LE LENDEMAIN
D'un air languissant et rêveur Justine a repris son ouvrage ; Elle brode; mais le bonheur Laissa sur son joli visage L'étonnement et la pâleur.
Ses yeux qui se couvrent d'un voile Au sommeil résistent en vain ; Sa main s'arrête sur la toile, Et son front tombe sur sa main.
Dors, et fuis un monde malin :
Ta voix plus douce et moins sonore, Ta bouche qui s'entr'ouvre encore, Tes regards honteux ou distraits, Ta démarche faible et gênée, De cette nuit trop fortunée Révéleraient tous les secrets.
TABLEAU VIII. l'infidélité.
Un bosquet, une jeune femme ; A ses genoux un séducteur Qui jure une éternelle flamme.
Et qu'elle écoute sans rigueur ; C'est Valsin. Dans le même asile Justine, crédule et tranquille, Venait rêver à son amant ; Elle entre : que le peintre habile Rende ce triple étonnement.