‹ Les garnisons de la barrière dans les Pays-Bas autrichiensChapitre 1 sur 56 · DE MON AMI · texte numérisé non relu

DE MON AMI

Albert Van Overstraeten

Tandis (|ir', nous explorions les archives générales du Royaume en vue d'un travail que rAcadémie royale de Belgique nous a fait l'honneur d'insérer dans ses recueils ', nous eûmes la bonne lorlune de mettre la main sur deux documenis datés l'un et l'autre de 1731, où se trouvaient exposés les griefs de nos po[)ulalions contre les garnisons de la Barrière.

Le premier, trouvé dans le carton 1292 du Conseil privé, porte une suscriplion de la main du comte de Neny : Mémoire formé par M. de Kecrlc - sur la conduite des gouverneurs el garnisons de la Barrière, A" nSL II se compose de six cahiers in-folio, composés au total de G4 feuillets couverts d'écrittn-e des deux côtés.

L'autre, conservé dans le fond de la Chancellerie '' et signé par le comte

1 Le voyiuje de l'cmiiereur Joseph II dans les Pays-lias autrichiens en 1781. (Mèjioirrs

COURONNÉS ET MÉMOMIES DES SAVANTS ÉTRANGERS, t. I.VIII.)

'^ Louis de Keerle, né à Gand en 17 i."), fut d'abord conseilter-pensionnaire de sa vitte na(ale, puis devint gretiier du Conseil des domaines en 17iO, et fut appelé en 1751 aux fonctions de irieinbro du (Conseil des [''inances. Il retourna ensuite à (land comme prtmdont du (Conseil d(! l'Iandro en 177:2, et mourut en cette ville, le ."i mai 1781. iMarie-riu'rèse lui avait conféré en 17(il la dignité de Conseiller d'État, et, en 1778, le titre do baron (V. Van DKii Vynckt, llisloirc du Conseil de l<'landre. Mscr. de la l)il)liolliè(|ue ili> l'I'niversilé de (;and). — Nous montrerons plus loin (|ue ce document porte à torl le nom de Keerle. Celui-ci s'est borné à reprendre un nK'moire anonyme de 17!58, et y a ajouté quelques faits plus récents.

•' D. V : ad 11. Au dos, il est mari|ui'' : « Il a l'Ié l'ait 7 exemplaires de ce mémoire, (!(iMt 0 ont éli'^ remis ;in ClKuirelier i\r ciuir et il'i'llal Cmnle (l'illffeld, et le 7'' a l'Ié envoie aux i'aysHas, le 11 de mai] 17."»t, par lettre particulière du Conseiller suprême de Neny, au Secrétaire (l'Ktal cl de guerre Crunqiipen, pour l'information du C.ouvernemenl. d

de Neny ', est inlilulé : Mémoire et exposition de faits sur différentes entreprises et attentats que les commandants et autres officiers de la République des Provinces-Unies ont commis aux Pays-Bas, depuis la dernière paix d'Aix-la-Chapelle, nommément dans les places de la Barrière. II comprend 13 pages in-folio.

Ces deux documents présentent un grand inlérêl, en ce qu'ils relatent avec beaucoup de précision un certain nombre de faits jusqu'ici demeurés inconnus.

Nous eûmes d'abord l'intention de prier la Commission royale d'histoire de les publier dans ses Bulletins; mais tandis (|ue nous faisions des recherches complémentaires pour élucider certains passages de ces mémoires, nous découvrîmes, coup sur coup, de nombreuses pièces d'archives qui jetaient, nous sembla-l-il, une vive lumière sur une période peu étudiée de nos annales.

En effet, Willequet^ et, après lui, Gachard-^ ont surtout porté leur attention sur l'histoire diplomatique du traité de la Barrière; ils ne se sont pas occupés de l'état intérieur du pays et des rapports qu'entretinrent les garnisons avec les autorités civiles et religieuses.

1 Voir une intéressante notice de G. Bigwood sur Neny dans la Biographie nationale, XV, 588-593.

2 E. Willëquet, Histoire du système de la Barrière. (Annales oes univeiîsités de Belgique, VI. Bruxelles, 18b0.)

•^ Gachard, dans son Histoire de la Belgique au commencement du AT///'' siècle, consacre exactement six lignes à notre sujet : « L'occupation permanente des principales forteresses par les troupes hollandaises, outre ce qu'elles avaient de blessant pour la dignité de la nation, devait inévitablement entraîner de fréquents contlits de la part de ces chefs de troupes avec les autorités locales, conflits auxquels il ne serait pas possible au ' gouvernement de rester étranger (pp. S03-504). » Suit une note de 23 lignes, donnant des indications sommaires sur le contenu d'un mémoire remis en 1738 aux conférences d'Anvers par les commissaires belges.

