‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 132 sur 238 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Gn»NCHU.

Iloin? (u se retourne et de-iieure saisi ii la vue de Morisson.) Ah! le

Parisioti!...

LE BARON

Chut clone, Grinchu !

GUIN'CIIU, à Morisson.

Dites donc, vous !... Eh bien, n'vous gênez pas!

MORISSON, ahuri.

Ilein?... quoi ?...

GRINCHU

Voulez-vous ben m'iend' ma place!

MORISSON

Quelle place?

GRINCHU

La place ousque j'pèche lous les malins.

MORISSON

Ah bien, j'aime cette réclamation-Ui, par exemple!. . Esl-ce que le bord de l'eau n'est pas à tout le monde?...

GRINCHU

Le bord de not' ru... n'est pas à nous ? — Le ru du pays... qui traverse l'pavs, n'est pas au pays?

LE BARON, impntienté.

Allons, voyons, Grinchu!... en voilà assez : M. Morisson rst dans son droit. La place est au preinier occupant. — Il fallait vous lever plus matin! voilà tout, et laissez-nous la paix!

GRINCHU

Ah ben, excusez!... C'est pas assez qu'les Parisiens y nous prennent not' terrain pour y bâtir leu chalels, ils ne laisseront pas tant seulement un peu d'eau aux pauvres maraîchers du pays, pour l'agrément de leur pauvre existence.

Ah çàl dites donc! eh ! le maraîcher!... ne dirait-on pas que je ne l'ai" pas payé assez cher, ce terrain, grâce à vous qui l'avez fait monter?

GRIXCIIU.

Et pourquoi qu'vous l'avez fait monter sur moi? Que j'Ie guignais depuis vingt ans pour y faire mon hangarl

MORISSON

Il est superbe, ce villageois 1

Vous pouviez pas acheter des terrains à Paris, puisque vous êtes Parisien? Il en manque donc, des terrains, à Paris, pour venir molester comme ça le pauvre monde de la campagne?

LE BARON

Mais, sapré mâtin! sur quoi diable a\ez-vous marché ce matin, voyons, Grinchu?...

GRINCHU, exaspéré.

Non, m'sieu le maire, voyez-vous, ça n'peut pas s'passer comme ça! Vous défendez les Parisiens, à cause que vous êtes aussi un Parisien, vous!... Mais, moi, j'dis qu'c'est la ruine du pays, tout c'monde-là. Nous n'sommes pas chez nous!... V'ià vingt ans, il n'y a pas de bon Dieu qu'y tienne, vingt ans que j'pêche tous les matins à c'te place-là I... Les poissons, ils n'y viennent qu'parce qu'ils disent : « V'ià l'père Grinchu ! allonsy 1... » Et ct'homme-là me les prendra à mon nez, mes pauvres poissons, qui m'aiment tant !...

LE BARON

Mais il ne prendra rien, diable d'homme! ni moi non plus, si vous braillez comme ça.

GRINCHU

J'veux ma place.

LE BARON

Et moi, j'veux que vous vous taisiez. Mille millions de carabines, est-ce fini ?

GRINCnU.

Monsieur le maire, les Parisiens !... ô misère!...

LE BARON

Il n'y a pas de Parisiens ici, caboche de mulet que vous

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