‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 92 sur 238 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MARCEL

Oui I

MARGUERITE

Oh ! je voyais bien que tout cela était sincère et vrai !

MARCEL, avec chaleur.

Et aujourd'hui, c'est encore plus vrai que jamais !

MARGUERITE, naïvement, se levant.

Ah ! que je suis heureuse de ce que vous dites là ! et que nous avons bien fait de nous aimer!

MARCEL *

Et OÙ (rouverais-je un cœur meilleur, chère enfant ! une âme plus belle et plus pure que la vôtre?...

MARGUERITE

Ah I parlez ! parlez encore, je suis si heureuse de vous entendre !

MARCEL

Et tenez, Marguerite ! car vous avez raison, il est de ces choses que je ne vous ai pas dites ! Quand je vous quittais, je rentrais chez moi tout ému, tout nouveau, tout autre, enfin... Votre souvenir me fortifiait contre les chagrins, les déceptions, les amertumes de la vie... je voyais mille choses à dégoûter de ce monde, et mon cœur me criait : « Oui ; mais il n'y a pas que cela; il y a aussi Marguerite !... » Enfin, je souffrais, j'étais déçu... trompé dans un désir légitime, j'étais malheureux... et le souvenir de votre courage, à vous qne j'avais \ue souffrir si chrétiennement, arrêtait le blasphème sur mes lèvres! Vous étiez, mon ange gardien! j'invoquais votre aide! et je ne pouvais prononcer le nom sacré de ma mère sans ajouter tout aussitôt : « Et Marguerite ! »

MARGUERITE, assis? à giuchs.

Ah ! parlez, parlez toujours !

MARCEL, avec passion.

Et je ne vous aimerais pas, moi ? Mais je serais donc aveugle, ingrat et sans cœur? — Oui, notre union est écrite au ciel, Marguerite... On vous a mise sur terre pour veiller âmes côtés et me défendre contre moi-même... Et aujourd'hui que je vous retrouve, belle, pure, angélique, adorable, je vous reconnais... et je tombe à vos pieds, en vous jurant que vous êtes à moi... que je suis à vous, pour cette vie, pour l'autre, pour toujours !... et que je vous aime !... et que je t'aime !

• Marguerite, Marcçl,

MARGUERITE, très-émue.

Enfin, vous l'avez dit...

(L'émotion est plus forte qu'elle et tlle s'évanouit.)

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