Il en est de même de Lamberly ', de Borgnet^, du chevalier A. von Arnelh ^.

Discailles * s'occupe surtout de faire connaître le mécanisme gouvernemental, et son plan ne comporte pas la vie intérieure de nos provinces; on trouvera dans son livre quelques indications générales sur les inconvénients que les traités de 1715 présentent au point de vue du commerce.

Van Ruckelingen ^ n'a fait qu'effleurer le sujet.

Piot ", dont le plan se rapproche, dans les grandes lignes, de celui de Discailles, a consacré quelques pages '^ aux relations des Pays-Bas avec la République des Provinces-Unies. Pour ce qui concerne l'histoire intérieure, il se borne à dire : « Parfois les garnisons hollandaises se livraient à des excès et portaient atteinte à la liberté des citoyens '^ »; et il ajoute : « ces excès étaient rares ^ ». Nous verrons plus loin ce (pi'il faut penser de cette appréciation.

La brochure publiée parC. Rublenbeck '", en 1884, est bien documentée, mais elle est fort concise et s'occupe surtout de la question religieuse ",

^ Mémoires pour servir à l'histoire du XVIll^ siècle.

2 Le traité de la Barrière (Revue nationale de BiiuxKi.i.Es, 1839-1840). — Histoire des Belges au XVI II siècle.

'•* Geschichte Maria-Tlieresia's. Les excès des troupes liollamlaises y sont très brièvement exposés (IV, 253-238).

* Les Pays-Bas sous le règne de .Marie-Thérèse.

5 Geschiedenis der Oostenrijksche i\ederlanden.

c Le règne de .Marie-Thérèse dans les Pays-Bas autrirhiem.

^ Pages 25-38.

8 Pages 26-27.

9 Ibid.

'" La Belgi(jne el les garnisons île la Barrière.

'• La (|ucslioii religieiisi^ a t'ait rol)jct de m)inl)reiix travaux du mt-mc érudit. Voir sa bibliographie en ti"t(' de la hrocliuri! pn'uMK'e.

L'auteur connaît évidemment les sources, mais il est loin d'épuiser la matière, et n'a voulu faire d'ailleurs qu'un travail de vulgarisation.

Enfin, les historiens locaux ' sont pour ainsi dire muets sur le point qui nous intéresse.

Aussi, après avoir songé d'abord à une simple publication de documents, avons-nous étendu le cadre de nos recherches et tenté de combler une lacime dans l'histoire de notre XVIil'' siècle.

Le lecteur le remarquera de suite : bien souvent l'étude de la (|uostion qui nous occupait s'est élargie. Il n'en pouvait être autrement, tant les garnisons hollandaises ont été mêlées à la vie politique, religieuse et économique du pays.

Une querelle particulière met en discussion les questions les plus graves touchant notre organisation polili(|ue. A l'occasion d'un abus de pouvoir commis dans une place de la Barrière, on voit surgir l'irréductible antagonisme des principes et de la législation.

Il nous a |)aru utile de pénétrer aussi avant que possible dans le fond des conflits dont nous racontons l'histoire. Ainsi notre travail nous a amené à retracer, sous bien des rapports, les traits principaux de l'ancien régime des Pays-Bas.

Pour nous rendre compte de la situation vraie, il fallait donc remonter aux sources. Nous l'avons fait sans épargner nos peines. Puisse le lectetu* juger que ce labeur n'a pas clé inutile.

Nous avons examiné d'abord les divers fonds des riches archives générales du Royaume.

Chancellerie. — Nous avons trouvé dans la Chancellerie un très grand

• PouTRAiN, Histoire de la ville et cité de Tournai. — IIovf.uunt or Bai;\vk(,akiir, Av^.svn' chronologique pour servir à l'histoire de Tournai. — GM.r.ior, Histoire rfcnérale. erclésiasliiine et rivik' de ta ville et comté de Namur. — IU..mrry-Barth, Histoire de Menin, etc.

