Les gaietés de l'année
La première quinzaine de janvier marque une époque où les amateurs de pâtisserie sont journellement exposés à se casser les dents tcontre des poupées en porcelaine, dont la présence dans les arcanes d’une pâte feuilletée (constitue la solennité du tirage des Rois, que Je calendrier persiste à intituler Épiphanie .
On se perd en conjectures sur la signification originelle de ce vocable; tout ce que mous pouvons affirmer, c’est qu’il n’y a rien
de sérieux dans l’anecdote bien connue d’après laquelle cette fête aurait été instituée par une reine nommée Fannv, qui avait la réputation
d’avaler chaque fois sa fève pour ne pas être obligée de payer une tournée, en conséquence de quoi chaque convive disait à son voisin au moment psychologique : « Épie
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Fanny ! » Nous croyons inutile d’insister sur les raisons qui démontrent comme quoi cette version est aussi sotte que grenue, — et c’est pourtant la meilleure que la science possède jusqu’à ce jour.
L’usage de tirer les Rois semblait complètement tombé en désuétude, quand l’avènement de la République est venu fort à propos le remettre en vogue, de telle sorte qu’il fait actuellement fureur; jamais, à aucune époque, même dans les plus mauvais jours de notre histoire, on n’avait tiré autant de rois qu’en cette année de grâce 1886 ; les cabinets particuliers de nos cabarets à la mode en retentissent encore, ainsi que les maisons privées où nombre de familles ont fortement tapé sur le gâteau traditionnel ; même dans nos grands cercles on a, pendant quelques heures, remplacé le tirage à cinq par le tirage des rois et la fête s’est, propagée jusqu’aux environs du pont Neuf déliquescent, où Henri IV a été acclamé par une foule en délire aux cris mille fois répétés de : « Le Roi boit ! »
Nous avons pensé qu’il serait intéressant pour nos lecteurs de savoir comment la fête de l’Epiphanie avait été célébrée chez le président de la République , et c’est pourquoi nous avons envoyé à l’Élysée un excellent reporter, grâce auquel nous sommes en mesure de publier les curieux détails qui suivent :
On sait quelle vie simple et familiale mène M. Grévy dans le confortable appartement meublé dont la nation française vient de lui renouveler le bail pour sept ans ; personne n’ignore, en effet, que le président a horreur du luxe et de l’apparat, et que c’est bien malgré lui que, de loin en loin, il se laisse entraîner à donner une fête; il en est une cependant qui bénéficie de toutes ses sympathies et c’est la fête des rois, sans doute à cause de son gâteau traditionnel, car le bon président manifeste pour la galette une affection proverbiale.
Aussi sa grande préoccupation pendant toute la journée a-t-elle été de constituer un ministère assez tôt pour le réunir dans la soirée
autour d’une table munie de tout ce qu’il faut pour procéder au tirage des odieux tyrans.
Grâce à la bonne volonté et à la diligence de MM. de Freycinet, Sarrien, Demôle, Goblet, Baïhaut, Develle, Sadi Carnot, Boulanger, Aube,Granet, — et même de M. Lockroy,
qui s’est brusquement décidé au moment où Ton se mettait à table — la petite fête a pu avoir lieu en temps utile; disons tout de suite qu’elle a été charmante et que la plus franche cordialité n’a cessé d’y régner. On déplorait seulement l’absence des sous-secrétaires d’Etat, qui ne devaient être nommés que le
lendemain dans l’après-midi; — mais le président de la République avait tenu à avoir M. Turquet, dont le nom en anglais signifie « dindon », et qui avait été bourré de truffes pour la circonstance.
A part cette pièce de luxe, le menu était des plus simples, et, contrairement à l’attente générale, il n’y avait même pas l’ombre d’un pudding de cabinet; — mais cela tenait sans doute à ce que le précédent cabinet n’avait guère confectionné en fait de pudding que de la bouillie pour les chats.
Dès le commencement du souper, la conversation a pris un tour enjoué qu’elle n’a plus quitté jusqu’au triste moment de la séparation. Cela a commencé par quelques plaisanteries faciles et innocentes sur les noms des nouveaux ministres, aimable passe-temps qui fait habituellement l’objet de la première réunion d’un conseil de cabinet.
a Voilà une galette qui ne vient pas de chez ce Boulanger! » s’écria tout d’abord M. Grévy en désignant avec un bon sourire le ministre de la guerre, qui riposta aussitôt :
« Monsieur le président, je vous demande la permission de vider à votre santé M. Goblet, en l’honneur de cet heureux jour. » — On a ri et l’entrain est devenu général ; il a même été un moment question de lui pour le soussecrétariat d’ État à la guerre.
