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Les Gabriel: recherches sur les origines provinciales de ces architectes

II. y a deux ans, nous avons eu Thonneur de vous parler de Maurice Gabriel, constructeur et décorateur de la charmante chapelle de la chanoinerie de Carrquges.

Sous la dénomination d*architçcte d^Argentan, il fut chargé, de 1632 à 1647, de restaurer le château de Jacques Le Veneur, comte de Carrouges.

Le nom de Gabriel, cité maintes fois dans la notice publiée par nous en 1893, ne pouvait manquer de nous remettre en mémoire celui de ces fameux architectes auxquels on doit, à Paris, le pont Royal, les colonnades de la place de la Concorde, TÉcole militaire, et tant d^autres travaux importants aussi bien à Paris qu*en province.

Nous nous sommes même demandé s*il n*y avait point entre ces Gabriel d'Argentan et les Gabriel de Paris quelque lien de parenté.

Déjà, en 1878 (Bulletin de la Société de VArt français)^ M. A. de Montaiglon soulevait la question d'origine des Gabriel de

Paris et demandait sMI n^éiait pas possible de les rattacher à uùe famille d*architectes de cô nonoi établis en Touraine. Nous lui empruntons les lignes suivantes : u Parmi les familles les plus u fréquemment honorées du parrainage de Raôan, de sa femme et « de ses enfants, on peut remarquer une famille Gabriel» dont les Cl chefs sont d^abord qualifiés maçons, puis tailleurs de pierre et « plus tard architectes. De cette famille sortirent, du vivant de (( Racan, Jacques et Louis Gabriel, nés à Saint^Paterne, qui se dis- * tinguërent à Paris comme architectes. Jacques» devenu architecte tt du Roi, fut chargé de bâtir le châteliu de Choisy et commença la tt construction du pont Royal. Son fils, nommé comme lui Jacques, « fut Tun des continuateurs du Louvre; enfin, on doit à Jacquestt Ange, fils de ce dernier, né en 1710*, les bâtiments de l'École tt militaire et les colonnades de la place de la Concorde (Chalmel, 4 Histoire de Touraine, t. IV).

a Dans une lettre à Chapelain (lettre 11 de Tédition de Tenant tt de Latour), Racan fait un singulier usage de son maître maçon : tt II faut que je ménage le temps qui me reste, dit-il, pour mettre « mon Cantique de Judith au net ; je le viens d'achever, et je vous a l'enverrais si j'avais mon maître maçon pour le transcrire, v tt Ainsi le maître maçon faisait office de secrétaire. Selon toute « apparence, c*est cette famille Gabriel qui a construit, sous la tt direction de quelque habile architecte, le château de La Roche, tf et elle a dû y gagner elle-même ses crayons d'architecte.

tt Le château fut édifié vers 1634. M. Laiice dans son Dictiontt flaire des architectes français ^ M. Lot dans Tun des volumes de tt documents de notre Société, ont déjà très avancé la généalogie tt très compliquée de la famille des Gabriel. Mais la question d'oritt gine n'est pas encore éclaircie; est-elle réellement tourangelle, tt comme l'affirme M* de Sourdeval? Est-ce une seule famille ou «deux familles d'architectes? Il faudrait pour cela étudier à ce tt point de vue les registres de Saint-Paterne, établir d'après eux la tt généalogie des Gabriel de Touraine et arriver à les relier très « exactement avec les Gabriel de Paris, n Dans les Archives de V Art français divers articles ont été

* Ghalibel se trompe. Ange-Jacques Gabriel fut baptisé le lendemain de sa naissance» à Téglisè Saint-Eustache de Paris, le 24 octobre 1698. Moir Bulietin de ta Société dé t' Art français, 1876.

insérés; nous avon» consulté les auteurs qui nous semblaient les plus accrédités, Lance, H. Lot» etc. Au milieu de ces lectures con'^ tradictoires nous n'avons point tardé à nous apercevoir que nous avancions sur un terrain glissant qui, peut-être, ne pouvait tardera se dérober complètement. Voici, du reste, le résumé des recherches connues sur les Gabriel et publiées par les Archives de VArt français en 1891 (bulletin de février et mars), articles de M; J.-J. Guiffrey : ci Depuis que Lance a tenté le premier de faire la lumière «dans la généalogie embrouillée de cette dynastie d'architectes u portant tous le même prénom, bien des pièces ont été mises au a jour, bien des faits inconnus découverts; il s'agirait maintenant tt de les classer et de les grouper pour ne pas s'exposer à des a redites et à de nouvelles confusions.

« Dans une notice d'une critique serrée ', M. H. Lot, grâce aux tt documents publiés par M. Bouriat, propriétaire de l'ancien tt domaine des Gabriel, à Villeneuve-Saint-Georges^ grâce aussi tt aux pièces recueillies aux Archives, est parvenu à fixer d'une «manière définitive plusieurs points importants : 1* Jacques a Gabriel, le premier connu» celui qui travaillait aux travaux de « Versailles dès 1668, est mort à la fin de 1686, dans les derniers ^ a jours d'octobre ou ab commencement de novembre. 2* U laissait tt une fortune considérable pour l'époque» soit près de 400,000 liv:, tt représentant aujourd'hui plus du triple. 3"* Sa veuve, Marie de al'Isle, parente des Mansard, épousa en secondes noces Gilles de tt Juigné* 4f" Le fils de l'architecte mort en 1686, Jacques Gabriel, u né le 6 avril 1667, d'après Lance, fut émancipé à la suite d'un tt avis de parents, rendu le 3 juillet 1687, pour lui permettre d'acu quérir la charge de contrôleur général des bâtiments devenue tt vacante parla mort de Michel Hardouin.

a Tous ces points sont définitivement acquis. En voici d'autres «aussi certains : Le fils de Jacques Gabriel, Jacques-Ange, le plus tt illustre représentant de la famille, Tauteur des belles construc- M tions de la place de la Concorde et de TÉcole militaire, était né & en 1699, suivant certains auteurs; mais cette date avait été con* tt testée, et Lance n'avait pu tirer la question au clair. Depuis tt Timpression àe son Dictiotifiairej nous Avons retrouvé et publié

Nouvelles Archives de t Art français, 1876, t. IV, p. 816 à 352.

a Tacte de baptême. de Jacques-Ange ; cet acte fixe sa nai^ance ,au tt jeudi 23 octobre 1698. 11 fut baptisé, le lendemain à Saint-Eusa tache et. eut pour parrain son grand-père Mathurin Besnier, et, tt pour marraine Marie de Tlsle, la mère de son père.