nombre de mémoires, des lellres el des dépêches des Évéques, des Magisirals des villes, des avis émis par le Conseil suprême des Pays-Bas à Vienne, des procès-verbaux des séances tenues par ce corps, des rapports adressés à l'empereur Charles VI par l'archiduchesse Marie-Élisabelh (-1720-174.11, el à l'impératrice Marie-Thérèse par le prince Charles de Lorraine (1 744-1780); des mémoires destinés soit au Souverain, soit au Gouverneur général par le marquis de Prié (1715-1725), le comte Frédéric de Harrach (1741 -174-3), le comte Charles-Ferdinand de Konigsegg-Erps (174-3-1744), le comte Wenceslas-Anloine de Kaunitz-Rilberg (1 745-1746), le marquis de Bolla- Adorno (1749- 1753), le comte Charles de Cobenzl ( 1753-1 770), le prince Georges-Adam de Slarhemberg (1770-1 780); des correspondances diplomatiques échangées enire les Gouverneurs généraux el les « Députés » ou «Résidents» de la République des Provinces-Unies : l^eslers (1716-1726), Van Assendelfl (1730-1 738), J.-A. Kinschol (1741-1750), G. Van Haren (1750-1758), Ernsl (1768-1770), Geelvinck (1770-1773), H. Hop (1774-1784).

CoNSKiL PRIVÉ. — Le fond du Conseil privé nous a fourni plusieurs consultes intéressantes, notamment sur la conduite des aumôniers hollandais et leurs rapports avec les protestants de la Flandre, du Hainaut et du Limbourg, ainsi que sur la question du droit d'asile, qui fit naître de nombreuses conlestalions entre les élats-majors el les autorités religieuses, spécialement à Termonde et à Tournai.

Celte section des archives contient aussi des pièces d'où ressort la vigilante activité avec laquelle les Flals-Généraux prolégcaienl leurs coreligionnaires établis dans les Pays-Bas autrichiens.

SECRÉTAini-RiE d'État ET DE GUEiiUE. — Dans la Secrélaireric d'Klal el de guerre se trouve une collection précieuse au point de vue (\u'\ nous occupe. Elle se compose des registres DC^CLVI à I)(ÎCL\III, recueils faclices dont

chacun oomple plusieurs cenlaines de pages, remplis de documents politiques el di|)lomaliques de première imporlance \

Enfin, nous avons dépouillé la Correspondance de cabinet de Charles de Lorraine avec Marie-Thérèse ', et les nombreux registres des Papiers de Konigsegg et de Neny.

Archives du Royaume a La Haye. — L'étude des documents conservés à Bruxelles nous avait fait croire que bien des questions insullîsamment éclaircies par les papiers belges pourraient être élucidées d'une manière plus complète au dépôt de TÉtat néerlandais'.

Nous avons donc visité avec soin les archives diplomatiques de La Haye; le séjour que nous y avons fait durant les mois d'août el de septembre 1900 a été très fructueux.

Nos voisins du Nord ont recueilli avec un soin louable ^ les papiers des

^ Malheureusement, ces recueils ont été formés d'une façon assez arbitraire, et l'on a eu le tort de relier maintes fois à la suite l'une de l'autre plusieurs copies du même document. Par exemple : Un mémoire sur la question des écluses des forts La Perle et Sainte- Marie figure au registre DCCLXIII, d'abord aux f"* 37S-378, puis de nouveau aux f"" 379- 384. — Le registre DCCLVl contient 4 exemplaires du règlement du 30 janvier 1716 sur le logement des troupes, f"" 43-67. — Au registre DCCLXIII, on trouve à la suite 8 exemplaires d'un Mémoire du Conseil d'État de La Haye concernant différents points ou griefs dont les États-Généraux des Provinces-Unies se plaignent comme contraires aux traités de la Barrière, i" 389-392 ; 393-397. — Au registre DCCLXII, nous relevons deux fois le Mémoire de Cornabé sur la défense de la place de Namitr, f°' 243-247 et 248-252. — Au registre bCCIA, on voit deux copies de la Consulte du Conseil privé du 10 juillet 17S0 Sur l'évasion de huit déserteurs réfugiés dans la Cathédrale de Tournai, f°' 40-41 ; 43-44. — Au registre DCCLXIII, un rapport du Grand-major de Furnes sur les difficultés qu'il rencontre de la part du Magistrat est en triple expédition : 9-10; lS-16; 21-22.

2 Elle forme 7 gros volumes in-folio.

3 V. Gachard, Notice sur différentes séries de documents concernant l'histoire de Belgique qui existent aux archives du Royaume à La Haye (Bulletin de la Commission royale d'histoire, 3« sér., VIII, 97-112). — Gachard dit avec raison : « Il y a même dans les principaux États européens peu de dépôts d'archives où les documents de cette nature présentent des séries plus suivies ou plus complètes. » (Ibid., 98.)

légalions accrédilées par les Élats-Généraux auprès des diverses cours de l'Europe.

Les papiers de la légalion de Bruxelles remonlent, pour le XVI II" siècle, à Mii, el s'arrêlenl à 4793. Nous en donnerons ci-après un inventaire sommaire que nous avons dressé an fur ei à mesure de nos reclierciies.