Seul, M. de Freycinet conservait cette gravité qu’il apporte aux choses même les plus sérieuses; ce que voyant, M. Sadi Carnot, qui est, comme chacun sait, un de nos meilleurs boute-en-train, se mit joyeusement à lui chatouiller la plante du portefeuille, en lui disant : « Souris, blanche! » A cet innocent jeu de mots, M. de Freycinet répondit par un éclat de rire qui n’est pas encore complètement terminé à l’heure où nous parviennent les détails de la fête.
Plusieurs toasts ont été portés : « Je bois à l’agriculture, s’est écrié M. Develle ; il
m’aurait été doux de trinquer avec elle, mais son manque de bras lui interdit tout exercice de ce genre. » Et comme plusieurs de ses collègues paraissaient avoir quelque peine à saisir cette allusion, M. Develle ajouta : « Vous ignorez sans doute que notre chère agriculture est épaule-de-jatte ! » et il se rassit avec la satisfaction du discours accompli.
Citons aussi cette courte allocution de M. Demôle, garde des sceaux : « Je me garderai bien , messieurs... (violentes interruptions), je me garderai bien d’abuser de votre attention ; je veux seulement au nom de la magistrature protester contre la pornographie envahissante; tous les genres sont bons, hors le genre sadique... »
— Sadi Carnot! » fit M. Wilson, qui n’avait encore rien dit.
Enfin arriva l’heure solennelle du tirage de la fève ; chacun se recueillit un instant avant de présenter son assiette pour recevoir une part du gâteau, puis l’on se mit à manger en silence.
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— Scrongnieugnieu ! s’écria tout à coup le ministre de la guerre : la bougresse a failli ime casser une dent ! — mais c’était une fausse alerte, le général avait mordu sur un simple can- 'Crelat que la négligence d’un de ses homonymes avait laissé pénétrer dans la galette.
L’angoisse individuelle, un instant apaisée, reprit alors de plus belle. On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les deux, que le bruit des mangeurs qui mâchaient en silence.
Tout à coup, M. Wilson eut un soubresaut convulsif, il pâlit affreusement, et quelque Allan Kardec, doué de spiritisme, aurait pu voir une fève de forte taille descendre
automatiquement le long de son œsophage semi-officiel jusqu’à l’orifice du cardia, le franchir insidieusement et se diriger avec une lenteur majestueuse dans la direction du pylore !... O horror ! horror ! horror !
Un faible borborygme provenant du lieu du sinistre pouvait seul révéler à une oreille exercée l’horrible drame qui était en train de s’accomplir; mais, avec l’autorité d’un homme du monde habitué dès l’enfance à ne point laisser paraître au dehors ses émotions intimes, M. Wilson eut vite étouffé ce sanglot.
Cependant tous les convives avaient achevé la mastication de leur part de galette, et il ne restait plus une miette du gâteau des Rois. « Où donc est-elle? » se demandait-on de toutes parts.
Alors, M. Wilson, du ton le plus naturel : « Messieurs, fit-il, nous sommes sans doute victimes d’une coupable négligence : le pâtis-
comme il convient ! » Et se tournant vers son auguste beau-père, M. Wilson ajouta : « Pour cette fois, bon papa, je vous prierai de ne point accorder de grâce. »
Les convives se retirèrent alors péniblement impressionnés.
Et la fève descendait toujours !
Le feuilleton ecclésiastique.
L’Èden-Renan. — On s’amuse aux « Débats ».
La presse départementale vient de s’enrichir d’un nouveau critique influent; il se nomme le cardinal Caverot et exerce à ses moments perdus la profession d’archevêque dans les églises de Lyon.
Cet émule de Sarcey a débuté l’autre semaine dans une gazette locale par un article à sensation sur Y Hérodiade que Massenet venait de faire représenter devant les Lyonnais ; pour son premier feuilleton, le critique Caverot a eu l’habileté de comprendre qu’il fallait frapper fort afin d’attirer l’attention, et il s’est
carrément livré à un éreintement en règle qui 11e conclut â rien moins que l’excommunication de l’auteur.
Jamais Francisque Sarcey, ni Léon Bernard- Derosne, même dans leurs plus mauvais jours, n’avaient été aussi loin.
Au lieu de s’en tenir suivant l’usage à des appréciations sur le caractère musical de l’œuvre, ses qualités de composition ou d’orchestration et la facture du livret, notre confrère Caverot se complaît à des épithètes qui nous semblent dépasser les bornes dé la critique permise : il qualifie « d’odieux travestissement » l’opéra de Massenet et déclare que « les pages du saint Evangile y sont indignement profanées » . Puis, il termine par un avis au lecteur qui est, croyons-nous, sans exemple dans les annales du journalisme théâtral :
Vous aurez rendu service aux catholiques en signalant à leur attention le vrai caractère de l’œuvre que nous déplorons et en les invitant à lui refuser, de près ou de loin, tout suffrage et tout concours. Si quelques-uns étaient tentés de
céder à l’influence de formes plus ou moins attrayantes, ils voudront bien se rappeler qu’il y a des cas où la logique et 1 honneur de notre foi nous imposent de rigoureux sacrifices. Une coupe a beau être d’or, si on la sait empoisonnée, on l’écarte de ses lèvres à tout prix ; de même, c'est en vain que l’art ferait étalage de ses séductions : s’il est destiné à venir en aide à l’impiété, le devoir du chrétien est d’y demeurer obstinément étranger.
