‹ Les funerailles de l'honneur drame en sept actesChapitre 5 sur 71 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

DONA BEATRIZ, vivcmenl.

Si ! c’est à cause de cek !

Mais il y a une trêve.

DONA BEATRIZ.

N’importe! Don Sanche est si bizarre! Il exagère tout. C’est à cause de ton retour ! certainement !

DON JORGE

Non, ce n’est pas sa raison. Je me rappelle maintenant que...

DONA BEATRIZ.

Tu vois qu’on peut se rappeler une chose tout à coup!

DON JORGE

Je me rappelle qu’il m’a parlé de mon retour et qu’il m’a dit que j’avais bien fait de revenir. Il a môme insisté là-dessus.

DONA BEATRIZ.

Ah I il a insisté?

EON JORGE

Oui, il m’a répété plusieurs fois qu’il se réjouissait de mon arrivée, que j’avais été absent assez longtemps, qu’il ne fallait plus repartir, que ma place était ici.

DONA BEATRIZ.

Il t’a dit que ta place était ici?

DON JORGE

Ainsi, ce n’est pas mon retour qui l’a empêché de venir ce soir.

DONA BEATRIZ.

C’est l’engagement qu’il avait ailleurs. 11 eu avait un évidemment. Puisque tu t’es rappelé, aussi toi, ce qu’il t’avait dit de ton retour I II avait promis, il ne pouvait pas manquer, il est pardonnable, seulement, à ta place, je n’irais plus chez lui. Il viendra une

FUNÉRAILLES DE l’hONNEUR

autre fois. Ou U ne viendra pas. Que nous importe don Sanche ? Est-ce que la maison est vide sans don Sanche? Pour moi, avec toi seul, elle est pleine. Oh I je ne demande pas à te suffire, mais je voudrais cependant exister un peu pour toi et que, quand tu me revois après une si longue absence, tu pusses te contenter de moi au moins les premiers jours. Nous allons rentrer ensemble, et tu vas voir comme on refuse de venir chez nous, et la foule t’étouffera pour ta peine de trouver la maison vide, et tu seras cordial aux ac« clamatiuns, et tu ne penseras plus à don Sanche, et tu seras joyeux. Tu sais, je t’ai toujours reproché d’être trop grave, de ne pas aller avec ceux de ton âge, de faire froide mine aux divertissements, de donner à tout l’âpre figure du devoir. Je te serais si reconnaissante d’être heureux ! Oh ! moi, si ton bonheur dépendait du mien, je voudrais n’avoir jamais un chagrin ! Rentrons.

DON JORGE

Rentrons, ma mère, (ils vont vers Ic palais. Doua Florinde entre précipitamment. En voyant don Jorge, elle va à lui.)

rONA FLORINDE.

Don Jorge ! je vous cherchais.

* DONA BEATRIZ. '

Dona Florinde ! Oh ! viens !

DONA FLORINDE, à don Jorge.

Il faut que je vous parle.

DON JORGE

Ma mère, je vous rejoins.

DONA BEATRIZ, à part.

Cette femme ici ! Pourquoi ? (Elle sort.)

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