tt Remarquons en passant que dans toutes les pièces anthentitt ques publiées de divers côtés, avis de parents, actes de bap- , « tême, etc., Tarchitecle né en 1667, que tous les biographes s'ob- « stinent à appeler Jacques Jules, ne porta jamais que le prénom. tt de Jacques, comme son père; de là des confusions incessantes. u C'est le seul nom qui lui soit donné dans les lettres d'anobli.ssett nient qui lui furent accordées en mai 1704, lettres que nous «avons jadis publiées \ aussi bien que le brevet de chevalier de « Saint-Michel qui lui fut accordé en 1722... Jusqu'ici, le^ auteurs tt cités ont bien débrouillé la biographie des trois derniers Gahriel ; tt mais aucun d'eux n'est remonté plus haut, et les origines de Ten- « trepréneur de Versailles sont encore enveloppées d'une profonde tt obscurité. Des questions, posées dès 1878 par M. de Montaiglon u et M. de Grandmaîson sur une tradition qui ferait venir de Tours tt la famille des Gabriel sont toujours restées sans réponse. Il nous tt rçsteà rectifier quelques-unes des hypothèses suggérées à Henri tt Lot pour Texamen des pièces publiées par lui. II suppose que tt Maurice Gabriel, cousin paternel, pitédans Tacte d'émancipation tt de 1687, serait fils d'un autre Maurice, frère problématique du tt premier Jacques, Pourquoi introduire ici un personnage dont ' « aucun document ne révèle l'existence, quand il est si simple d'adtt mettre que Maurice est le fils de Charles Gabriel, cet oncle tt paternel qui comparaît aussi dans le conseil de famille du tt 3 juillet 1687? Dès cette époque, Maurice Gabriel, plus 4gé que tt son cousin, < — il était majeur en 1687, comme sa présence au tt conseil de famille le prouve, — était chargé de travaux considératt bles dans les bâtiments, et son iiom revient fréquemment dans les tt comptes à partir de 1686. Il aura obtenu de Jules Hardouin la tt succession Axx premier Jacques Gabriel; c^v, dès Tannée 1686, tt il reçoit un payement de près de 300,000 livres pour les travaux tt de la place Vendôme, et une somme égale l'année suivante, sans tt préjudice des sommes payées pour ses ouvrages à Versailles et

» Revue historique et nobiliaire de Duuoui«iN, 1873, tirage à parf.

tt 9UX Rèsevvoks^. Maurice Gabriel, probablemeat fils de Charles, tu anssi architecte et entrepreneur des bâtiments du Roi, est donc un a personnage d*lmportance» au moins comme entrepreneur. »

a Autre sujet de confusion : dans Tacte d'émancipation de 1687, tt le curateur du mineur est un Jacques Gabriel, cousin du ^de tt cujMSj également architecte et entrepreneurdes bâtiments du Roi. tt Henri Lot a fait figurer dans son tableau. généalogique ce Jac- « ques Gabriel comme frère du Jacques mort en 1686. C'est inadu missible pour deux motifs : il est qualifié dans notre acte de a cousin et non d'oncle. Peut-être était-il frère de Maurice \ dont « on vient de parler, et fils de Charles. La seconde raison pour tt repousser la parenté proposée par Henri Lot est que, quelle que « fut la prédilection de l'auteur des Gabriel pour le prénom de tt Jacques, il ne l'eût pas donné à deux. frères, sous peine de contt fusion perpétuelle, tandis qu'il est tout naturel que Jacques le tt père, après avoir transmis son prénom à son fils, l'ait aussi donné tt à un neveu dont il était peut-être le parrain. Jl reste maintenant tt à élucider les origines de la famille Gabriel. D'après le livre de tt |il. de Grandmaison sur les artistes de la Touraine, elle saurait eu « son berceau dans le bourg de Saint-Paterne, aux environs de tt Tours; mais on est jusqu'ici réduit aux hypothèses, et il serait tt utile d'entreprendre des recherches sérieuses sur ce point. »

On voit que s'il est des points précis, bien d'autres deqieurent incertains on non acquis à l'histoire. En effet, comment se reconnaitre dans toutes les probabilités émises dans le Dictionnaire Ae. Lance, qui le premier a essayé d'éclaircir ces origines si obscures? H. Lot, de son côté, a publié des docu^ments des archives pas assez nombreux pour établir sûrement les liens de parenté. Tant qu'au Dictionnaire de BauchaP, nous ne le citons que comme mémoire

1 Par les documents que nous publions, il est certaînément frère de Jacques, époux de Marie Fontaine; mais rien ne prouve qu'il soit fils de Charles. Au contraire, tout semble indiquer que Jacques et Maurice sont issus d'un autre Maurice.-

• Cet auteur, dans sou Dictiomiaire biographique et critique des architectes français, publié en 1887, dit que Lance a tout confondu, ignorant les conseils de famille ou avis de parents conservés aux Archives et publiés pour la première fois par Henri Lot en 1876. Heureusement que Lance ignorait les conseils de famille tenus en 1686 et 1687, car s'il les eût interprétés comme Bauchal, nous ne savons quels noms fantaisistes seraient sortis de. sa plume. Où Bauchal a-t-îl , trouvé : Charles Gabriel, probablement fils de Maurice ; François-Maurice Gabriel, probablement frère de Jacques, etc.? Ces noms ne figurent dans aucun

ajQssi; vu Tinsuffisance dedocufoents, on ne pouvait dresser an arbre généalogique des Gabriel.

Nous avions pensé trouver, dans une notice qui vient de paraître, clesrenseignemenls^r^m einouveaux^ d'autant qu'elle était le résultat d*un concours'; lit aussi nous avons retrouvé la mémo généalogie que celle donnée par Bauchal. Pourquoradmettre que Charles Gabriel soit frère deMaurice, quand aucun document ne peut même le faire supposer? Nous serons rapide dans Pexposé des lon^iues et minutieusesrecherchesquenous avons faites en vue de cette session.

En 1600, le !•' avril, liabitait à Argentan (Orne) un architecle nommé Jacques Gabriel; sa présence est signalée dans un acte notarié relatant un marché passé u entre Maistre Maurice de tt Droulin, seigneur des lieux de Chanteloup, Mesnil-Glaise, etc., «et Maistre Gilles Lépron, cherpentier ». Ce dernier s'obligeait envers ledit seigneur de lui faire : a La cherpentrie d'un corps «de logis flanqué de deux pavillons, au lieu d'Avoynes (près tf d*Ecouché, Orne), le tout suivant le devis et pourtrai^^t qui en a a esté faict... et ce pour la somme de cent douze esciis, trois escus tt de vin, une pipe de cildre et le logement des ouvriers... En pré- « sence de Maistre Jacques Gabriel architecte, demeurant à » Argentan. « (Tabellionage d'Argentan.)