Pour infiniment moins que cela, M. Koning aurait sans aucun doute supprimé « les entrées » de ce critique et interdit la vente du journal dans l’intérieur du Gymnase. Nous ignorons ce que compte faire à cet égard le directeur du Grand-Théâtre de Lyon; mais on peut hautement affirmer qu’il serait fondé en droit à réclamer des dommages-intérêts pour le préjudice que Mgr Caverot s’efforce de porter à son industrie.
Quant à M. Massenct, sa situation est autrement grave, car ce n’est pas seulement dans ses intérêts temporels qu’il est lésé par ce feuilleton archiépiscopal , lequel le menace
jusque clans le domaine spirituel où plane son âme immortelle de chrétien.
En effet, le petit travail de Mgr Caverot désigne clairement l’auteur d7 lèrodiade à la sollicitude du Saint-Père pour l’excommuni-
cation majeure, dont la moindre conséquence serait de frapper d’une opposition à perpétuité les droits de Massenet sur la vie éternelle ; elle aurait aussi pour inconvénient de retirer à ce compositeur en vogue la permission d’assister aux offices, de recevoir les sacrements et d’être inhumé dans un cimetière, — ce qui lui préparerait évidemment
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une vieillesse malheureuse, sans autre issue que la crémation.
Nous croyons inutile de faire remarquer quelle exagération il y aurait à requérir l’application de toutes ces peines contre un malheureux auteur dont la seule faute est d’avoir déplu à un ou plusieurs spectateurs, auxquels il suffisait largement d’exprimer leur désapprobation par des sifflets comme on en
Il y a là une question de principe sur laquelle nous croyons nécessaire d’appeler l’attention de la Société des auteurs et com-
positeurs, dont le premier devoir est de protéger ses adhérents. Au lieu de dépenser le temps en de stériles discussions sur les billets de faveur, la Commission ne ferait pas mal de prendre les mesures nécessaires pour garantir les auteurs contre les excommunications auxquelles ils sont en butte. Faute de quoi la carrière dramatique deviendrait tout à fait impraticable pour les âmes délicates.
C’est avec la plus vive impatience que le monde des lettres attend le second feuilleton de Mgr Caverot ; on pense, en effet, que l’éminent critique consacrera son prochain lundi à l’examen de la petite revue de fin d’année que M. Ernest Renan vient de faire représenter dans le Journal des Débats , sous ce titre bien parisien : V Année 1886 , — prologue au ciel.
On sait avec quelle persistance les hommes qui s’intéressent à l’avenir de la scène française réclament une idée neuve pour servir
de point de départ à la revue; c’est à M. Renan qu’il était réservé de découvrir cette idée neuve et, dès son premier essai, il a fait l’admiration de tous les maîtres du genre :
Blum et Toché , Montréal et Blondeau se sont inclinés avec toutes les marques de la considération, et Buguet ^ s’est écrié : « Voilà un garçon qui ira loin ! »
La saynète de M. Renan se passe, dit le livret, u dans le réduit le plus impénétrable de l’empyrée, où l’Éternel se repose durant les moments d’intermittence de son autorité », — pour dire la chose, en un mot, nous sommes dans les coulisses du Grand -Tout :
Dieu, le compère Éternel, se livre à un dialogue vif et animé avec une commère en tra-
vesti, intitulée l’ange Gabriel, qui, à un certain moment de la pièce, « offre son front de jeune fille aux baisers de l’Éternel ». On affirme que ce passage avait été supprimé par la censure, et qu’il a fallu, pour le rétablir, une intervention d’ En-Haut.
Grâce à la vivacité du dialogue et à l’originalité des situations, ces deux personnages suffisent pour mener la revue à bonne fin,
et l’on ne saurait trop louer M. Renan d’avoir radicalement rompu avec la tradition des rôles de petites femmes qui, sous prétexte d’exposition du travail, de piscine Rochechouart, de laiteries ou de porte Saint-Denis, encombrent habituellement les œuvres de ses confrères.