Nous avons eu l'occasion d'indiquer dans un travail antérieur les dilTérenles espèces de correspondances diplomaliques que nous avions pu éludier au Minisière des affaires étrangères à Paris '. Nous signalions aux archives françaises des dépêches en clair, des dépêches chiffrées, et enfin des lettres particulières ou ultra-secrètes. Les usages sont à peu près les mêmes dans la diplomatie hollandaise.

Il y a les Gcwone brieveii, dépêches en clair, envoyées presque chaipie semaine par le « Ministre » ou « Résident » - au Greffier des États. Comme on sait qu'elles seront lues à la poste, on n'y insère rien qui ne puisse être révélé sans inconvénient. Elles sont généralement de peu d'intérêt pour nous. Puis il y a les Secrète brieven. A la différence des dépêches françaises, ces lettres secrètes sont rarement chiffrées, mais elles sont portées par un courrier de cabinet. Il y a enfin les lettres ultra-secrètes, remises au Greffier des Etals par des personnes de confiance, et qu'il garde par devers lui, ou dont il ne commin)ique aux États que des extraits ou des résumés.

Les collections de lettres secrètes ne sont pas intactes, mais le plus souvent il est possible d'en combler les lacunes, grâce à un autre document précieux : le registre dans lequel le HésidenI a tenu note de sa correspondance, tantôt sommairement, tanlol in extenso, selon l'importance de l'affaire traitée.

< V. /.(? vnyaae de Cempercur Josepli II dans les Pai/s-Ras en 1781, fi-lS.

'i Ou « I)('[)iil(^ ». On trouvo les tniis expressions onipIoytVs.

Une source d'informations non moins imporlanle est le Verbaal, ou rapport détaillé que chaque ministre était tenu de rédiger, au retour de sa mission, pour les Élats-Généraux.

Il ne faudrait pas croire cependant que nous ayons là un document de valeur équivalente aux fameuses rclazioni des diplomates vénitiens.

Gacliard, après Abraham de Wicquefort, le fait remarquer expressément. A Venise, dit Wicquefort ', les ambassadeurs font un extrait de tout ce qui s'est passé en leur ambassade, et y ajoutent une relation exacte de la constitution de l'État où ils ont été employés; mais en Hollande, les ambassadeurs font une espèce de procès-verbal, où ils ne disent autre chose que ce qu'ils ont dit en leurs dépêches. Il parle avec un mépris non déguisé de « ces rames de papier qui ne servent qu'à remplir les archives de registres monstrueux et inutiles » . L'écrivain hollandais ne s'est pas douté des services que nous rendent aujourd'hui ces recueils, et il n'a pu prévoir que le Verbaal suppléerait aux nombreuses lettres disparues des liasses.

Nous n'apprendrons rien à nos lecteurs en leur disant que les dépêches ordinaires et les missives secrètes ne concordent pas toujours, et qu'un même fait, selon qu'il est exposé dans une lettre ordinaire ou dans un billet secret, revêt parfois une physionomie bien différente. Nous aurons, au cours de notre travail, l'occasion de signaler de piquantes divergences.

En dehors des archives diplomatiques proprement dites, nous avons pu étudier deux grandes collections d'une valeur inestimable : les Resolutien van de Hoogmogende Heeren Slaten Gencraal der Vereeuigde Provincien.

Les décisions patentes arrêtées par la députation des États étaient imprimées à un très petit nombre d'exemplaires, devenus aujourd'hui introuvables. La série conservée aux archives de La Haye est complète.

t L'ambassadeur et ses fonctions. La Haye, 1681, 2 vol. in-4°, II, 228.

INTRODUCTION. ti

Les décisions secrètes soni resiées manuscrites, et ici encore rien ne manque.

On y voit de très nombreuses séances absorbées par Pexamen des correspondances de Bruxelles. Le plus souveni, c'est la Barrière qui en fait l'objet.

Nous devons mentionner enfin des recueils factices de pièces se rapportant à des négociations diplomatiques spéciales. On en trouvera plus loin l'indication exacte.

Nous avons visité également les archives des trois villes les pins importantes de la Barrière : Namur, Ypres el Tournai.

A Naniiir, nous avons surtout exploré les papiers du Conseil de justice et la correspondance du Magislral avec le (îouvernement.

A Ypres, notre allenlion a été particulièrement attirée par les délibéralions écbevinales, la correspondance de l'administration communale avec le pouvoir central, les dossiers intitulés : Affaires mUilaircs, Garnisons el Ironpes dv passage, Étal-major, Prestations militaires, Église et religion réformée.