Jacques Gabriel était sans doute l'architecte de Maurice de Droulin, et c'est à ce titre assurément qu'il assistait au marché de la charpenterie du château d'Avoynes.

Depuis combien de temps était-il établi architecte à Argentan?

Son mariage dans cette ville est antérieur au 18 décembre 1600*; il avait épousé Marie Duno, a Glle de defifunt maistre André Duno, couvreur', et de Advertine Godard » .

La veuve Duno vendait, le 10 septembre 1601, a une pièce de tt terre située en la campagne d*AIençon joignant d'une pari le

apte des Areluves nationales, que nous avons cependant compulsés avec soin.

* Pages d'histoire : les œuvres et la vie de l'archilecte Gabriel, 1710-1782. {Société des Etudes historiques, i^^Z.)

' Marie Duno, femme de Jacques Gabriel, était marraine, le 18 décembre 1600* de Anne Olivier, fille de Tarchitecte, baptisée à Argentan.

' Jean et Jacques Duno frères, fils et héritiers de defTunct maistre André Donc, tivant maistre couvreur, s'engagent de couvrir d*ardoises toutes les choses 6t piarties contenues au cootrat fait avec lé dit dèffunct au. sujet du cbâtean de Silly^ (Tabelliouage d'Argentan, 18 décembre 1597.)

« chemin tendant du pont de Fresné à Âlençon \ en présence de u Jacques Gabriel * ; il était^alors son gendre *> .

Nous savons, diaprés Tabbé Laurent et Delaquerière, que sur les plans de Jacques Gabriel, architecte d'Argentan, s-élevèrent, en 1604!, les maisons et boutiques construites sur remplacement du vieux cimetière de cette ville, et que furent édifiés à Rouen les bâtiments de Tancien Hôtelde ville, dont la première pierre fut posée le 28 juin 1607.

En 1609, il travaillait à Argentan à la construction des voûtes du collatéral tournant du chœur de Téglise Saint-Germain. Il s'était trouvé en concurrence, pour ce travail, avec Guillaume Cresté, architecte'. Ce dernier était-il également d'Argentan? Il achetait, en 1601, une maison sise rue de la Poterie; et nous le trouvons encore signant comme témoin en 1628, le 27 janvier. Il devait être très vieux, car sa signature n*est plus reconnaissahie, tellement elle est tremblée. Voici celle que nous trouvons à son achat de maison, planche l, figure 1.

Guillaume Cresté^ architecte, avait été, avec son confrère Olivier*, chargé, en 1596, de dresser les plans des travaux qui restaient à &ire à Téglise Saint-Germain d'Argentan. Pour salaire de trois jours qu'ils employèrent à ce travail, ils reçurent onze livres quinze sols, et, pour vin de marché, trois livres quinze sols. Les officiers de la ville s'engagèrent en outre à leur donner une gratification de neuf livres. En 1598 et 1599, ils dirigèrent Texécution des travaux dont ils avaient fourni les plans, et reçurent pour salaire» Cresté trente^-trois livres par mois, et Olivier vingts-cinq livres.

^ Le Pont do Fresae est situé commune de t)amîgny, arrondissement d'Aletiçon. . * On trouve dans tes registres des notaires d'Argentan un Jacques Gabriel, fils de Robert, de la paroisse de Lpnlay-^le-Tesson (Orne, arrondissement de Domfrônt, canton de la Ferté-Macé), qui vend, avec Gabriel Bellenger, 50 livres de rente à Noble Guillaume de Vigneral, le 11 janvier 1610. Ce Jacques es(-il celui' dont nous nous occupons? ;

' Guillaume Cresté, dont le nom se trouve dans le Dictionnaire de Lance, était encore arcbitecte à Argentan le 27 août 1628 ; il a dû mourir dans celte ville. Sa veuve s*y remaria, le 3 février 1636, à Jacques Le Fessier. (Registres d'Argentan.)

. * Thomas Olivier, architecte à Argentan, en 1596, avait épousé Perrine Letellier. Leur fille, Anne Olivier, baptisée le 18 décembre 1600, eut pour marriiine Marie Duno, femme de Jacques Gabriel, aussi architecte à Argentan. (Registres de Saint-Germain d'Argentan.) • t

Cresté constiuisit, en 16p6, pour le prix de mille livres, les arcs-boiitants du chevet de Téglise. L*année suivante, il fit la voûte du chœur et reçut, pour ce dernier travail, six cent soixante-dixhuit livres. (L*abbé Laurent, Histoire de l'église Saint-Germain d'Argentan; et Delaqderière, Étude sur Vancien Hôtel de ville de Rouen.)

Nous relevons sur les registres d'Argentan quatre naissances d'enfants issus de Jacques I Gabriel, architecte à Argentan, et de Marie Duno, à savoir :

!• Maurice I Gabriel, baptisé le 25 juillet 1602. Il eut pour parrains a maistre Maurice de Droulin, seigneur de Chanteloup, « Mesnil-Glaise, Avoynes," etc., advocat au uicomté d'Argentan et « d'Ex mes, lequel a imposé le nom; maistre François Gabriel.* et Il demoiselle Catherine Avesgo, femme de noble Pierre de Sainltt Clair, advocat» .

Nous devons voir dans^la présence et acceptation au baptême de personnes aussi nobles, et dont les titres- avaient autrefois tant de valeur, uiie marque de grande estime pour Jacques I Gabriel.

2° Jacques II Gabriel, baptisé le 16 octobre 1605» nommé par Pierre Lami, qui a imposé le nom; NoëlFacetet Advertine Godart, veuve de maistre André Duno.

3*» Perrine Gabrielle, baptisée le 18 juillet 1608. nommée par Catherine Le Mouton et honnête homme Gilles Biard, Taîné, sieur du Rocher, et Perrine Duno, femme de Noël.Facet.

4"* André Gabriel, u fils de maistre Jacques Gabriel, masson », baptisé le 2 novembre 1010, nommé par honnête homme Jehan Matrop, fils d'Estienne, qui a imposé le nom; Denis Meslay et Marie Badouère, fille de Jacques.

Jacques Gabriel, premier du prénom, architecte à Argentan, était décédé avant le 7 janvier 1628'. Sa signature est reproduite pi. I, %. 2.

Malgré nos investigations, nous n*avons pu découvrir Tacte de

^ Le degré de pareatéde maître François Gabriel (sans doute aussi architecte) n'est point indiqué dans i*acte de baptême; est-il le grand-père ou l'oncle de Tenfant? Nous pensons pouvoir établir d*ici peu, en poursuivant nos recherches, de quelle contrée sont les ancêtres de Jacques I Gabriel.

