SCÈNE PREMIÈRE
Paraissent L’ALCADE-MAYOR et ESTEDAN.
l’alcade.
Sur cette terrasse, nous serons seuls. Parle, à présent.
ESTEBAN
Seigtieur alcade, je crois que nous tenons don Manuel.
l’alcade.
L’infunI !
Oui.
ESTEBAN
i FüiNÉKAILLES DE l’hONNEUR
l’alcadk.
Si tu dis vrai, demande-moi ce que tu voudras. Comment l’as-tu déniché ?
ESTEBAN
Ce serait trop long à vous conter dans ce moment. Vous savez bien, ce petit page?
L’ALCADE
De dona Florinde?
ESTEBAN
Que j’avais remarqué pour aller et venir un peu souvent? que j’avais suivi? inutile; je ne sais pas comment il s’y prenait, mais il vous entortillait dans les ruelles, et, tout à coup, à l’angle d’un mur, il disparaissait, plus de page, le diable l’avait escamoté. Ça devenait monotone. Donc, un soir, il y a huit jours, au lieu de trouver sur sa roule des hommes, il y a trouvé une femme. Seize ans, et des yeux! Si bim que, celle fois, au lieu de fuir, il a poursuivi. Je vous passe les détails. La fille reconduite chez elle; ardeur du page, vertu de la fille; huit jours là-dessus...
l’alcade.
L’amour du page devenu de la passion.
ESTEBAN
Us se voyaient tous les jours. Ce matin, colère de la fille : elle s’était informée du page et venait d’apprendre qu’il sortait mystérieusement toutes les nuits. Où allait-il? chez quelque maîtresse^, sans doute. Jalousie, fureur, défense. de jamais reparaître. Le page a juré énergiquement qn’il n’allait chez aucune femme ; mais elle a haussé les épaules et a montré sa porte. Alors il lui a dit qu'il allait chez l’inftnt. Elle ne l'a pas cru sans preuve. L’amoureux, après lui avoir fait promettre solennellement le secret, lui a dit de venir le soir même à une maison qu'il lui a indiquée, et qu’il lui ferait ^ voir l'infant. Et voilà, seigneur alcade, à quoi servent les femmes.
l’alcade.
Partout où il y a une femme, il v a la perte d'un homme. ^