Une autre chose nous a frappé dans la pièce de M. Renan — et c’est ce dont Francisque Sarcev lui saura certainement le plus de gré, — la simplicité de sa mise en scène; — le dé- <cor est élémentaire : un petit empyrée confortable avec porte au fond, fenêtre côté cour et cheminée côté jardin; — toilettes sans prétention : un modeste complet en ailes blanches pour l’ange Gabriel, et l’Eternel en costume du temps; quant aux accessoires, il suffit d’un seul, l’Hippogriffe « plein d’yeux et de roues enchevêtrées que monte l 'Éternel quand il veut s’informer par lui-même de la réalité » ; c’est, on le voit, une sorte de perfectionnement du ballon dirigeable qu’on a vu cette année dans diverses revues, et notamment dans celle des Variétés où l’absence
de M. Renan s’est fait si vivement sentir.
Le dialogue abonde en mots dits « de situation », qui prouvent de la façon la plus définitive que M. Renan est bien « un homme de théâtre » ; il voit dramatiquement et « la scène à faire » n’a point de secrets pour lui ; avec de pareils dons, c’est un véritable malheur qu’il ne sache point trousser le couplet de facture et qu’il soit inhabile aux calembours. — Une ou deux collaborations avec M. Paul Burani pourraient en faire un excellent vaudevilliste.
En attendant, voilà un « jeune » qui doit plaire à M. Francisque Sarcey, et je ne serais point surpris que le critique du Temps fît sommation à la Comédie française d’avoir à représenter dans les vingt-quatre heures l'Année 1836 ; — à défaut de la Comédie, cette agréable saynète pourrait faire assez bonne figure au Palais-Royal.
L’État mastroquet. — Le budget équilibré sur le zinc. Lichons pour la République !
Le budget de la République est depuis fort longtemps dans une situation voisine de la misère et c’est en vain que de nombreux financiers parlementaires se battent les flancs pour le faire sortir de cet état de gêne, — « avec défense de porter le nom de Pietro » , comme on disait dans un vieux mélo du boulevard.
Voici maintenant les professeurs d’économie politique qui s’en mêlent et l’un d’eux, M. Émile Alglave, de la Faculté de droit, prêche à travers la France entière une croisade
en faveur de la monopolisation des alcools : M. Alglave veut confier à l’État le droit exclusif de fabriquer, ou tout au moins de faire fabriquer, les boissons alcooliques, sous la surveillance d’une régie comme celle que l’Europe nous envie.
Ce dessein grandiose a immédiatement obtenu l’approbation du député Jules Roche, qui s’est empressé de le transformer en un projet de loi dont le dépôt sur le bureau de la Chambre est annoncé comme prochain, et, en attendant la discussion, M. Roche se propose de faire un petit voyage économique autant que politique à travers l’Allemagne pour étudier la question telle qu’elle est envisagée par nos voisins; on sait, en effet, que M. de Bismarck s’est déclaré partisan du monopole ; mais c’est une raison de plus pour que Mmc Adam et la Ligue des patriotes repoussent ce système, en le conspuant comme un vulgaire Lohengrin.
Que la proposition de loi soit votée ou non, il n’en restera pas moins à l’actif de M. Jules
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Roche une petite excursion d’agrément sur les bords du Rhin, et ce sera toujours cela de gagné; aussi bien, nous ferons remarquer en passant que les opportunistes sont depuis quelque temps atteints d’une monomanie ambulatoire qui dénote des perturbations célébrales assez inquiétantes.
Pour peu que cette émigration continue, il ne restera bientôt plus un seul opportuniste dans la mère patrie ; mais pourquoi diable se mettent-ils tous à voyager de la sorte? - - Sans doute pour oublier !
L’adoption du projet Jules * I
Roche entraînerait évidemment des conséquences économiques d’une telle gravité que nous croyons devoir réserver le soin de les
discuter aux personnalités compétentes, s’il en existe, et nous nous contenterons modestement d’envisager les petits côtés de la question.
Une observation se présente d’abord et frappe tous les bons c’est que la velle ne tienrait à rien loi ns qu’à la
rigueur des tribunaux correctionnels ; en effet, au lieu de continuer à sévir en vertu de la fameuse loi tendant à réprimer l'ivresse publique et les progrès de V alcoolisme , le gouvernement se verrait obligé par la logique la plus élémentaire d’encourager ces gros consommateurs dont les habitudes intempérantes
réhabilitation
officielle des pochards poursuivis jusqu’à ce jour par la
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constitueraient une source de revenus énormes pour les finances de l’État ; on ne pourrait même pas faire moins que d’instituer en 1 honneiur de ces citoyens utiles et de bon exemple une distinction honorifique, — la croix du Mérite vinicole, caractérisée par uni bout de ruban rouge lie de vin, comme qui dirait la Légion d’ihonneur des trognes.
Et si quelque joiur un artiste dramatique ou lyrique venait à se faire remarquer par une consommation immodérée d’alcoolature de phosphore, le sous-secrétaire d’Etat aux beaux-arts aurait l’impérieux devoir d’attacher sur sa poitrine une de ces décorations dont les comédiens ainsi
que les comédiennes se montrent toujours si friands.
