ACTE DEUXIEME
MARGUERITE
A la bonne heure, vous vousOtcs décidé à venir, au moins! Je vous regardais tout à l'heure; je me disais: «Maisil ne viendra donc pas!... mais il restera donc toujours là, sur son vilain mur ! »
MARCEI-, gaiement.
Vous m'avez aperçu?
MARGUEIUTE.
Mais je crois bien; faites i'élonné! Je vous ai dit bonjour! vous m'avez bien vu !
MARCEL
Mais non !
Puisque vous m'avez répondu! (Bii^sant ii tae.) Comme cela !
MARCEL
Vous vous êtes trompée, chèro enfant! Mais qu'importe!,.. A présent je vous le dis ce bonjour, et de tout mon cœur!
MARGUERITE, le fai-ant descendre avec elle à gauche.
Vous êtes donc devenu timide, monsieur... avec vos amis?
MARCEL, «ans comprendra.
Timide? Comment, timide?
MARGUl.UITE.
Pourquoi n'être pas venu tout nalurellemenl frappera notre porte? Je vous aurais présenté à M. le Marquis, mon oncle!
MARCEL, élonné.
Votre oncle! M. le Marquis ! le Marquis de la Rochepéans?...
MARGUERITE
Est le frère de ma pauvre mère!... — J'ai aussi mon grand-' père !
MARCEL
Le Duc!
MARGUERITE
Oui; cela doit bien vous étonner. . vous qui m'avez vue... C'est toute une histoire; je vous conterai cela!
MARCEL
De sorte que vous êtes ici...?
En famille, mais sans doute, depuis quinze jours! — El si vous saviez comme ils sont bous pour moi l
MARCEL
Et comment ne le seraient-ils pas? L'heureuse nouvelle!... Et que j'en suis ravi pour vous, mademoiselle, qui méritez si bien!...
MARGUERITE
On ne vous a donc pas conté tout cela, à Paris?
MARCEL
Mais non, j'arrive de Brest, et...
MARGUERITE, l'interrotiipanl.
Enfin, vous saviez toujours bien que j'étais ici, puisque vous avez fait deux fois le tour de la maison pour me saluer!...
MARCEL
Moil
MARGUERITE
Oui!... hier et ce malin.
MARCEL, surpris.
En effet, oui, hier et ce malin... j'ai rôdé autour de la maison... mais c'était... (a part.) Elle ne peut pourtant pas croire que c'était pour elle!
MARGUERITE, !'ob=erT3nt.
Oui,oui,vousêtes embarrassé parce que vous vous sentez coupable! Fi! que ce n'estpasbien ! Maison vient à ses amis, simplement, et on leur dit: «C'est moi, me voilà, voulez-vous de moi?»
MARCEL
Eh bien, oui, j'ai eu fort, et une autre fois, chiure enfant!... Ah! pardon, laissez-moi vous donner encore ce petit nom d'amitié, qui me rappelle nos bonnes causeries de l'automne dernier!... Vous souvenez-vous de ces belles et bonnes soirées au coin du feu?
MARGUERITE
Si je m'en souviens !...
MARCEL
Je vous vois toujours dans votre grand fauteuil, toute pâle, toute faible...
MARGUERITE
J'étais bien malade et bien triste, en effet, et vous étiez bien bon pour moi.
MARCEL
Mais les couleurs commencent à revenir... vous voilà bientôt fraîche et souriante, et plus charmante que jamais!