A Tournai, les registres des Consnux nous ont fourni maint renseignement inédit, de même les registres à taille et les registres aux rescriptio)ts.

Nous avons examiné avec allenlion, à la Biblioibèquc royale de La Haye, une série de manuscrits el de brochures rares. Les collections de la Biblio- Ihèque royale de Bruxelles contiennent aussi quelques pièces très peu connues el non dénuées d'intérêt, que nous avons pu melire ù profit.

Enfin, l'exploration de la magnifique bibliothècitie de la Commission des églises wallonnes à Leyde nous a fourni beaucoup d'éclaircissements sur les questions d'ordre religieux, et notamment sur le rôle des aiuiioniers proleslanls cnti-elenus par la Bépubiiipie des Provinces-Unies dans les places de la Barrière.

Celte fois encore, les encoiiragemenls et les appuis ne nous ont pas fait défaut.

M. J. (leTrooz, ministre de rinlcrieur et de Plnstruction publique, a bien voulu nous envoyer en mission à La Haye.

Nous connaissions les ressources considérables que la capitale des Pays- Bas offre aux travailleurs curieux de découvertes historiques. D'autre part, nous avions déjà rencontré, en 1898, une bienveillance extrême chez M. le comie de Grelle-Rogier, ministre plénipotentiaire de S. M. le Roi des Belges, M. le Jkbr. de Beaufort, ministre des AlTaires étrangères, el M. le Chevalier V. de Sluers, surintendant des Beaux-Aris. Nous avons retrouve, en '19U0, les mêmes dispositions obligeantes, el nous en gardons un souvenir profondément reconnaissant.

L'ex(|uise serviabilité de M. le Jklir. D'^ Van Riemsdijck, archiviste général du Royaume, a l'acililé nos recherches dans le magnifique dépôt confié à sa garde, au point (|ue nous avons pu, en (|uelques semaines, mener à bonne fin des études qui nous avaient paru au premier abord exiger plusieurs mois. MM. les archivistes D"" Telling el Morren nous ont dirigé avec une complaisance inépuisable, et leurs excellentes indications nous ont été précieuses.

Nous n'avons pas moins à nous louer de l'accueil reçu à la Bibliollièque royale de la part de M. le D' Bijvanck, directeur de ce remar(|uable élablissemenl.

A Leyde, nous avons été guidé par un modeste et savant archiviste, M. Ch. M. Dozy. Cet homme distingué est mort à la fleur de l'âge, le 12 janvier dernier. C'est avec une douloureuse émotion que nous rappelons ici les services que, déjà malade, il nous a rendus sans ménager son temps ni ses peines.

Une fois de plus, nous adressons l'expression de notre gratitude à M. A. Gaillard, archiviste adjoint du Royaume, el à ses aimables collabora-

leurs, MM. van (1er Hacghe-de Vicq, de Breyne, Cuvolier, Laloire et Van der Mynsbrugghe, de Bruxelles; MM. van de Casieelo, Hansay et Brouwers, de Liège; M. Diegerick, de Gand; MM. Poncelel et Hodevaere, de Mons, et M. La Haye, de Namur.

MM. De Saglier ', conservateur des archives communales d"Ypros, et Hocquei, archivisle-hibliothécaire de la ville de Tournai, nous ont fait les honneurs de leurs riches colleclions avec une obligeance parfaite; nous leur devons maint renseignement utile, et, grâce à eux, notre travail s'est accru de plus d'un délai! intéressant.

Nous devons aussi de chaleureux remerciements à MM. Ferdinand van der Haeghen, bibliothécaire en chef de l'Université de Gand, E. Gossart, conservateur à la Bibliothèque royale, et A. Delmcr, bibliothécaire de l'Université de Liège. Ils nous ont toujours accueilli avec la même bonté prévenante, et nous ont singulièrement aidé dans l'accomplissement de notre lâche.

Enfin, nous sommes heureux de pouvoir remercier publiquement M. le D"^ 11. Schlillor, de TAdminisIration des archives de la Cour et de l'Étal d'Âulriche. L'honorable historien, dont on connaît les travaux importants sur le XVIII'^ siècle autrichien, nous a souvent assisté de ses conseils, et nous a procuré des livres et des brochures introuvables dans les bibliothèques belges et hollandaises. M. Schlillor continue dignement les traditions bienveillantes et courloises de son maiire éminent, le regretté chevalier A. von Arneth.

1 Nous devons signaler ici l'excellente iWUice sur les (irchives communales (CYpres et documents jwur servir à l'histoire de Flandre du XI II nu XVisiMe, par Émilb Dr Sagiier. Ypres, 1898, in-8".

Page 1