à demeurer. Sur le lleuve
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de Seine habitèrent et fondèrent une cité, que ils nommèrent Lutèce,qui ore est appelée Palis, 895 an^ devant l’incarnation de Nostre Seigneur ; la habitèrent, après que leurs ancêtres se furent partis de Sicambre, 1279 ans.
En ce temps-là vivaient simplement et savaient se servir des armes; au temps de lors n y avait onques eu roi de France; chacun faisait ce que bon lui semblait; mais toutes fois élisaient et faisaient chacun an nouveaux conseillers de leur gent même pour le peuple -gouverner, aussi comme ceux de Home.
g 3. — suite de l Histoire légendaire. établissement
DU RÉGIME MONARCHIQUE. PIIARAMONT. (\eiS 1 ail 418.)
( Chro n. de Sam t Den is, 1 , 4 . )
En ce temps-là, un chef du nom Marchomir entra en France. Ce Marchomir avait un (ils qui avait nom Pharamont : noble chevalier était et preux aux armes. Les Francs, qui voulurent avoir roi aussi comme les autres nations avaient, prirent ce Pharamont par le conseil de Marchomir, son père; seigneur et roi il le firent sur eux et lui donnèrent le pais à gouverner. Ce Pharamont fut le premier roi de France, car jusqu’à ce temps il n’y avait oncques eu roi. Pour ce que Marchomir voulait avoir leur grâce et leur amour, mua le nom de la cité, qui était appelée Lutèce, qui vaut autant comme ville pleine de boue, et lui mit nom Paris, à cause de Paris, l’aîné fils du roi Priam de Troie, de la lignée duquel ils étaient descendus: car tous ceux qui de cette race étaient, en