‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 149 sur 238 · BUISSON · texte numérisé non relu

BUISSON

Prépare tui-mème ; je tiens M. Grcdolu !

LA MÈRE BUISSON

Chienne de fête, va, il y a de quoi être fou !

COURTECUISSE

Sapristi! dépêchons. Dites donc, la petite mère, v'ià le second coup, nous ne serons jamais prêts.

PIPART , rasé.

Quéque que t'as besoin d'être prêt, toi?... T'es donc d'ia cérémonie ?

COURTECUISSE, se carrant.

Tiens! qu'est-ce qui ferait partir les l^oîtes donc? J'suis donc pas l'artilleur, moi, l'ancien?

PIPART

Ail! s'il y a des boîtes, alors... (U ritet tousse.— La mère Buisson attend, le rasoir en l'air. )

TROUSSEMAIN.

Mais, nom d'un chien, ne parlez donc pas, père Pipart; ça n'finira jamais!

LA MÈRE RUISSON.

Veux-tu prendre ma place, toi?... Dirait-on pas qire j'mamuse? Tu peux pas lire ton journal, feignant! (ehs essuie son

front. )

TROUSSEMAIN.

Il est propre, vot'journal ! Il est du mois de janvier.

CAILLOUX

Alors, à quoi qu'ça sert?

LA MÈRE BUISSON

Ça lui apprend à lire.

PIPART , coupé.

Cristil la mère, prenez donc garde !

LA MÈRE BUISSON, sans s'émouvoir, continua»

Non, c'est un bouton. A qui le tour?...

COURTE CUISSE, secouant sn pipe

A moi.

\GTE DEUXIÈME. Cl

TÈTILL\UD , s'élanjant de sa bouti'iuo.

A moi !

CAILLOUX , bonaissant du sol sur la chaise et los dovangaat tous deux.

JMinute!... Après Cocol

TKTILLAnD.

Veux-tu l'ôter, toi! Voilà deux lieures que je suis !j.

CAILLOUX

A vol' bouliquo, oui...

TÉTILLAUD.

I! y a pas de boutique, j'ai pris mon tour.

COURTE CUISSE

Après moi, dites donc, l'enflé!

TÉTILLARD, à la mère Buisson.

Je ne suis pas venu tantôt le premier?

LA MÈRE BUISSON

Ail! c'est pas tout ça! Faut que j'rase, moi: qui quo j'rase?

CAILLOUX

Marclions, maman!

TÉTILLARD.

Galopin, va!... Si c'est pas pour faire croire que ça a d'ia barbe !

CAILLOUX , savonné ù loir de bras.

J'en ai plus que vous, d'ia barbe!

COURTECUISSE, railleur et faisant le bffm.

Que que vous avez besoin d'être rasé, père Télillard... pour vous mettre fà l'iieure en sapeur?

TÉTILLA RD.

Ça me plaît, à moi.

COURTECUISSE, de mîme.

Puisque vous avez une barbe que vous avez fait venir de Paris!... que j n'en ai jamais vu de pareille en garnison.

TlÎTILLARD.

Tu vas finir de t'moquer de moi, loi!

CAILLOUX

Laissez-le donc; c'est parce qu'il m'en veut.

TÉTILLARD.

J'ten veux, moi ?

CAILLOUX

Oui, qu'vous m'en voulez, parce que j'suis entré comme jardinier chez M. Morisson, et qu'vous vouliez la place pour votre neveu Loriot.

LE PÈRE BUISSON, s'élançaat hors de sa boiitiiiuc.

Le savon, vile!

LA MÈRE BUISSON

Su' l'tabourel!

LE PÈRE BUISSON

Où çà?. . . Ail! (En se relouroant, U fait tomber le tabouret, le plat h. barbe, etc. )

LA MÈRE BUISSON

Fichu maladroit!

LE PÈRE BUISSON, ramassant, furieux.

Propre à rien!... Tu peux pas l'fourrer ailleurs?

LA MÈRE BUISSON, do même.

Sur mon nez, peut-être?

LE PÈRE BUISSON

J'vas t'y flanquer, sur ton nez.

COURTECUISSE , s'interposunt.

Allons! nous alignons pas au rasoir, fichtre! et barbifions.

(Le p^re Buisson rentre dans sa boutique.)

LA MÈRE BUISSON, agitant le rasoir.

Ceux d'homme, va, c'est déjà gris!

CAILLOUX, l'arrcHant.

Eh! la mère!., attention!

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