Enfin le Chat noir , le Divan japonais, le Bagne et les principaux établissements où l’on boit seraient aussitôt reconnus d’utilité publique et placés sous le patronage de M. le ministre des finances, qui porterait le litre de « premier mastroquet
do France » ; — on songe dès
maintenant, pour cette haute dignité, à l’éminent M. Allain-Targê, dont l’expérience en la matière ne sera contestée par personne.
Une fois admis le monopole des alcools, il est infiniment probable que l’ État ne s’arrêtera pas en si beau chemin et, puisqu’il s’agit de gagner de l’argent par l’exploitation des passions humaines, on ne pourra mieux faire que de rétablir les jeux publics, qui assureront au
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budget un revenu considérable. Ce serait peut-être même la seule façon pratique de ttrancher la question du bonneteau, qui passionne en ce moment toutes les intelligences, <car, promptement terrassés par la concurrence du gouvernement, les Jbonneteurs seraient bientôt iréduits à abandonner le méitier, quitte à entrer en qualité de surnuméraires au ministère des fina nces, dont l’accès leur serait facile grâce aux protections dont ils disposent.
Après avoir ainsi tiré tout le parti désirable de l’ivrognerie et de la passion du jeu, on pourrait facilement créer de nouvelles ressources budgétaires avec le monopole de la prostitution ; aucun moyen n’est immoral quand il y va des finances de la République, et je n’hésite pas à croire que le gouvernement sera soutenu par l’approba-
tion des honnêtes gens de tous les partis le jour où il en viendra à se réserver l’exploitation des horizontales de diverses marques.
Ce jour-là, le directeur général des contributions, promu à la dignité de grand souteneur de la République, agrémentera son uniforme de quelques accroche-cœurs et d’une casquette à trois ponts fortement galonnée; il distribuera en guise de bureaux de tabac, aux personnes méritantes, des maisons ornées de lanternes rouges, où la régie viendra périodiquement estampiller ses produits, et les agents subalternes , vulgairement désignés sous le nom de rats-de-cave, parcourront les localités en quête de la contrebande, qu’ils n’hésiteront pas à confisquer quand ils auront la chance de mettre la main dessus.
Grâce à cette réforme qui s’impose, les nombreux débauchés auxquels on reproche de dissiper leur patrimoine en de folles orgies pourraient désormais aller au plaisir sans remords, et plus d’un, dans ces instants où l’homme fait un retour sur soi-même, s’é-
Les ombres chinoises de M. Renan,
Un Molière nature. — Claretie réaliste.
Le nouvel administrateur de la Comédie française, M. Jules Claretie, est, comme chacun sait, un homme d’ initiative et qui s’est donné la mission de faire place aux jeunes. Aussi ne s’est-on point étonné d’apprendre qu’il venait de commander une pièce à M. Ernest Renan, — une pièce de circonstance, un de ces petits à-propos qui servent habituellement d’entrée aux débutants.
Peu de gens ignorent que M. Renan, de l’Académie française, est un homme d’un certain âge et qui a déjà son petit bagage litté-
raire; il n’en est pas moins vrai qu’au point de vue du théâtre, c’est un « jeune », c’est-à-
dire un auteur qui ne s’est encore fait jouer sur aucune scène.
Il a bien fait paraître deci delà quelques essais qui témoignaient d’une irrécusable propension à l’art dramatique : le Prêtre de
TSémi et la revue de fin d’année publiée à l’occasion du jour de l’an dans le feuilleton des Débats se recommandaient par une certaine facilité dans le dialogue; quant à la partie technique, il n’y avait pas à s’en inquiéter, car M. d’Ennerv se fait un véritable plaisir demettre à la disposition de quiconque entre dans la carrière son génie dramatique et son expérience de la scène à faire. Les critiques autorisés s’accordaient donc à penser que l’auteur de Y Antéchrist pourrait faire de l’argent sur une de nos premières scènes, tout aussi bien que MM. Busnach ou Paul Ferrier.
Toutefois, avant d’affronter le feu de la rampe avec une œuvre importante comme un vaudeville, une opérette ou un drame en dixhuit tableaux, M. Renan, qui est un modeste et un timide, exprima le désir de s’essayer tout d’abord par une saynète sans prétention; il avait même songé à un monologue; mais Coquelin, dont il a toujours respectueusement écouté les conseils, le détourna du monologue,
en lui faisant remarquer que ce genre littéraire était complètement tombé en désuétude.
