‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 209 sur 238 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

MORISSON

Tu te battrais ?...

II D X ni.

Avec lui!— Ah! je te défie bien de l'empêcher, par exemple! Et je puis t'assurer, sur mon honneur, que ce n'est p;is moi qui aurai le courage d'égorger l'honnête homme que j'outrageais, et qui se fait si généreusement mon sauveur.

MOUISSON.

Mais, alors...?

HENRI

Eh bien, alors, que veux- tu! je ne me défendrai pas, voilà tout... et, s'il me tue...

MORISSON

Ah!...

Tu l'auras bien voulu.

!>I nniSSON.

Te tuer maintenant!... autre chose I... Mais c'est afTreux, cela !... De tous les côtés la honte... la mort... choisissez! — Allons, c'est un enfantillage... tu veux me faire peur... vous ne vous battrez pas.

HENRI

Cela ne dépend que de lui... Si tu aimes mieux risquer...

(Fausse sortie. )

MORISSON

Arrête !

HENRI

Décide-toi. J'attends.

MORISSON

Mon Dieu, mon Dieu, que faire?., (n tombe assis.)

HENRI, redescendant et avec chaleur.

Mais rien que de bien simple : se taire et continuer ce que j'ai si bien commencé... soutenir mon mensonge, puisque, après tout, il n'aura pas de suites.

M 0 R I s s 0 N , avec espoir.

C'est vrai! il le fait évader...

HENRI, tendrement.

Eii bien, alors, voyons! Qu'est-ce qwe cela te fait, que je passe encore pendant cinq minutes pour tout ce qu'on voudra? Il n'y a plus après que la fuite, la liberté, le salut.

MORISSOX.

C'est vrai.

HENRI

Je ne remettrai plus les pieds dans ce pays, ni toi. Nous ne le reverrons plus, cet homme, ni lui ni les siens. Et tu ne sais pas tout ce que j'y perds!.. Ah! la leçon est rude, va! je puis dire que j'ai passé à trois pas de mon bonheur, et que je l'ai perdu par ma faule.

MOUISSON.

Comment ?

HENRI, vivement.

Ah! ne parlons pas de ça ! 11 va venir. C'est bien entendu ? tu dis comme moi, n'est-ce pas ? tu ne me connais pas? je ne suis qu'un malfaiteur que tu aides à sauver, et, dans une heure, Paris... et nous deux, réunis, heureux. Est-ce dit? . tu le promets, n'est-ce pas? C'est pour moi, pour ton Henri. Tu ne veux pas qu'il te le lue. Ion Henri,., n'est-ce pas?... n'est-ce pas que tu diras comme moi ?...

MORISSON

Il le faut bien.

HENRI, essuyant les yeux de son pure.

On vient! tes yeux! tes yeux!... C'est lui, tu vois, je suis sauvé!... ce n'est plus rien... courage, c'est fini!

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