ACTE DEUXIEME
BOURGOGNE
Le portrait de M. le maréchal qui (5tait ici !...
(Il montre le dessus de la porte du fond.) MARGUERITE.
Oui, je l'ai fait mettre à gauche; il est mieux éclairé.
(Elle passe à droite.) BOURGOGNE, à demi-voix, grognant.
C'est ça, encore un changement!
MARGUERITE
Est-ce que cela vous contrarie, Bourgogne?
BOURGOGNE
Grand Dieu! ce que fait mademoiselle est bien fait; mais trouver W. le maréchal à gauche quand on a depuis quarantecinq ans l'habitude de l'épousseter à droite... Enfin, je tâcherai do. m'y faire... (ll va pour époujseter le portrait et s'arrête.) MaiS aujourd'hui, non!... non!... Si mademoiselle n*a plus besoin de moi, j'irai chercher le journal de M. le Marquis?
MARGUERITE, achevant de ranger les vases sur la cheminée.
Oui, et n'oubliez pas aussi de prendre celui de mon parrain et de le lui porter.
(Elle repasse à gauche.)
Oui, mademoiselle, (a lui-même. ) Encore une nouveauté! — Il a bien besoin de le lire son journal, pour se monter la tête!
MARGUERITE, rangeant, et poussant un cri d'élonnement en prenant une carte sur le secrétaire.
Ah!
BOURGOGNE, s'arrêtant.
Mademoiselle?
MARGUERITE, avec joie.
M. Cavalier ici!... M. Marcel!... Il connaît mon oncle?
BOURGOGNE
Ça, mademoiselle! — oh! c'est une carte ancienne déjà! C'est un monsieur qui est venu ici il y a quinze jours.
MARGUERITE
Ah!... si longtemps!
BOURGOGNE
Oui, il n'avait pas l'honneur d'être connu de M. le Marquis. Il s'est ennuyé d'attendre, et il est parti. J'ai mis sa carte là;
et M. Vauclin m'ayant fait une scène ce jour-là, j*ai oublié de la remettre à M. le Marquis.
MARGUERITE
Il est venu... il y a quinze jours. Ah! c'est singulier!
BOURGOGNE
Mademoiselle le connaît?
Je crois bien! un ami de la maison où l'on m'a recueillie, et qui élait si affectueux pour moi!... Et il n'est pas revenu?
BOURGOGNE
Non, mademoiselle; seulement je crois bien l'avoir vu passer hier dans la prairie qui est au bout du parc.
MARGUERITE
Là-bas ?
BOURGOGNE
Oui, mademoiselle!... Mademoiselle n'a plus rien...?
MARGUERITE
Non, non. Allez l