‹ Les galanteries de la Bible: avec une eau-forteChapitre 21 sur 23 · LE RÉVEIL D'UNE MÈRE · texte numérisé non relu

LE RÉVEIL D'UNE MÈRE

Un sommeil calme et pur comme sa vie, Un long sommeil a rafraîchi ses sens, Elle sourit, et nomme ses enfans.

Adèle accourt dte son frère suivie.

Tous deux du lit assiègent le chevet ; Leurs petits bras étendus vers leur mère, Leurs yeux naïfs, leur touchante prière, D'un seul baiser implorent le bienfait.

Céline alors d'une main caressante Gïntre son sein les presse tour à tour, Et de son cœur la voix reconnaissante Bénit le ciel, et rend grâce à l'amour ; Non cet amour que le caprice allume, Ce fol amour qui par im doux poison Enivre l'âme et trouble la raison.

Et dont le miel est suivi d'amertume j; Mais ce penchaiït par l'estime épuré.

Qui ne cohtiâît ni transports ni délire.

Qui sur le tteuf exerce un juste empire, Et donne seul un bonheur assuré.

Bientôt Adèle au travail occupée Orne avec soin sa docile poupée,

Sur ses devoirs lui {sût ua Unag discours.

L'écoute ensuite ; et répondant toujours

A son silence, elle gronde et pardonm^,

La gronde encore, et sagement lui donne

Toifs les avis qu'elle-même a reçus,

En ajoutant : Surtout ne mentez plus.

Un bruit soudain la trouble et l'intimide.

Son jeune frère, écuyer intrépide,

Caracolant sur un léger bâton,

Avec fracas traverse le salon.

Qui retentit de sa course rapide.

A cet aspect, dans les yeux de sa soeur

L'étonnement se mêle à la tendresse.

Du cavalier elle admire l'adresse ;

Et sa raison condamne avec douceur

Ce jeu nouveau qui peut être fimeste.

Vaine leçon I il rit de sa frayeur ;

Des pieds, des mains, de la voix, et du geste,

De son coursier il hâte la lenteur.

Mais le tambour au loin s*est fait entendra ;

D'un cri de joie il ne peut se défendre.

n voit passer les poudreux escadrons ;

De la trompette et des aigres clairons

Le son guerrier l'anime, il veut descendrei

n veut combattre ; il s'arme, il est armé»

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