‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 155 sur 238 · BUISSON · texte numérisé non relu

BUISSON

Tout de suite.

GRINCHU, sans le regarder.

Oui, allons-y !

BUISSON, effaré.

J y vas ! ( U se sauve en courant. )

GRINCHU, stupéfait

OÙ ça ? OÙ ça qui va ?

LA SliuE BUISSON.

Eh bien, il va raser le bourgeois donc, sur la place!... M. Morisson...

G n I >; en u. Le Parisien ?

CAILLOUX

Eh bien, oui, quoi !... mon patron.

GRINCHU, suffoqué.

Y va!... Je viens me faire raser... et c'est le Parisien qu'y rase!

LA BlÈnE BUISSON, lui jetant une serviette au cou.

Allons, voyons, ne braillez pas : me v'ià, niui 1

GRINCHU, arrachant la serviette

J'veux pas de vous! Je viens chez le barbier... c'est pas }a barbière !... Je suis un homme, mioi, je veux être rasé par mon

éi^al.

LA MÈRE BUISSON

Ne faut-il pas qu'il perde pour vous ses pratiques boui'geoises?

GRINCHU

Ahl les pratiques bourgeoises!... v'Ià le grand mot! les bourgeois, les Parisiens, pas vrai? Et les enfants du pays qu'a gratté le sol municipal pour y faire pousser la moisson et la vendange... on les rase pas, eux!... C'est pas assez relevé! Ou'est-ce que ça?... C'est des paysans!... c'est pas des Pari- Biens!...

LA MÈRE BUISSON

Mais quand vous crierez!...

GRINCHU, à ripart, à Cailloux et à Télillard qui se sont approchés.

Et ça vous dit rien, tout ça? Vous voyez pas où ça nous mène?... et que nous finirons par ne plus être le maître chez nous !

CAILLOUX

Voyons! pourtant, Grinclui...

ACTl' DEUXIÈME. 59

I,A Mi;UE BUISSON.

Apres toiif, il a de la barbe comme vous, c't'liomme.

GUINCIIU.

Ah! v'ià comme vous me soutenez, vous autres!., comme M. le maire! Eh bien, écoulez bien ce que j'vous dis : si le père Buisson n'm'a pas rasé dans cinq minutes, j'commande pas la compagnie de pompiers à la grand'messe.

TOUS, eCTnijcâ.

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