Ce fut alors queM. Jules Glaretie eut l’ingénieuse idée de faire la commande d’un à-propos pour l’anniversaire de Victor Hugo; la Comédie française eût désiré un à-propos en vers, et Francisque Sarcey, consulté, inclinait pour une pièce à couplets dans la manière de Bayard et Mélesville ou de Duvert et Lausanne; mais M. Renan objecta que, pour un premier essai, ce serait déjà fort joli de "dialoguer en prose, et il laissa seulement espérer qu'à la prochaine occasion il se lancerait dans le couplet de facture.
A peine annoncée, la pièce de M. Renan fut en butte aux indiscrétions des courriéristes : c’est ainsi qu’un reporter du Gaulois s’est introduit chez l’auteur et lui a pris une conversation, grâce à laquelle nous savons que l’action se passe dans les Champs- Elysées : n’allez pas en conclure qu’il s’agit d’une pièce bien parisienne, où l’on verra sur la scène le retour du Bois, la voiture aux
chèvres, et quelques cafés-concerts en plein vent. Les Champs-Elysées de M. Renan sont ceux de l’étage au-dessous, en la région souterraine que nous ont déjà montrée Meilhac et Halévy dans Orphée aux enfers.
attachait une grande importance à l’exactitude de la mise en scène : a Je voudrais, a-t-il dit, que les Champs-Élvsées fussent
représentés avec une fidélité absolue » ; faute de quoi il menace de retirer sa pièce ; aussi M. Glaretie se donne-t-il un mal énorme pour réunir les documents à l'aide desquels il sera possible de reconstituer, sur la scène, des Champs-Elysées vraiment dignes de ce nom ; enfin toutes les personnes qui possèdent des gravures, estampes, vignettes ou photographies de l’endroit, sont instamment priées de les mettre pour quelques jours à la disposition de M. l’administrateur général de la Comédie française.
Jusqu’à présent, les décorateurs n’ont guère entre les mains que la description donnée par Homère ; mais la science de la mise en scène a fait de tels progrès en ces dernières années qu’on peut s’attendre à des merveilles. Ce ne sera pourtant pas chose facile que de contenter l’auteur, dont les exigences vont jusqu’à réclamer « une lumière douce, tamisée, un mélange de bleu tendre et de gris mélancolique ».
Quant aux personnages, il faudrait qu’on
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les reconnût tout de suite, dit M. Renan : u La gravure et la sculpture ont popularisé les traits de Molière. Eh bien, je désirerais que l’acteur chargé de représenter l’ombre de Molière fût costumé de telle façon, se composât une telle physionomie, prît un tel habitus ; que toute la salle le reconnût à son entrée. Et de même des autres. »
Il n’y a pas à se dissimuler que cela va créer de grosses difficultés dans la pratique : quelles que soient leur souplesse et leur habileté en l’art délicat de se faire une tête, les comédiens des Français auront bien de la peine à réaliser de semblables transformations et je n’en vois aucun qui soit de force à nous donner en entrant sur la scène l’illusion d’une ombre vaine, qu’elle soit de Molière ou de Racine. On frémit en songeant au régime de privations auquel il va leur falloir se soumettre pour interpréter l’œuvre de M. Renan d’une façon à peu près convenable ; — mais, en revanche, voilà pour Sarah Rernhardt une occasion unique de faire sa rentrée sur
la grande scène d’où elle n’aurait jamais dû sortir.
Comme Sarah Bernhardt ne se décidera sans doute pas à quitter la Porte-Saint-Martin et que la troupe des Français ne parviendra vraisemblablement point à se réduire en ombres avant le 26 février, date fixée pour la première représentation, il est infiniment probable que l’on sera obligé de recourir au truc bien connu dont on se sert au théâtre pour représenter les spectres, comme celui de Banco.
11 suffira pour cela que les divers personnages dialoguentà la cantonade, tandis queleurs fantômes arpenteront la scène en y faisant les gestes; cela serait d’un effet à la fois saisissant et grandiose, mais il est douteux que les sociétaires de la Comédie française veuillent bien consentir à rester dans la coulisse.
Or M. Renan a déclaré que si la première représentation ne le satisfaisait pas, il retire-
rait sa pièce ; et ce serait grand dommage.
Je n’ai pas de conseil à donner à un écrivain de cette valeur, sans quoi je n’hésiterais pas à lui suggérer l’idée de porter sa pièce dans un de ces théâtres de second ordre où l’on représente des ombres chinoises : c’est là seulement qu’il trouvera une interprétation à la hauteur de ses désirs.
11 est donc bien possible que, faute d’une entente avec la Comédie française, M. Ernest Renan finisse par donner son à-propos à Guignol, — le Guignol des Champs-Elysées.
Le lapin reconstituant. — Plus de myopes. Avis aux gardiens du sérail.
La science est actuellement en train de procéder à une réhabilitation éclatante du lapin, ce quadrupède sans prestige qui jouissait jusqu’à ce jour d’une réputation déplorable dans le monde où il a contracté l’habitude de se « poser » en animal à bonnes fortunes.
