BUISSON
Prépare tui-mème ; je tiens M. Grcdolu !
LA MÈRE BUISSON
Chienne de fête, va, il y a de quoi être fou !
COURTECUISSE
Sapristi! dépêchons. Dites donc, la petite mère, v'ià le second coup, nous ne serons jamais prêts.
PIPART , rasé.
Quéque que t'as besoin d'être prêt, toi?... T'es donc d'ia cérémonie ?
COURTECUISSE, se carrant.
Tiens! qu'est-ce qui ferait partir les l^oîtes donc? J'suis donc pas l'artilleur, moi, l'ancien?
PIPART
Ail! s'il y a des boîtes, alors... (U ritet tousse.— La mère Buisson attend, le rasoir en l'air. )
TROUSSEMAIN.
Mais, nom d'un chien, ne parlez donc pas, père Pipart; ça n'finira jamais!
LA MÈRE RUISSON.
Veux-tu prendre ma place, toi?... Dirait-on pas qire j'mamuse? Tu peux pas lire ton journal, feignant! (ehs essuie son
front. )
TROUSSEMAIN.
Il est propre, vot'journal ! Il est du mois de janvier.
CAILLOUX
Alors, à quoi qu'ça sert?
LA MÈRE BUISSON
Ça lui apprend à lire.
PIPART , coupé.
Cristil la mère, prenez donc garde !
LA MÈRE BUISSON, sans s'émouvoir, continua»
Non, c'est un bouton. A qui le tour?...
COURTE CUISSE, secouant sn pipe
A moi.
\GTE DEUXIÈME. Cl
TÈTILL\UD , s'élanjant de sa bouti'iuo.
A moi !
CAILLOUX , bonaissant du sol sur la chaise et los dovangaat tous deux.
JMinute!... Après Cocol
TKTILLAnD.
Veux-tu l'ôter, toi! Voilà deux lieures que je suis !j.
CAILLOUX
A vol' bouliquo, oui...
TÉTILLAUD.
I! y a pas de boutique, j'ai pris mon tour.
COURTE CUISSE
Après moi, dites donc, l'enflé!
TÉTILLARD, à la mère Buisson.
Je ne suis pas venu tantôt le premier?
LA MÈRE BUISSON
Ail! c'est pas tout ça! Faut que j'rase, moi: qui quo j'rase?
CAILLOUX
Marclions, maman!
TÉTILLARD.
Galopin, va!... Si c'est pas pour faire croire que ça a d'ia barbe !
CAILLOUX , savonné ù loir de bras.
J'en ai plus que vous, d'ia barbe!
COURTECUISSE, railleur et faisant le bffm.
Que que vous avez besoin d'être rasé, père Télillard... pour vous mettre fà l'iieure en sapeur?
TÉTILLA RD.
Ça me plaît, à moi.
COURTECUISSE, de mîme.
Puisque vous avez une barbe que vous avez fait venir de Paris!... que j n'en ai jamais vu de pareille en garnison.
TlÎTILLARD.
Tu vas finir de t'moquer de moi, loi!
CAILLOUX
Laissez-le donc; c'est parce qu'il m'en veut.
TÉTILLARD.
J'ten veux, moi ?
CAILLOUX
Oui, qu'vous m'en voulez, parce que j'suis entré comme jardinier chez M. Morisson, et qu'vous vouliez la place pour votre neveu Loriot.
LE PÈRE BUISSON, s'élançaat hors de sa boiitiiiuc.
Le savon, vile!
LA MÈRE BUISSON
Su' l'tabourel!
LE PÈRE BUISSON
Où çà?. . . Ail! (En se relouroant, U fait tomber le tabouret, le plat h. barbe, etc. )
LA MÈRE BUISSON
Fichu maladroit!
LE PÈRE BUISSON, ramassant, furieux.
Propre à rien!... Tu peux pas l'fourrer ailleurs?
LA MÈRE BUISSON, do même.
Sur mon nez, peut-être?
LE PÈRE BUISSON
J'vas t'y flanquer, sur ton nez.
COURTECUISSE , s'interposunt.
Allons! nous alignons pas au rasoir, fichtre! et barbifions.
(Le p^re Buisson rentre dans sa boutique.)
LA MÈRE BUISSON, agitant le rasoir.
Ceux d'homme, va, c'est déjà gris!
CAILLOUX, l'arrcHant.
Eh! la mère!., attention!