SCÈNE IV
Les Mêmes, FLOUPIN.
FLOUP IN, en tenue de pharmacien, sauf le pantalon qui est celui du pompier Calotte sur la tête, du papier à la main, une plume derrière l'oreille.
Ah çàl voyons!... En voilà du train!...
Eh! monsieur Floupin !... c'est Grincliu... là... qui f;iit plu= de bruit pour sa barljo...
FLOUPIN.
C'est pourça? J'entendais des cris. ..je me disais, tout enécrivant : « Ce n'est pas possible, c'est quelqu'un qu'on assomme. On devrait bien empêcher ça... » M.iis, quand j'ai vu que case prolongeait et que je ne pouvais plus travailler... Oh! alors, je me suis dit : « C'est trop gênant... j'y vais... » Eh bien, voyons, qu'est-ce qu'il y a avec celte barbe?
G R I N C H U , de même.
11 y a... il y a qu'il n'y a pus que trois minutes.
FLOUPIN.
Qu'est-ce qu'il dit?
PIPART
Il dit, monsieur Floupin, que le second coup de la grand'messe a déjà sonné... même que j' vas mettre mon tricorne et mon baudrier... {ii se sauve.)
FLOUPIN, regardant l'heure.
Le second coup!... déjà!... Sapristi! je ne suis pas prêt non {)lus, moi. (a Cailloux.) Cours donc à la maison, et demande h madame Floupin mon uniforme et mon fourniment.
CAILLOUX
Oui, monsieur Floupin. (Fausse sortie.)
FLOUPIN, le rappelant et lui donnant ses papiers.
Tiens... tu mettras ça sur mon bureau. Et ne perds rien,
ACTK DEUXIÈME. GJ
mallicureux... c'est le brouillon de ina coiifcience... (coiiioux so
sauve.)
TÉTILLARD.
Vol' conférence?
FLOUPIN.
Oui... que je fais tantôt dans la salle d'école... à l'occa-^ion de la fête... comme divertissement... Un sujet tout neuf... Le luxe!...
TÉTILLARD.
Ahl
FLOUPIN.
Le luxe des villageoises!...
G R I N C II U , se levant.
II y a pus d' minutes. J' m'en vas.
FLOUPIN.
C'est ça, allez mettre votre casque, vous vous ferez raser tantôt pour m'entendre...
GRTNCHU.
J' mettrai pas mon casque, et vous commanderez les porn piers tout seul... J' vas pas à la grand'messe.
FLOUPIN, stupéfait.
Il ne va pas à la grand'messe?
G RINCHU.
Du moment qu'on me rase pas... je fais pus l'ornement do la commune.
TÉTILLARD.
Tout ça, monsieur Floupin, parce que Buisson est allé raser M. Morisson avant lui.
G R I N c H u , exasp.5ré.
Et j'ai pas raison, nom d'une brique !... C'est pas assez qu'il me prenne mon terrain... qu'il me prenne mes poissons..
FLOUPIN
Il prend vos poissons ?
GUINGHU.
A ma vraie place, où il s'a campé ce matin pour pôclier... Et que M. le maire lui donne encore raison, nom de nom !
F L 0 U P I N , souriont ûiiement.
Oh! ça!... ça ne m'étonne pas. . un Parisien!... Il sor.ient SOS compatriotes!...
G n I N G II u.
Il les soutient, qu' c'est l'infamie des infamies!
FLOUPIN.
Moi, vous savez... M. le maire... j'aime mieux ne pas en parler...
TÉTILLARD.
Oui, n'en parlons pas.
FLOUPIN.
Un homme qui est si... et puis tout... Et encore si ce n'clail que ça... mais il est tellement...
TÊT IL LARD et G R IN Cil L'.
Ah! que c'est vrai !
FLOUPIN.
Ah! si c'est vrai... Mais voilà ce que c'est que d'avoir un maire qui ne soit pas du terroir.
TÉTILLARD.
Il est sûr que si c'était un des nôtres...
Pouh!... Alors, ça marcherait... trop bien... Par exemple, Cassograin le taillandier... ou Gredelu...
GRINCllU.
Pas confiance, moi, en Gredelu.
FLOUPIN.
Ou encore moi, tenez .. plutôt moi... C'est une idée qui me vient comme ça tout à coup .. et qui n'est peut-être pas mauvaise...