UN MONUMENT PHÉNICIEN APOCRYPHE DU MUSÉE DU LOUVRE
Nos collections du Louvre ne sont pas demeurées à l'abri des fraudes en matière d'archéologie orientale.
En voici un exemple assez remarquable.
Elles contiennent, depuis de longues années, un prétendu monument phénicien qui n'avait jusqu'ici éveillé aucun soupçon et qui, cependant, est absolument apocryphe. C'est, du moins, ce que je vais essayer d'établir en proposant, si mes conclusions sont admises, sa radiation du catalogue où il figure à un titre doublement usurpé.
Ce qu'il y a de curieux, en effet, c'est
que non seulement l'on n'a jamais mîs en doute son authenticité, mais qu'on croyait posséder en lui Toriginal d'un monument quasi célèbre, depuis le siècle dernier, dans le monde des antiquaires.
Le monument incriminé est inscrit, dans la section des Monuments phéniciens, sous le n** 5 92 de la Notice des antiquités assyriennes ^ babyloniennes y perses, hébraïques, exposées dans les galeries du Louvre (i). La notice en donne la description suivante :
« Scarabée; sur la iace plane on voit gravée en creux une divinité assise sur un trône, devant lequel se tient un adorateur; en haut, un astre; dans le champ, un aleph phénicien et une croix ansée avec anneau circulaire. Au-dessous de cette représentation, une ligne de caractères.
Basalte vert. Long. OyO/{$. »
L'auteur de la notice, M. deLongpérier, n'essaie pas d'interpréter l'inscription. H se borne à renvoyer à divers ouvrages de Passeri, de Murr, de Herder, de Tassie,