* Marie Duno, veuve de maître Jacques Gabriel, architecte, était marraine, le 7 janvier 1628, de Jacques Facet, fils d'André. (Registres d'Argentan.)

partage de ses biens; deax de ses fils, Jacques II et André, nés à Argentan, ne figurent pas sur les registres des notaires. Aucun acte ne peut nous laisser entrevoir ce qu1ls sont devenus, àTexceptiôn d*un contrat de mariage d'une fille de Maurice I Gabriel, reconnu en 1651 à Argentan, en présence d'un Jacques Gabriel^ architecte , demeurant à Saint-Paterne^ en Touraine. (Pièce justificative E.) C'«st probablement celui né en 1605.

Quant à Maurice I Gabriel, il resta à Argentan, et succéda à son père, comme architecte, dans la contrée. Ce titre d*architecte, il le portait^déjà le 4 octobre 1628^; il n'avait alors que vingt-six ans.

Il épousa, à Argentan, Catherine Richard, fille de Mary Richard et de Marie Le Fessier, bourgeois d'Argentan. Leur contrat fut reconnu devant les notaires dé cette ville^ le 28 juillet 1632. (Pièce justificative A.) Leur premier enfant, une fille, reçut le taptème le 12 mai 1633 '.

Dans les actes, Maurice I est indifféremment quali6é de «màistre tt masson *, de maistre sculpteur ' et de maistre architecte ».

1 On disait alors Saint-Pater. Ce charmant pays, arrosé par l'Ëcotols, a été illastré par la célébrité du poète de» Bergeries, Honorât de Bueil, seigneur de Racan, dont le château, situé sur le bord d*un coteau aplani en terrasse, fut bâti, dit-on, par un Gabriel. Nous trouvons en effet « Jacques Gabriel, masson, demeurant à présent (le 24 décembre 1638) paroisse de Saint-Puter t . Le château qu'a si bien décrit M. de Sourdeval appartient aujourd'hui à M. Gautier, de Paris.

Dans la notice si concise de M. de Sourdeval pubUée dans le Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles^Lettres d* Indre-et-Loire, \' auteur contredit avec raison Tallemant des Réaux préfendant que le premier des de Bneil qui avait porté le surnom de Racan était le poète du dix-septième siècle. Une quittance du 26 janvier 1572, conservée à la Bibliothèque nationale, pièces originales 549 et 550, dont un volume est entièrement consacré aux de Bueil, est ainsi conçue : < Louis de Bueil escuier sieur de Racan Enseigne de la compagnie des soixante lances des ordonnances dont a la cliarge M. le duc de Montpensier a reçu 250 liv. pour son quartier comme homme d'armes. >

* « 1628. Le 4 octobre, baptême de Marie Dnno, fille d'André et de Françoise Bernier, nommée par Advertine Duno, femme de Guillaume Provost, et Maistre Maurice Gabriel, architecte. »

^ Voir, pour son baptême, les enfants de Maurice I Gabriel, p. 488.

* < 1631. 29 janvier, baptême de Jacques Guiboult, fils de Jean et de Perrine Gabriel, nommé par Maurice Gabriel, masson, et Magdaletne Guiboult, femme de Jacques Bigot, de la pârroisse de Fontaines. »

N ^ < 1645. 12 juin, baptême de Anne Gabriel, Glle de Maurice Gabriel, maistre stiracteur,* architecte, et de Catherine Richard, nommée par Anne Le Frecyer, femme de Jean Pitrouil, peintre, et Marie Le Charpentier. «

lilaul'içe liiabn^I, li3 29;iia«einbre 1631, lit; marché pour achever le gr09 clocher de Téglisç Saint-Germain d^Argeotan ; il recevait pour sçs honoraires vingl-ciâiq^^oU pftr. jour. avec liberlé de consacrer deux heures par cha()ne joar aux ateliers qu*il pourrait entreprendre*.

Ot^s 1634, il était occupé comme tfrcbitecje au château de Car-* ronges, ainsi que nous Tavon^ établi dans un précédent mémoire-'i

Tout ce quesoQ ciseau de manouVfier a fouillé, tant au château de Carrpuges qu*à la charmante petite chapelle de la chanoinerie, suffit pour qu*à la dénomtpation de niaislre massôn on poisse lui adjoindre celle d*adroit «rtc^/^ur.

Haurice I Gabriel, architecte, natif d'Argentan, mourut du 28 juillet au 3 novembre 1649, âgé seulement de Quarante-sept ans«^ . ; Nous ne savons si $on inhumation eut lieu à Argentan^ car il possédait une propriété, qu*il agrandissait encore peu de temps avant sa mort, dans la paroisse de Toumay-sur-Dives ^ Les registres de cette paroisse n^existeqt plus avant 1660.

La dernière signature de Maurice I Gabriel, relevée sur les registres, est du28 juillet 1649; elle est un peu différente du seing qu'il apposfiit ordinairement et que nous donnons, planche I,* figure 3; la figure 4 est \^ fac-similé de sa dernière signature.

Sur les registres dé Téglise Saint-Germain d'Argentan, nous avons relevé sept naissances d'enfants de Haurice I Gabriel et de Catherine Richard; elles sont :

1* Louise Gabriel, baptisée le 12 mai 1633; elle épousa Guil-. laume Letort, architecte^; leur contrat fut reconnu, le 25 septembre 1651, devant les nolaires d*Argentan, (Pièce justificative E.)

2** Marie Gabriel, baptisée, le 31 juillet 1634, mariée à Louis

1 L'abbé Laurent, Histoire de l'église Saint-Germain d'Argentan,

• Réunion des Sociétés des Beaux-Arts, 18Q3.

'Tournay-sur-Dives, arrondissement d* Argentan, c;intoa de Trun (Orne). Thi mois de mai 1649 au 28 juillet de la même année, Maurice Gabriel faisait des achats de terre consécutifs, et. le 3 novembre 1649, c'iest Catherine Richard, veuve de Maurice Gabriel, architecte, tutrice de ses enfants, qui achète à son tour quatre pièces de terre sises paroisse de Tournay, de Vincent Davoult, sieur de La Planche. (Tabellionage d'Argentan. )

^ Le nom de Guillaume Letort ne figure pas dans le Dictionnaire des archi'tectès français, par Langk.

Jience»* par contrat 4a 22[ févriçi^ Ij&^ô, reconnu devant les DOtairés d;Argeiitaalp 26 août, 1662,

3* Jacques III Gat^riel, baptisé le 10 mai 163^7, eut pour raarrraine sa 'grand'mère, JVIarie Dutio, vieuve .de maistre Jacques I Gabriel, architecte. Il habitait Paris en 1666» où il était architecte; ,4* Maurice. II Gabriel, baptisé ]e 3 novembre 1639; 11/ètailt également architecte à Paris en 1666. (CpnsuUer ledocum^nl-B des: Pièces justificatives.) ,. . ; . • i > •

5** Jean Gabriel» baptisé le 18 iiiars 1642/ architecte à -Parifc en 1666, comme Jacques et Mëurke ses frères.

