U E EXTÉRIEURE DU PANTHÉON
Mais nous voici dans l’intérieur du temple , que d’un seul regard nous embrassons tout entier. Imaginez un cylindre immense portant une immense voûte, dans laquelle le jour 11e pénètre que par une ouverture ronde à ciel ouvert. Le temple ainsi éclairé d’une lumière douce , tranquille et bleuâtre , dispose au recueillement. La hauteur de la voûte , égale au diamètre de sa base , mesure environ cinquante mètres. La voûte est décorée de cinq rangs de caissons carrés qui étaient autrefois revêtus de lames d’argent. A l’endroit où finit la courbe de ce
ROME
vaste hémisphère , règne une corniche que soutenaient jadis des cariatides de bronze , ouvrage merveilleux du sculpteur athénien Diogène ; cette corniche couronnait un attique de pilastres, remplacé aujourd’hui par des tables de marbre, et sous lequel régnent une frise de porphyre et un ordre circulaire de quatorze colonnes corinthiennes cannelées, la plupart en jaune antique d’un seul bloc. Dans l’épaisseur du mur, qui a plus de six mètres, ont été pratiqués sept enfoncements consacrés aux dieux païens, et servant aujourd’hui de chapelles. Celle du milieu, où est le maître autel , faisant face à la porte d’entrée , contenait du temps d’Agrippa la statue colossale de Jupiter. Sur le pourtour intérieur du temple, s’élevaient huit tabernacles en saillie , soutenus chacun par deux colonnes cannelées de jaune antique, de porphyre ou de granit; la religion catholique les a transformés en autels.
C’est à l’année 608 de notre ère que remonte la prise de possession du Panthéon par les chrétiens. L’empereur Phocas le donna au pape Boniface IV, qui en fit une église et sauva ainsi ce monument de la destruction. Mais si l'on conserva l’édifice, on n’en respecta guère les ornements. Le bronze y était employé à profusion : des lames de bronze doré couvraient la coupole et le fronton, et des poutres du même métal soutenaient le toit du portique. Au vne siècle l’empereur Constance il fit arracher les tuiles de la coupole et les lit porter à Constantinople ; dix siècles plus tard, le pape Urbain VIII, Barberini , s’empara de tous les bronzes du portique, pesant ensemble quatre cent cinquante mille livres : on s’en servit pour fondre les canons du château Saint-Ange et les colonnes du baldaquin de Saint-Pierre, ainsi que le constate naïvement une inscription placée à l’entrée du temple. A cela près, la forme et la décoration primitives du Panthéon n’ont subi aucune autre altération, si ce n’est cependant les deux campaniles que le même Urbain VIII eut la malheureuse idée d’y ajouter en arrière de la façade , et qui sont du Bernin. On peut donc considérer le temple comme étant aujourd’hui ce qu’il était au siècle d’Auguste. Lorsque Boniface IV convertit le Panthéon en église, il fit déposer sous l’autel de Jupiter vingt-huit, chars remplis de reliques des martyrs, recueillies dans les catacombes de Borne : de là le nom de Santa Maria ad Martyres donné à l’église. Au ixc siècle, Grégoire IV, dédiant à tous les saints le monument que P antiquité avait dédié à tous les dieux , ordonna que dans toute la chrétienté on célébrerait, le 1er novembre de chaque année, une fête qui s’appellerait la. Toussaint. Enfin Paul V et Urbain VIII firent déblayer le portique, et Alexandre VII le compléta en y élevant deux colonnes qui manquaient au coté droit.
De toutes les églises de Rome , le Panthéon est la moins riche en sculptures et en tableaux. Ce qu’on y voit de plus remarquable, c’est le tombeau de Raphaël. Annibal Carrache , Balthasar Peruzzi , Perino de! Vaga, Jean d’Udine , et Taddeo