Un médecin de Clermont-Ferrand vient, en effet, de découvrir que ce rongeur tant calomnié était tout bonnement capable des plus sublimes dévouements; je n’en veux d’autre preuve qu’une touchante anecdote citée par
le Figaro: « Il s’agit de la transplantation d’un œil de lapin dans l’orbite d'un être humain... Cette opération a été pratiquée par le docteur Chibret sur l’œil d’une jeune fille de dix-sept ans qui se porte fort bien et qui a toujours 1 œil de lapin dans son orbite, détérioré à vrai dire, mais soudé , parfaitement adapté aux nerfs de l’œil qu’on lui avait enlevé, ce qui est le point capital de cette découverte. » — "V oilà donc un lapin qui a sauvé une jeune fille — et à l’œil, — ce qui est l’indice d’un désintéressement rare !
Le Figaro néglige de publier le nom de la jeune personne sur lequel ce lapin a daigné jeter l’œil; — mais on ne peut pas faire moins que de la baptiser Mllc OFil-de- Gibelotte, en souvenir de son noble bienfaiteur.
Cette découverte scientifique a fait grand bruit à 1 Académie de médecine, où, après avoir pendant quelque temps affecté de traiter le lapin comme un vulgaire canard, on a fini
par le couronner... clans la personne du docteur Chibret. Sic vos non vobis ! .
Il est à remarquer, en effet, que le praticien a seul bénéficié de cette récompense honorifique dont une bonne part devait équitablement revenir au modeste léporide qui avait si généreusement sacrifié la prunelle de ses yeux en faveur d’une jeune personne avec laquelle il n’était même pas en relations. Et l’on frémit en songeant que ce héros obscur en est peut-être actuellement réduit à jouer delà clarinette sur un pont, derrière une pancarte ornée de cette inscription laconique : Aveugle par suite de dévouement à lu science.
Vous m’objecterez peut-être que, s’il faut en croire les classiques de la cuisine , « le lapin aime à être écorché vif », tandis que le lièvre « préfère attendre ». C’est, en effet, sans doute pour cela que le docteur Chibret s’est adressé cà un lapin, car il est infiniment probable que la plupart des lièvres auxquels
il a proposé cette affaire ont répondu sans détour qu’ils préféraient patienter jusqu’à une autre occasion. Mais cela ne me paraît diminuer en rien le mérite du lapin, auquel il eût été juste de décerner pour le moins quelques palmes d’officier d’académie, qui eussent été d’un excellent effet sur sa robe d’hermine, — car j’oubliais d’ajouter qu’il s’agit d’un lapin blanc; — c’est vous dire que la jeune fille a maintenant des yeux rouges.
A part ce léger détail, l’opération a parfaitement réussi, en sorte qu’après avoir été quelque temps méconnu, comme tous les inventeurs, — voire même traité de « poseur de lapins » par des confrères jaloux, — le docteur Chibret triomphe aujourd’hui et trouve partout des imitateurs : MM. Rohmer (de Nancy), Bradfort (de Boston), et Terrier, l’un de nos meilleurs chirurgiens des hôpitaux, se livrent couramment à la transplantation des yeux de lapins dans des orbites humains. On cite même quelques officiers de santé qui pratiquent déjà le même genre d’opération avec
clu chat de gouttière, et nous nous faisons un devoir de signaler au laboratoire de la préfecture cette sophistication dangereuse pour la santé publique.
Il est fort probable qu’avant peu la précieuse invention du docteur Chibret sera tout à fait entrée dans les mœurs, et que tous les opticiens bien achalandés tiendront à la disposition de leur clientèle un assortiment complet d’yeux frais provenant des différentes espèces animales ; en un mot, la vulgarisation de cette découverte nous paraît appelée à rendre de très grands services aux myopes, chaque jour plus nombreux dans nos grandes cités : lunettes, binocles et jumelles seront utilement remplacés par des paires d’yeux empruntés aux bêtes les plus clairvoyantes ; les personnes que la nature de leurs occupations oblige à employer la longue-vue trouveront un grand avantage à se faire introduire une fois pour toutes un œil de lynx dans la
cavité orbitaire ; — quant aux aimables gommeux qui considèrent le monocle comme un objet indispensable, ils ne tarderont pas à suivre le mouvement général, et le jour est peut-être proche où il sera tout à fait bécarre de porter un œil de lapin sous l’arcade sourcilière gauche,
A ce propos, une question se pose et qui soulève l’un des plus graves problèmes de la physiologie : les yeux d’animaux transplantés dans des visages humains auront-ils besoin d’une éducation spéciale pour participer aux connaissances acquises par leurs porteurs, ou bien s’y accommoderont-ils tout naturellement et sans aucun effort?
