SCÈNE IV
DONA BEATRIZ, seule.
Il fallait les éloigner, ils nous auraient entendus, et je n'aurais pas pu parler à Jorge. Leur présence ne l’aurait pas arrêté, il est si brave ! L'essentiel est que je lui parle ; je lui dirai des choses très-sensées, très-calmes, je me traînerai à ses pieds. Ah ! pourquoi le roi n'a-t-il pas voulu me promettre de faire grâce, je lui aurais dit la vérité. Mais je ne pouvais pas pourtant livrer mon fils. Et alors, je livre le roi. Jorge va venir, le roi est endormi, pas de précautions, tout cela est terrible. Et maintenant que j’ai éloigné du roi tous ceux qui pouvaient le défendre, maintenant que je l’ai rassuré, et qu’il dort, et que sa porte est ouverte, si Jorge n’allait pas m’écouler! Oh ! il m’écouterai S’il ne cédait pas? Est-ce que c'est possible ! Ce serait donc moi qui frapperais don Pèdre ! quelle folie ! Je dirai à Jorge que c'est moi qui ai éloigné Mudarra ; alors il sera bien obligé de s’arrêter ; il est libre de commettre les actions qu’il veut, mais il n’a pas le droit de m’en faire complice ; je n’ai pas envie de tuer don Pèdre , moi ! J’expliquerai cela à don Jorge, il est intelligent, il comprendra, tout va s’arranger, je suis bien malheureuse. Ces choses-là peuvent donc arriver! Lui contre lui ! Si je ne persuade pas Jorge, que ferai-je ? Appeler ? dénoncer mon fils ? jamais ! Et cependant puis-je le laisser agir ? O mon Dieu ! ne pouvoir ni parler ni me taire I Mou silence tue le roi, mes cris tuent mon enfaut! (Entre don J.orge.) Ah !
FüNIÎRATLLES DE l’hONNEUH