&• Anne Gabrielle, baptisée le 20 mars 1644. ^

7/*/lnne Gabrielj^baptîséele 12 juin 1645 *. »

Anne Gabriel épousa Jean Bence le 7 décembre 1668, Leur contrat (pièce justificative B), fait le 26 juillet 1666, reconnu et déposé chez lès notaires d-Argenian le 30 janvier 1669, contient un paragraphe dans lequel Catherine Richard, veuve de niaistre Maurice I Gabriel, architecte, se fait fort de faire ratifier pair Jacques III, Maurice II et Jean Gabriel^ architectes, bourgeois de Paris j, ses enfants], les promesses de mariage contenues dans le contrat de leur sœur, et quMIs signèi^ent ainsi : planche I, figure 5, signature de Jacques; figure 6, signature de Maurice; figure 10, signature de Jean; cette dernière se trouve plusieurs fois sur les registres de paroisse après 1666.

Les trois frères devaient habiter Paris depuis plusieurs années : leur titre de bourgeois de celte ville nous renseigne suffisamment à cet égard. Leur mère demeura, comme parle passé, à Argentan, où elle décéda lé 18 janvier 1672, à Tàge de soixante ans: Elle fut inhumée le lendemain dans Téglise Suint-Gern^ain d^Argentan.

Jacques II Gabriel et Maurice I Gabriel, fils de Jacques I Gabriel, natifs d^Argentan, doivent-ils être considérés comme faisant partie de la souche de laquelle est sortie la famille si célèbre dos Gabriel^ architectes à Paris, dont Torigine a tant éveillé la curiosité des chercheurs dans ces dernières années? Par les signatures apposées au bas du contrat de Jean Bence, grâce à celles. qui, vingt ans plus tard, figurèrent sur les actes d*émancipation des enfants de

^ Oa trouve fréquemment, dans les vieux documents, deux frères ou deux sœurs portant te même prénom, et pour les distinguer on disait l'aîné ou le jeunâ; maint exemple pourrait être cité à Tappui de cette assertion.

Jacques IV Gabrid'et de Marie Delisle, il be subsiste aucun doute dans Fesprit, elles n^oot pu être tracées cjue par les seulei( et mêmes personnes.

Or, dans ces actes, Jacques III et Ifauricè II Gabriel sont dits cousins des mineurs ei nommés leur' curateur. (Les fig. 8 et 9 de la pi. I, sont les fac-similé des signatures de Jacques et de Maurice, relevées dans ces actes. Kous les avons placées au-dessous de celles faites par eux, en 1666, au contrat de Jean Bence leur beau-frère.) Dans les avis de parents de 1689, ils sont même dits cousins germains deà miiïeurs ^ Il y a là assurément une faute, puisque Jean Bence, sieur de Prebissoh, aussi du conseil de famille, est désigné comme cousin issu de germain à cause de Anne Gabriel sa femme *\

* Avis Gabriel, Archives nationales, Y. 4016. ■ Do 5 novembre 1689. Parents réunis pour Marie Anne Gabriel, fille de def. Jacques Gabriel, architecte ordinaire du roy, et de Marie Delisle, a présent femme de Gilles de Juigné, escuicr. La dite danie de Juigné à Teffet de présenter François Gabriel, bourgeois de Paris, frère de la dite Marre Anne,' Jacques Gabriel, architecte, bourgeois de Paris, Maurice Gabriel, architecte des bastimens du roy, cousins germains du costé paternel, Pierre Levé, architecte du roy consin du costé paternel,' Maistre Jules Hardouîn Mansard, chevalier de l'ordre du Mont-Carmei et Saint Jean de Jherusalem, conseiller du roy, intendant et ordonuataire des fiastiments. Jardins, manufacture de France et premier architecte des Bastiments de Sa Majesté, cousin nàaternel issu de germain, Jacques Rillart, escuier conseiller du roy~ maison et couronne de France et de ses finances, allié, Xlaistre Charles Chenuet, conseiller du Roy, contrôleur des rentes du clergé, nmy, et Gabrieifilanchard, peintre ordinaire du Roy, professeur en son accademye Royallc de peinture, scullure, aussi amy; fous ont démontré que la dite Glle avoit presque fini son année de noviciat au monasière des bénédictines de bon secours, et y a pris habit; et, comme elle a du bien de delfunt son père, il sernit injuste qu'elle soit à charge à son couvent et étant d'une faible complexion et de peu de santé elle auroit besoin de faire faire au dit couvent pour se loger quelques ouvrages de massonneries et de menuisériel et auroit demandé qu'on lui donne un tuteur et qu'on lui assure une rente viagère sa vie durant seuHemeutde cinq cens francs par un et huit mil livres pour accommoder son logement et sa prise d'habit, ont nommé son frère François Gabriel, âgé de vingt-cinq oins accomplis. «

* Archivés nationales, Y 4018. « Le 19 avril 1690 ont comparu les parents el amis de Mûrie Denise Gabriel, épouse de Jean Rillart, dont le contrat fut passé le 22 décembre 1682, Jacques Gabriel, architecte, bourgeois de Paris^ et Maurice Gabriel, architecte des Bastiments du Roy, cousins germains paternels, Jean- Baptiste de Prébisson, bourgeois de Paris, cousin issU de germain paternel à cause de Anne Gabriel sa femme, sont d'avis que la dame Billard reçoive cinq mil livres qu'elle passe & Maistre François Gabriel son frère et à Marguerite de Pàlm son épouse, pour estre employées auTemboursement'de vidgt -mille livres qu'ils doivent pour' l'acquisition qu'ils ont faite' de i'oflite^ de conseiller du roy

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Fig. 14

Fig. 10

Fig. 18

En effet, Jean Bence avait épousé^ le? décembre 1668,, à Argent tan, comme nons Tâtons vu précédemment, Anne Gabriel, sœiir de Jacques, de Maurice et de Jean Gabriel» arcbitecles à Paris en 1666. (Pièce justificative B.)

Déplus, Jacques m Gabriel, architecte à Paris, cautionna pour la construction du pont Royal Jacques IV Gabriel, époux de Marie De Lisle, son cousin. Etant cousin du père;, Jacques III ne pouvait être cousin germain des enfants \

Répudier après cela les liens qui réunissent les Gabriel d'Argentan aux Gabriel de Paris, ce serait faire trop peu de cas vraiment de coïncidences qui, par leur nombre, apportent dans la question une quasi^ertilude.

