ACTE II
n'a voulu me servir contre don Pèdre. Alors, je me suis dit qu'il faudrait quelqu’un à qui don Pèdre eût fait un tel outrage qu’il n’y eût plus de roi, qu’il n’y eût plus qu’uiie offense et une épée. Vous punirez l’insulteur, je vous connais, mon mari vivra. Mais j’aimerais mieux qu'il vécût par un autre moyen. Ne me forcez pas à cette action. Faites que l’infant ne meure pas^ et je vous jurerai que votre mère n’a rien dit à l’alcade. Votre mère est un ange, voulezvous?
DON JORGE
J’attends que vous me parliez.
DONA FLORINDE
Mais je vous parle, don Jorge!
DON JORGE
Non. Hier, vous me dites que je n’ai plus d’honneur, et, ensuite, que vous avez un secret à me révéler. Vous me faites venir la nuit, comme si ce secret redoutait le soleil. Et quand j’arrive, plein d’iuqiiiétude et de colère, vous me racontez je ne sais quoi, la mort de l’infant, des choses insignifiantes. Que m’importe votre infant? Je ne suis pas venu pour causer de votre infant. Vous m’avez mal parlé de mon honneur. Vous allez me dire ce que vous savez, et vous allez m’en donner la preuve. Je le- veux, entendez-vous! Dona Fiorinde, c’est un homme sombre qui est devant vous. Le secret et la preuve ! Tout de suite! Votre infant, je lui pardonne, il m’est indifférent ; je l’aime beaucoup, 'mais, si vous prononcez son nom encore une fois, j’irai le poignarder dans sa prison !
DONAFLORI.NDE,
Ah ! vous le voulez.
Oui, je le veux!
DONA FLORINDE
Eh bien !
DON JORGE
Eh bien?
28 FUNÉRAILLES DE l’hONNEUR
DONA FLORINDE
Vous avez votre épée?
DON JORGE
Oui, je l’ai!
DONA FLORINDE
Si je ne parle pas, vous n’aiderez pas l’infant?
DON JORGE
Si vous ne parlez pas, j’aiderai le bourreau!
DONA FLORINDE
C'est bien. Mettez>vous là, et regardez. (eIIo le pousse derrière un piljer.) Zorzo ! (Zorzo entre. Doua Floriode se cache avec don Jorge.)