ACTE CINQUIÈME. ICI
ne pouvons pas nous battre avant le jour. D'ailleurs nous n'attendrons pas longtemps, l'horizon s'éclaire... Voioi les armes...
HENRI, très-pftle, très-défait, un peu égaré.
Monsieur, un seul mot... Madame la baronne... Monsieur, je vous en supplie, permettez cette demande à un homme désespéré... Elle vous a tout dit, n'est-ce pas?... Ce n'est pas une demande que je vous adresse, c'est une prière...
LE BAUON.
Après?
HENRI, avec anxiété.
Alors, elle s'est justifiée... elle vous a bien convaincu qu'il n'y a ici qu'un seul coupable... moi seul!... Elle vous l'a dit, vous le croyez, vous en êtes sûr?...
LE BARON
Non.
HENRI
Vous ne la croyez pas innocente?,..
LE BARON
Je ne vous reconnais ni le droit ni le pouvoir de m'en convaincre...
HENP. I.
Ainsi, parce que la fatalité a voulu que je rencontre sur mon chemin une honnête femme à obséder de mon fol amour; parce que j'ai été assez lâche pour venir, jusque chez vous, renouveler d'odieuses poursuites; parce que ces hommes m'ont coupé la retraite au moment oij je me retirais... sans l'avoir vue, monsieur, je vous le jure!., à cause de tout cela, monsieur, à cause de toutes mes folies, de tous mes crimes, vous ferez une malheureuse femme responsable du mal qu'elle a subi?... Ce n'est pas assez qu'elle soit ma victime, vous la faites ma complice?... Vous, vous monsieur!... Ah ! cela ne se peut pas, vous ne le voudrez pas... non, non, vous ne ferez pas cela.
LE BARON
Voici le jour, monsieur.
HENRI
Mais... au nom du ciel, vous m'écouteroz,
LE BAUON.
Ail! ceci me lasse.
HENRI, avec l'accont de la prit;re.
Enfin!... pourtant... si j'étais ce que vous sujiposez, monsieur, un amant, mais je vous haïrais... mais je serais trop heureux de me voir face à face avec vous, pour conquérir, par votre mort, h liberté de mon amour!... Et, au lieu de tout cela, j'attends vos coups, je les implore!...
LK BAUON.
On voit bien que vous êtes avocat, monsieur, vous plaidez fort bien.
IIENUI, désespéré.
Mais que laut-ii donc attester?... Quel ciel, quel Dieu, quel serment?...
LE BARON
Aucun. Pourquoi vous croirai-je, ne l'ayant pas crue ellemême?
HENRI, abattu.
C'est vrai!... Monsieur le baron, ce que vous faites là est épouvantable... Grâce à vous, monsieur, je ne suis plus seulement l'odieux poursuivant d'une malheureuse femme, je suis son bourreau, c'est moi qui la perds... Et pas de preuves, rien !...
LE BA RON
Encorel
HENRI, avec espoir.
Si... Ah! l'intention excuse bien ce que je fais là... Deux lettres!... (u les lui présente.) Deux lettres, monsieur, qui m'étaient réclamées... Lisez, monsieur, lisez! c'est la preuve d'innocence la plus éclatante.
LE BARON, prenant fioidement les lettres.
C'est bien son écriture, en effet.