Mêmes prénoms, mêmes signatures. Nous pouvons dire aussi même date de naissance, car Jacques Gabriel « architecte, entrepreneur des basliuients du Roi, juré expert, époux de Anne Fontaine et que nous avons vu tuteur des enfants de Jacques IV Gabriel et de Marie Delisle, 3t qui fut inhumé dans Téglise Saint-Paul à Paris, était, d'après son épitaphe, né en 1637*; or Jacques III Gabriel, fils de Maurice I, fut baptisé à Argentan le 10 mai 1637.

Ajoutons, mais c'est au delà du nécessaire, qu'il faudraitad mettre, dans chacune de deux familles différentes, l'existence d'une Anne Gabriel, épouse d'un nommé Jean Bence sieur de Prebisson.

Maurice II Gabriel, architecle, entrepreneur des bastiments du Roi, était associé pour un tiers avec Jacques IV Gabriel, pour les constructions du château de Versailles, et avait acheté de moitié

Receveur général et payeur de la deuxième partie du clergé de France... Le 14 février 1690. » Dans une feuille annexée, Jean-Baptiste de Prebisson est encore ainsi désigné : c Jean Bence de iVebissou, bourgeois de Paris, cousin issu de germain à cause de Anne Gabriel, sa femme. »

^ Dans la plus grande partie des avis de famille, Jacques et Maurice Gabriel sont dits seulement cousins paternels; dans le compte de tutelle que Marie de Lisle rend à ses enfants en 1689, ou. tous ces actes sont cités, dans aucun ils ne sont dits cousins germains; elle-même désigne Jacques III Gabriel comme cousin de son mari. On ne peut donc tenir compte de ces contradictions. Ce qui est certain, c'est qu'ils sont cousins, et par conséquent les Gabriel d'Argentan sont de la même famille que ceux de Paris.

- Dans VEpitaphier de Paris (église Saint-Paul, à Paris) est une mention ainsi conçue : ■ Sépulture de Jacques Gabriel, architecte, ancien marguillier de cette paroisse, décédé le 22 août 1697, âgé de 60 ans, et d"* Anne Fontaine, veuve du dit sieur Gabriel, décédée le 8 avril 1712, âgée de 71 ans. » {Archives de l'Art français, et Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, 82^.)

Avec lui, le 12 avril 1683, une maison u sise riie du vieux Vertt sailles, où pendait pour enseigne la.reine d*Espagne ».

D'après un règlement de compte fait avec Jacques IV en 1683, il était dû à Maurice Gabriel 3,122 livres; cette somme fut ajoutée à celle de 11,000 livres qu'il versa pour payer sa part des erreurs relevées par le Roi sur les travaux exécutés par les trois associés V Mais Maurice Gabriel prenait aussi en son nom seul Tenlreprise de travaux, le 18 décembre 1685; il promettait d*achever les quatre réservoirs sur la butte de Montboron et de faire les murs de clôture pour Tentourer*.

En 1.686, Maurice Gabriel reçoit près de 300,000 livres pour les travaux de la place Vendôme, En 1688, un acompte lui est donné pour le bâtiment de Féglise paroissiale de Versailles. Du 4 janvier au 26 décembre 1688, Maurice Gabriel, entrepreneur, reçoit, pour ses ouvrages de maçonnerie au nouveau couvent a des capiic; cines de THostel Vendosme et à la place Royalle dudit hostel, ce 188,386 livres 2 sols 6 deniers en vingt-neuf payements', etc. ».

Le 21 février 1697, Maurice II Gabriel, architecte, ejntrepreneur des bâtiments du Roy, réunit ses parents et amis pour faire obtenir à ses enfants, Maurice III et Marie-Anne-Gabriel, âgés de moins de vingt ans, des lettres de bénéfice d'âge après le décès de Denise Levé, sa femme*. Nous y trouvons Jacques ÏII Gabriel, architecte, entrepreneur des bâtiments du Roi, oncle paternel; Jean Levé, directeur de THôpital général, grand-oncle maternel; François Gabriel, conseiller du Roi^ receveur des rentes du clergé, cousin. (Pièce justificative G.) La signature, figure 9, est la dernière que nous ayons relevée de Jacques III Gahriel, mort six mois après.

De Jacques III Gabriel, architecte, entrepreneur des bâtiments

' Voir la pièce justiGcative j. extraite de la reddition des comptes de tuféitc de Marie Delisle à ses cinq enfants.

* Acte du 18 décembre 1685 donné au quatrième article sur tes Gabriel. (Voir ci-après.)

3 Comptes des bâtiments du Roi, Archives nationales, publiés par 'M. J. Guippret.

^ Denise Levé, Gile de François Levé, architecte ordinaire des bâtiments du Roi, et de Denise Bourdon, avait épousé Maurice Gabriel, architecte. François Levé était mort le 21 avril 1679, date à laquelle sa mère réunit te conseil de famille pour le payement d*une somme de 7,000 livres, qu'elle aurait empruntée pour faire construire une maison, ne pouvant touclier pareille somhie qui lui était duc par TOEuvre et Fabrique de l'églLsc Saint-Nicolas le Ghardonnct pour la construction de leur église. (Archives natio;pales, Y. 3983.) ' ^ -

dtt Roi, époux de Anne Foutaine^^naquirent : Jacques-Jules Gabriel, fils aîné \ Anne Gabriel^ majeurs en 1697, à la! mort dé leur père; Tbomàs-AugusUn Gabriel, Jean-Baptiste Gabriel, mineurs» Tous sont réunis le 23 décembre 1699, avec leurs parents et amis, afin d'avoir avis pour la vente de Toffice d'Expert juré. (Pièce justificative D.) Maurice II Gabriel, frère de Jacques III décédé en 1697, né paraît pas dans le conseil de famille du 22 décembre 1699; peut-être était-il mort à cette date'.

Nous croyons, d'après ce qui précède, pouvoir dire que Jacques III Gabriel, marié à Anne Fontaine, et Maurice II Gabriel, époux dé Denise Levé, doivent être enfants de Maurice I Gabriel, arcbitecte à Argentan, et. dé Catherine Richard. Qu'est devenu leur autre fils, Jean Gabriel, architecte à Paris en 1666' comme Ses frères? Le 24; septembre 1727, il existe un contrat de mariage passé entre Pierre Cagnaird et Marie Gabriel, fille de feu Jean Gabriel, architecte, entrepreneur des bâtiments du Roy, et de Marie Menée'; est-ce sa fille? ~

Doit-on voir en Jacques II Gabriel, né à Argentan, en 1605, Tarchitecte, demeurant à Tours, paroisse Saint-Palérne,, qui était présent, le 25.septembre 1651, à la rédaction du contrat de, Louise Gabriel, fille dé Maurice I et de Catherine Richard, mariée à Argeiitan à Guillaume Létort» architecte? (Pièce justificative }^.) Il est certain que Maistre Jacques Gabriel, architecte, demeurant à Tours, paroisse Sdint-Paterne, devait être parent assc? proche des Gabriel d*Argentan pour être venu de si loin assister à ce. mai*iage et remplacer sans doute, en cette circonstance, Maurice I Gabriel, décédé ^depuis deux ans seulement^

Les Gabriel de Touraine sont donc de la même famille que nos architectes normands.

