‹ Les frères ChantemesseChapitre 55 sur 63 · DEUXIÈME COUPLET · texte numérisé non relu

DEUXIÈME COUPLET

SI de tout son peuple alarmé La douleur Ait sincère, Le plaisir dont il est oharmé En est le vrai salaire* Chantons! chantons! et*

TOCS.

Chantons! ohantonst

Je patte les antres couplets.

Ce sont là d'exécrables vers, on doit en convenir;

Lonison, Fanchon, Babet, Javotte, qui se connaissent bien mieux en légumes et en poissons qu'en poésies de circonstance, font mine do vouloir acheter les cahiers de M. Crincrin; mais elles n'ont pas un sou vaillant.

L'une offre ses boucles d'oreilles en paiement ; l'autre sa croix d'argent; la troisième, sa cornette.

— Prenez I prenez I mesdames, dit M. Crincrin, votre zèle pour notre roi est une pièce de crédit.

— Monsieur, vous êtes ben honnête, répondent-elles arec force révérence*.

Nicaise intervient alors, et en reconnaissance des gros qu'il a cueillis, il dit ou plutôt il chanté ;

A3 : Nous sommes précepteurs d'amour*

Àhî tout cela sera bientôt payé, Car au lieu de venir par le coche, Hoi tout doucement je suis venu à pied, Pai mis la voiture dans ma poche!

étale aux yeux une belle pièe* de vingt-quatre

sols, avec laquelle il régale de chansons tontes les jeunes filles.

— Tenez, leur dit-il, ce sont les dragées du cœur, qa.

— Il a raison, ajoute Babet, ce sont les confitures des bons sujets.

De plus en plus Marivaux !

— R'merci, mon fils, dit Fanchon.

— Ben obligé, mon petit cochon de lait, dit Nanette.

— Merci, mon poulet d'ivoire, dit Javotte.

— J'en gardons trois pour moi, s'écrie Nicaise en montrant les livrets de chansons.

— Pourquoi cela, puisque c'est la même chose? dit Jérôme.

— Ça ne fait rien.

Air : Les cœurs se dorment troc pour troc.

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