scène vin
KAKATOÉ.
Une rosière ?
COCAMBEAU.
Couronnée à Nanterre... devant monsieur le garde champêtre !
KAKATOÉ.
Il n’y a donc que des rosières dans ce pays-là?
COCAMBEAU.
Des rosières et des petits gâteaux... même que j’en ai tant mangé que ça m’a gâté la voix... ma voix mue... je suis dans la mue...
Mais pourquoi ce costume?
PATCHOULI
Ces vêtements masculins?
COCAMBEAU.
Ces vêtements?... je les ai pris pour sauver mon innocence et échapper à mon séducteur.
KAKATOÉ.
Ton séducteur !
COCAMBEAU.
Un huissier de mon endroit chez qui que j’étais en service, et qui voulait abuser de ma jeunesse et de mes attraits.
PATCHOULI
Voyez-vous ça !
KAKATOÉ.
Ces polissons d’hommes !
. COCAMBEAU.
Ah! le gueux! le lfrigand ! m’en a-t-il fait de ces misères! il me suivait dans tous les coins et racoins... et puis, la nuit, il venait gratter à ma porte... mais je me serais fait z’hàcher plutôt que de me laisser embobiner... et pour sauver mon honneur, je m’ai sauvé dans l’Inde.
TOUTES
Ah ! c’est beau ! c’est très-beau !
COCAMBEAU.
Air de l’Amandier fleuri.
J’ voulais, pour fuir ses eutreprises,
Entre moi z'et c’ tyran Mettr’ la grande Océan...
Plutôt que d’ faire des bêtises,
J’ voulais m’expatrier,
Au risque de m’ neyer...
J’ suis seul’ sur la terre étrangère,
Sans plac’, sans quibus, sans état;
Mais, si j’ai perdu, d’puis Nanterre,
Ma fraîcheur et mon incarnat,
Du moins j’ai gardé l’espérance.
Avec mon innocence...
Et mon certificat!