• ' Cest sans doute à cause de ce Jacques-Jules Gabriel, fils 4e Jacques III et de Anne Fonfaioe, que tous les biographes de la famille Gabriel ont appelé Jacques- Jules celui qui fut anobli en 1704 et qui ne porta jamais que le prenons de Jacques. (Voir les nombreux actes conservés aux Archives nationales.)

. ^ Dans les Goippte^ des |>âtimént^. du Roi, nous trouvons un Jean. Gabriel employé à Versailles en 1689, 1690, etc. ;

• ^ Archives nationales, Y 335, ff. 55. Insinuations, donations, etc. — Nous devons à robligeancè de M. H. Stein la connaissance de divers actes conservas aox Archives; nous le prions de recevoir ici tous nos remerciements, ainsi qu^ M* Hélie, notaire, à Argentap, qui a mis d'une façon si gracreuse ses vieilles archives à notre disposition..; ;. .:. .:/;„' i '. /.' 'j

Si, comme tout le porte à croire, Jacques irGabriel, né â â^rgenlan en ]6()5, est allé se fixer à Saint-Paterne vers 1636 \ c*est assarément de lui que serait né Jacques IV Gabriel, architecte, qui construisit en partie' le pont Royàr. Sa signature est reproduite pi. XIV, fig. 11. Il fut inhumé dans l'église de Saint-Paterne le 21 juin 1662.

Nous n'entrerons pas dans des détails déjà publiés au sujet de Jacques IV Gabriel, marié à Marie Delisle, et qui ont .été insérés dans le Diciionnaire de Lance, les Archives de V Art français, etc. Nous nous contenterons de signaler ici quelques documents absolument nouveaux qui nous donnent, ce qui était ignoré ei cherché ^ les dates certaines de son mariage et de son décès, ainsi que les noms de ses père et mère.

Jacques IV Gabriel, architecte, marié à Marie Delisle par contrat du là juillet 1663, était^fo de défunt Jacques Gabriel, entrepreneur de bâtiments, et de Magdeleine Abraham, sa première femme*. Jacques IV, en 1663, était depuis peu de temps à Paris, puisqu'il s'engageait dans son contrat à se faire recevoir maître maçon de cette ville. (Pièce justificative F.) D'où était-il? Son testament olographe, fait le 25 janvier 1686, va nous l'apprendre.

Il léguait à ses frères et sœurs, habituez de Saint^Paterne en Touraine, une somme de six mille livres; elle fut payée par ses héri-^ tiers» après une sentence rendue au Chastelet dé Paris, le 13 juillet 1688, à Marie Gabriel» femme de Jean Morillon, héritière pour la moitié de la somme léguée'; et l'autre moitié à la veuve de défunt Jacques Gabriel, architecte à Saint^Paterne en Touraine, «t

* Naissance de Marie Gabriel, baptisée à Saint-Pater le 14 décembre 1638, fille de Jacques Gabriel, c maîstre tailleur de pierres demeurant à présent dans cette paroisse ». (Registres de Saint-Pater, mairie.) Ce qui prouve qu'il n*y avait pas lon(][temps qu'il habitait cette paroisse.

^ Jacques Gabriel, architecte à Saint-Paterne, avait épousé en secondes noces Anne Morillon, de laquelle il eut : Charles Gabriel, maître maçou, architecte à' Paris; Pierre Gabriel, François Gabriel, Gabrielle et Magdelaine Gabriel, mariée' à Thomas Perottin. (Bibliothèque nationale, manuscrits, pièces (originales, 1261. — Archives nationales (pièce justificative J, §§ XII, XIII, XX, XXI, XXII) et registres de la mairie de Saint-Paterne.)

* Marie Gabriel était sœur de père et de mère ; pour ce motif elle eut à elle seule autant que tous les autres. Un de ses frères, Honorât Gabriel, baptisé le 19 jan» vier 1641, eut pour parrain Antoine, fils aine de haut et puissant seigneur Honorât de fiueil, seigneur de la Roche et autres iseigneuries, et Françoise du Bueil, fille dudit seigneur de Racan Devait être décédé lors du partage.

k sels frères e\ sœurs consanguines. Le père de Jacqueis IV Gabriel -avait épousé en secondes noces Anne Morillon, de laquelle il eut : !• Charles Gabriel, maistre maçon àParis; 2« pierre; 3' François; 4* Gabrielle, et 5' Magdeleine Gabriel, épousé de Thomas Perrolin, tous de Saint-Paternek(pièce justificative G) ou des environs.

Jacques IV Gabriel, époux de Marie De Lîsle, nièce de François Mahsard, architecte, dont nous n'avons point trouvé la naissance à Saint-Paterne en Touraine, serait issu d*un |fère normand. Sa signature est reproduite pi. I, fig. 12 ^

On croyait que c'était à la fin de 1686 que Jacques Gabriel était décédé; nous dirons plus : il tomba malade le 15 juin, 1686 et mourut le 18 juillet suivant*. Son inhumation eut lieu^ Téglise Saint-Paul de Parts. Tous les comptes de rinhumation, de médicaments, etc., se trouvent dans la pièce justificative J, ainsi que ses libéralités envers la Charité, dont il faisait partie, et envers les pauvres (§§ 14 à 17). (Pièce justificative J.)

Jacques IV Gabriel ne s'occupa que dix-huit mois environ à la construction du pont Royal, qu'il avait accepté d'édifier pour la somme de six cent soixante-quinze mille livres, suivant le devis proposé, mais en tenant compte des remarques et modifications par luy faites sur ledit devis. Ce qui fut accepté ainsi qu'il est constaté par un arrêt du Conseil d'État du 10 mars, 1685. Il devint adjudicataire des travaux, et ses cautions étaient pour la garantie de Texécntion de ceye commande importante : maistre Jacques Gabriel, architecte du Roy, son cousin/ maistre Pierre De LisIe, aussi architecte (son beau-frère), et Ponce Cliquin, charpentier des bâtiments du Roy.

