II NOTICE
forma un petit clan d'aimables viveurs qui ne prenaient de la vie que le côf é agréable.
A rage de vingt ans, ses parents le rappelèrent à rile Bourbon.
C'est là que Parny rencontra Eléonore, jeune créole âgée de treize ans. Il en devint éperdument amoureux, mais son père s'opposa à leur union.
Parny en conçut un chagrin tel que l'état de sa santé ne laissa pas que d'inspirer à sa famille de vives inquiétudes.
Pour oublier celle qu'il aimait, il revint en France et retraça ses vicissitudes amoureuses dans de charmantes élégies écrites en vers faciles et d'une grâce parfaite.
Comme il se sentait le besoin de se distraire, il entreprit de longs voyages et finit par s'embarquer pour les Indes, comme aide de camp du gouverneur français.
Mais sa santé toujours chancelante, le força de revenir en France.
En 1777, il publia l'Epftre aux insurgents, qui déplut à un certain ministre, ce qui fut cause qu'l^ cessa de solliciter uu emploi.
Il passa gaiement ses loisirs à Feuillancourt, vallée entre Marly et Saint-Germain.
Lors de la révolution, il fut ruiné par le système des assignats et tut obligé de vendre jusqu'à ses livres.
Un maigre emploi dans les bureaux de l'instmctloq publique lui permit d'attendre des jours meil-
NoncB. m
leurs. C*est alors que le généal Macdonald loi ynat en aide dans sa triste positioii.
En 1799* il fit paraître la Guerre des dieoz, épopée qui produisit un grand scandale, et lui attira de tous côtés des reproches amers, même de la part de aet amis.
Parmt fut reçu membre de Tlnstitnt en 1803.
n publia le Paradis perdu et les Galanteries de la Bible, qui, avec les Déguisements de Vénus, formèrent un volume, le Portefeuille volé, dont la publication fût prohibée par la police.
Vers cette époque, un conseiller d^état deNantei , M. Français, Directeur général des droits réunis, devint son protecteur et lui donna une sinécure dans ses bureaux.
Parny fit encore paraître d*autres poésies parmi lesquelles il faut citer : les Rose-Croix, oà l'on trouve des morceaux descriptifs d'une grande pureté de style.
On ne doit pas oublier de dter les Tableaux, des Chansons madécasses en prose et la Journée champêtre.
Il mourut âgé de 61 ans (5 décembre 1814).
Le style de Pakmt est souple, élégant, naïf et délicat. S'il a ses faiblesses, il a aussi son charme.
C'est de lui que Chateaubriand disait : c Je n'ai point connu d'écrivain qui lût plus semblable â ses ouvrages : poète et créole, il ne lui fallait que le de! de l'Inde, une fontaine, on palmier et une femme.»
Approchez, chrétiennes jolies.
De la Genèse les versets Valent bien d'un roman anglais L'horreur et les tristes folies.
Surmontez d'injustes dégoûts.
Lisez ; de la Bible pour vous Je traduis les galanteries.
Nous savons trop à nos dépens Comment le premier des serpens Des femmes tenta la première, Et comment notre premier père Acheva le fruit défendu Que son épouse avait mordu.