‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 205 sur 238 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LE BARON, MORISSON, tmlnam une Talise ; accablé, défait, lamenUible.

LE BARON

Eh! mon Dieu! quel équipage!

MORISSON, lovant les bras au ciel.

Ahl monsieur le maire!...

LE BARON

Eh bien, qu'est-ce que c'est?...

MORISSON

Ah! les gredinsl... ah! quelle po[)uIationl

LE BARON

Ah çà! voyons, qu'est-ce qu'on vous a fait?...

MORISSON

Tout, et pis encore... pis encore que ce que vous m'aviez annoncé.

LE BARON

Grinchu?

MORISSON

Oui, ce cannibale... ce singe de Grincliu...

LE BARON

Parbleu !...

MORISSON

Après le feu d'artifice, monsieur le maire, épuisé et seul au logis (mon fils passe la nuit au bal, Françoise aussi) , j'allais me coucher quand une explosion se fait entendre, puis un cri sauvage : «Au feu ! » Des gamins qui faisaient partir des fusées sur la place venaient d'en jeter une par malice sur le toit de ma resserre! Un paillasson s'allume, flambe. « Au feu ! les pompes ! « Je leur crie : « Mais non , c'est l'afTaire d'une carafe ! —Au feu! » Grinchu paraît; il est coiffé du casque! Sa main

brandit la hache! On force ma grille. « Voici les pompes! » Ja crie, je me débals... « Mais il n'y a rien, c'est éteint!... » On foit la chaîne et l'on me jette sur la place! Grinchu saisit la lance, les autres pompent. Le jet impétueux inonde ma chambre à coucher, mon lit, mes armoires. C'est un fleuve, le plafond ruisselle! les chaises nagent! Ali! monsieur le maire, ah! quelle idée fatale vous avez eue de leur donner des pompes... cuirassées 1

LE BARON

Et enfin, vous voilà!..

sionissoN.

Par le conseil d'un honnête homme (car il s'en trouve môme chez les races les plus cruelles!) qui m'a glissé cette valise en me disant : « Voici du linge! Allez donc chez M. le maire, il vous donnera un lit. » Il ne s'en est pas tenu là; car il m'a soutenu jusqu'à votre porte... cet homme de bien...

LH BAIION.

Qui est?

MORISSON

Une àme d'or!... Tétillard!

LE BARON

Oh! il y a quelque chose là-dessous.

MORISSON

Plaît-il?

Enfin, peu importe! D'où qu'il vienne, le conseil est bon! Asseyez-vous et remettez-vous! Ce n'est plus qu'une affaire de patience... Dans une huitaine de jours, vous pourrez rentrer chez vous.

MORISSON

Jamais!...

LE BABON.

Iloin?

MORISSON

Jamais je n'y rentrerai... 0 rue de la Verrerie, tu me re-

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