‹ Les fresques de BoscorealeChapitre 15 sur 19 · CUBICULUM · texte numérisé non relu

CUBICULUM

Le cubiculum mesurait six mètres de long sur quatre de large; il était divisé en deux parties : la chambre et une alcôve (1 dormitorium ); cette division est indiquée sur le pavé en mosaïque par une ligne de démarcation, et sur le plafond par une différence de construction, plate pour la chambre, voûtée pour l’alcôve.

Les décorations offrent un exemple très heureux de ces peintures de perspective donnant une illusion d’étendue et de richesse que la satire mordante de Martial a si bien caractérisée (III, 58).

L’artiste suivait la mode du jour : le goût des trompe-l’œil, de ces ouvertures simulées par lesquelles le regard est censé plonger au dehors sur des rues fastueuses, sur des jardins délicieux. Ces peintures produisaient une ravissante illusion de verdure, de tranquillité champêtre, et on comprend aisément le succès rapide de ce genre jusqu’au moment où l’exagération et la médiocrité en détournèrent les esprits raffinés.

La décoration de cette chambre a été détachée intégralement. Près de l’entrée :

39 et 40. Guirlandes de fleurs suspendues à la paroi; sur la cymaise des vases d’or.

Mesure : 2m45 Xo"47- Voyei la vignette.

Sur la paroi de droite :

41. Derrière un rang de pilastres à amorces', se dresse un rang de colonnes corinthiennes reposant sur un lambris; elles sont censé être en stuc rouge, ornées de rinceaux dorés en relief et d’un semis de fleurons aux corolles incrustées de pierres, fines. Ces colonnes supportent une cymaise décorée de masques scéniques de Satyres. A travers cette luxueuse construction, l’œil plonge au dehors. Dans la première section, au milieu d’un enclos sacré, s’élève un temple (la porte, richement ornée, est fermée) accosté d’un autel et d’une colonne surmontée d’une statuette de déesse ailée (Artémis), tenant deux flambeaux; de chaque côté, deux énormes vases cylindriques, ressemblant à des margelles de puits et plantés d’arbustes (puteulia ?). Au loin, un enchevêtrement de maisons, de terrasses, de portiques, de balcons et de jardins suspendus (horti pmsiles).

Dans une seconde section se voit, au premier plan et dans un espace carré, de chaque côté, un banc de marbre sur lequel est déposée une hydrie en or; au centre, un autel allumé, au pied duquel est déposée une offrande de fruits. Au fond, entre deux pans de murailles, une grille en bois. A l’arrière-plan se dresse un édicule paré de verdure, d’un masque de Silène et de draperies ; il supporte, sur la corniche, un bouclier et deux vases dorés et abrite une statue dorée d’une Diane ou Hécate lucifern ; c est la gardienne de la maison. Cette figure porte le carquois en bandoulière et tient dans ses mains levées deux flambeaux; un voile léger lui couvre la tête et les épaules. Au pourtour, des arbustes et une tenture sombre tirée devant la statue.

Dans la troisième section est répétée en sens inverse et avec de légères variantes la décoration du premier panneau.

Mesure : larg. : 3” 83 X haut. : 2m 45. VoyeipL X.

. Comparez les peintures de la « Casa di Salluslio » Mau, pl. II.

42. Sur la paroi opposée, le même portique se répète (sur la cymaise : masques de vieux Silènes). Sur les panneaux, à peu près les mêmes décorations que sur ceux de la paroi de droite : les deux panneaux latéraux nous transportent au loin, grâce à une perspective hardie, à travers un coin de ville, où des temples, des édifices superbes, des jardins sacrés alternent jusqua perte de vue.

Le panneau du centre, d’une disposition identique à celui de la paroi de droite, a, sous l'édicule, une statue de Nymphe champêtre, tenant un plateau chargé de fruits, étendant la main droite avec un geste de protection. Sur la cymaise de l’édicule ricane un masque de vieux Silène, chef-d’œuvre du genre.

Mesure : 3"1 83 X :

Voyei la vignette.

43-45. De chaque côté de l’alcôve était représenté, avec de légères variantes, le sujet suivant :

Un enclos sacré, circonscrit par un portique à double rang de colonnes corinthiennes cannelées. Au centre de la cour, un temple circulaire monoptère à douze colonnes corinthiennes, ornées de rinceaux en relief ; l’entablement est garni de crochets servant peut-être à suspendre des festons ou des objets de culte. L’entrée principale du portique fait face au spectateur; elle est fermée par une tenture de couleur sombre, devant laquelle on voit un autel chargé d’offrandes (fruits, branches de laurier entrelacées ou guirlandes de fleurs) et au pied de l’autel un encensoir en argent dont la forme élégante et l’ornementation exquise font penser au thymiaterion de travail grec récemment trouvé à Tarente et publié par M. Patroni1. M. Hittorf2 a comparé un temple analogue d’une autre peinture pompéienne avec le temple de Pouzzoles et avec cet édifice de Pompéi

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