Si, par exemple, M. Francisque Sarcey, dont la myopie est proverbiale, se décidait à jeter au rancart ses vieux globes oculaires pour les remplacer par ceux d’un léporide en bas âge, on se demande anxieusement s’il conserverait après cette opération la faculté de reconnaître à première vue le jeune Fernand Samuel et de lire couramment les œuvres
DE L’ANNÉE
d’Eschyle dans le texte grec? — C’est un point discutable et sur lequel les physiologistes controversent passionnément ; M. Sarcey fera donc bien d’attendre qu’ils soient d’accord, car ce serait pour l’éminent critique une épreuve bien pénible que d’avoir à réapprendre l’alphabet et à se faire présenter de nouveau toutes les personnes de sa connaissance pour mettre à la portée de ses occupations des organes accoutumés seulement à distinguer le thym du serpolet et le braconnier du garde champêtre.
Le jour où cet important problème physiologique sera définitivement résolu, la prothèse oculaire prendra rapidement une grande extension et l’usage des yeux de lapins sera bientôt aussi répandu que celui des fausses dents ou des chignons postiches ; — d’ailleurs, tout porte à croire que la science ne s’arrêtera pas en si beau chemin : « Qui nous dit, observe le Figaro , que demain on ne pourra pas transplanter d’autres organes, comme l’estomac, par exemple, etc., etc.? »
Cette riante perspective ouvre des ho rizons pleins de promesses à tous les déshérités que la nature marâtre a incomplètement pourvus pour le struggle for life, et je laisse à pen-
sérail, pour lesquels le mot va bientôt cesser d’être turc.
ser quelle vivifiante émotion la bonne nouvelle va répandre dans le cœur des gardiens du « impossible »
DE L’AN
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Rien ne manquera plus à leur bonheur, et, quand l’un d’eux se retirera des affaires après fortune faite, il lui sera loisible, moyennant une modique rétribution, d’acquérir tout ce qu’il faut pour faire bonne figure dans les salons où l’on cause.
Et nous nous plaisons cà croire qu’ aussitôt rassortis ces messieurs considéreront comme leur premier devoir d’ériger une statue de leur bienfaisant libérateur, ce vaillant Chibret, dont le nom plein de promesses est pour eux synonyme de régénération.
Les grèves de la Comédie française.
Un jury d’honneur.
Nouveau dialogue des morts.
Il n’y a pas moyen de se dissimuler que la Comédie française traverse une crise dans le genre de celles qui révolutionnent périodiquement le bassin houiller de Decazeville.
Les sociétaires se mutinent, les membres du comité sont en grève et l’on craint d’un instant à l’autre des actes de violence ; nous ne serions même pas étonné d’apprendre dans le courant de la soirée que l’impopulaire M. Goblet vient d’être horriblement mutilé, comme le fut naguère l’infortuné Watrin. Ce serait la vengeance de Germinal.
Toutes les mesures sont prises pour éviter
d’aussi regrettables désordres, et la troupe de l’Odéon se tient prête à marcher, au premier signal, sur la Comédie française ; les principaux meneurs sont activement surveillés et l’ingénieur Claretie fait les plus louables efforts pour rétablir le calme dans les esprits ; Dieu veuille qu’il ne paye pas de sa tête cette généreuse tentative de conciliation!
La situation est devenue tellement grave que l’administrateur général de la Comédie a jugé indispensable de faire appel à la vieille expérience de M. Ernest Renan ; l’illustre académicien a donné le conseil de réunir immédiatement un jury d’honneur composé des principales notabilités du théâtre français : MM. Corneille, Racine, Boileau-Despréaux, Voltaire et Diderot se sont empressés de répondre à cette convocation d’urgence ; Molière, empêché par un rendez-vous avec Lambert, avait délégué sespouvoirsà la charmante Mlle Reichemberg, qui s’est présentée sous le pseudonyme du génie Camillus, le petit messager des Enfers (de la compagnie Camille).
DE L’ANNEE
La réunion s’est tenue aux Champs-Elysées,
sur un banc; elle a été des plus cour-
toises, mais on s’y est occupé d’une foule de choses étrangères au motif de la convocation ; c’est seulement lorsque tous les autres sujets de conversation ont été épuisés que l’on s’est décidé h
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dire quelques mots de l'affaire Dudlay ; hâtons-nous d’ajouter que ces messieurs ne sont point arrivés à une solution et que la séance s’est terminée par un procès-verbal d’incompétence.
Nous avons toutefois jugé intéressant de placer sous les yeux de nos lecteurs quelques propos dont nous sommes redevables à l’indiscrétion de ce petit farceur de Camillus :
RACIN IL.
Mais, au fait, mes chers amis, si nous causions un peu de ce qui se passe dans la maison de Poquelin.
BOILEAU, finement.
Goquelin, voulez-vous dire!