Marie De Lisle, veuve de Jacques IV Gabriel, aidée de Pierre De Lisle (sou frère), fit terminer le pont Royal, qui fut reçu en 1689, le 13 juin et jours suivants, par Libéral Bruand, architecte,

> Nous avons sur les registres de Saint-Paterne deux naissances du premier mariage de Jacques Gabriel et cinq du second avec Anne Morillon, mais nous «'avons point tr4)uvé celle de Jacques IV, qui était sans doute né quand son père vint s'établir ù Saint-Paterne, vers i636 ou 1637. Les enfants de Jacques II <jabriel nés à Saint-Paterne ^ont : Marie, baptisée le Vé décembre 1638; Honorât Gabriel, baptisé le 21 janvier 164'!, né du 19; du deuxième lit : Charles Gabriel, (baptisé le 28 août 1646; Pierre, baptisé le 21 nt>vembre 1649; Gabrielle, baptisée le 4 mars 1652; Magdeleine, baptisée le 28 avril 1656, et François, dont ^ous avons seulement trouvp la signature, comme parrain le 26 janvier 1679. ' .'Lé prcniier acte d'émancipation des enfants de Jacques Gabriel, «t^i /cherché par H. Lot, est du 29 juillet 1686. (Pièce justificative H.) . . ' .o ::

Xoiiis' Gbajon, expert juré, et Frère Romain» Dominicain^ *.

Daiis les docunients que nous avons, concernant toute la construo tîon 4]u pont Royal, et qui seront publiés dans le prochain volum;e de Mémoires de l'Histoire de Paris, Frère Romain n'est désigné que comme inspecteur général, préposé à la réception dudit pont. .

Germain Brice, dans sa description de la ville de Paris, attribue, il nous semble avec raison, à Jules Hardouin dit Mansard le plan du pont Royal. Ce plan fut imprimé et distribué aux soumissionnaires, puis il dit que : a Frère Romain, Jacobin, originaire de a Gand, habile et expérimenté dans la construction des ponts, fut « appelé, et contribua beaucoup à la perfection de ce grand K ouvrage » . Nous venons de voir qu*en effet il fût appelé lors de la réception du pont. Nous savons également qu'il surveilla l'exécution des travaux, ainsi que d*autres architectes; mais aussi précédemment nous avons, d'après un document certain, indiqué que le devis imprimé, distribué aux entrepreneurs, avait été modifié par Jacques IV Gabriel, entrepreneur des travaux.

Marie De Lisle, remariée depuis le 13 novembre 1687 (date de son contrat) avec Gilles de Juigné, eut bien des ennuis à cause de tous ces travaux, ainsi que pour des erreurs (pièce justificative J) relevées par le Roi, et dont Maurice Gabriei, architecte, entrepreneur des bâtiments du Roi, devait payer sa part, étant associé pour un tiers avec Jacques IV Gabriel, pour les constructions des ailes du château de Versailles et divers autres travaux commandés par le Roi.

L'arrivée à Paris de Maurice II et de Jacques III Gabriel paraît coïncider avec la date de rétablissement à Paris de Jacques IV Gabriel. En effet, ce dernier vient se fixer à Paris, par son mariage avec Marie Delisle (pièce justificative F), en 1663; Jacques III et

^ Piganiol, en parlant du Frère François Romain, dit que « le Roi lui conGa en 1685 la conduite et inspection du Ponl-Royal » . Dans nos documents, en 1686, au mois de juillet, Jacques Gabriel meurt; il ne serait pas surprenant que le Roi •art alors plus spécialement chargé Frère Romain de surveiller les travaux exécutés par la veuve Gabriel et son frère, Pierre Delisle; mais ce n'est pas Frère Romain qui a achevé le Pont-Royal, commencé par Gabriel. Voir dans le Dictionnaire, Bibliographie universelle, 1856, à Tarlicle Gabriel, o& il est dit que Jacques, mort en 1686, avait commencé le Pont-Royal, qui fut achevé^ par Frère Romain Giordana(?).

Maurice H Gabriel» nés à Argentan, sont architectes à Paris/ en 1666. Tout porte à croire qu'ils abandonnèrent notre Normandie^ pour venir tenter la fortune qiii ne pouvait manquer de leur sourire, surtout après Talliance que venait de contracter leur parent avec la nièce du fameux Mansard, conseiller architecte du Roi,' ingénieur ordinaire, etc. (Pièce justificatives K.)

Un manuscrit de Lautour-Monfort, 1740 (Mémoires inédits sur Argentan) y dit : u Que Tachèvement du clocher de l'église Sainttt Germain d'Argentan est du dessein de Maurice Gabriel, fameux tt architecte, d'où sont sortis MM. Gabriel, de TAcadémie des tt sciences, et celui d'aujourd'hui, 174fO^ qui est Intendant des tt Bastimenis du Roy. »

On voit, par les documents que nous publions, qu'en effet les Gabriel, architectes à Paris, et si renommés, puisque Jacques-Ange est considéré comme le plus grand architecte français, doivent descendre de Jacques I Gabriel, marié à Argentan avec Marie Duno, mais non dé Maurice I, son fils aine, époux de Catherine Richard.

Nous croyons avoir suffisamment rattaché aux Gabriel de Paris les Gabriel d'Argentan et de Saint-Paterne. Si la Normandie peut à bon droit s'enorgueillir d'avoir une fois de plus donné naissance, au commencement du dix-septième siècle, à une famille d'artistes illustres, la Touraine doit, à un degré moindre, en revendiquer tout l'honneur.

Laissons les Lettres d'anoblissement obtenues en 1704 par Jacques V Gabriel faire elles-mêmes l'apologie de cette famille d*arcbitecles, qui, partie des bords de l'Orne, est arrivée à Paris, pour s'y créer une célébrité durable en passant et s'arrétant près des bords de la Loire. Ces Lettres, publiées par la Revue historique et nobiliaire de 1873, relatent que : " Louis XIV, tout en consta- « tant que pour faire fleurir les sciences et les Arts et donner à u ceux qui excellent dans leurs professions des marques publiques « d'estime pour leurs talents extraordinaires, confère à Jacques u Gabriel le titre de noble en considération des services qu'il lui a (i rendus pendant les dix-sept ans qu^il a exercé les charges tt d'Architecte et de Contrôleur général des Ràliments du Roy, tt mais encore, en considcrution que les ancôlres dudit Jacques « Gabriel ont | rof^ssé cet art avec distinction et qii'ainsy l'inclina^

u tioii et rhabileté dans les plus beaux arts en. ont reçu une verfu tf héréditaire dans la famille ^ » ,

Les armes des Gabriel sont (pi. I, fig. 18) : Un écu d'azur, à Unefasce ondée d'argent, chargée de trois merlettes de sable et accompagnée en chef d'une nuée d'argent et en pointe d'un vol d'or. Cet écu est timbré d'un casque de profil^, orné de ses lambrequins d'or, d'argent et de sable.

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