ACTE VI
DOMA BEATRIZ.
Je ne sais pas ce que vous avez contre moi. Je ne pensais même pas à don Jorge. Je ne pensais à personne. Je vous dis : Si on avait de mauvais desseins? Je ne vous dis pas : On en a. Mais vous aimez à me torturer.
LE ROI
Vous m'assurez que don Jorge ne rêve rien de mal?
DONA BEATRIZ.
Mon fils ! pourquoi pas moi?
LE ROI
Ni personne, à votre connaissance?
DONA BEATRIZ.
Est-ce que je ne vous préviendrais pas?
LE ROI
En effet, vous ne me laisseriez pas surprendre, même par votre fils. Je crois qu'il n’y a nul danger. Je ne prendrai pas de précautions.
DONA BEATRIZ.
Bon ! voilà que vous n’ allez plus vous garder à présent ! Vraiment, vous ne savez qu’imaginer pour me faire souffrir.
LE ROI
Voyons, tu sais quelque chose?
Non, rien.
LE ROI
S’il y a un danger, vous le connaissez. Alors, je peux être tranquille. Je n’ai pas dormi la nuit dernière et je sortirai encore cette nuit, je vais prendre un peu de repos. Je m’en rapporte à vous. Aveuglément. A bientôt, dona Beatriz. Du moment que vous me dites
FUNÉRAILLES DE l’hONNEUR
qu'il n'y a rien, je suis tout à fait sans inquiétude. Tenez, je vais laisser ma porte ouverte.
OONA BEATRIZ, à part.
Ciel !
LE ROr. ■
A bientét. (il sort.)