OBSERVATION XIV
K... Anchel, 48 ans, est hospitalisé dans le Service de M. Cadenat pour une longue histoire douloureuse qui remonte à plus de vingt ans et présente tous les caractères des ulcères gastroduodénaux.
A l'intervention, le 9 décembre 1936, M. Cadenat découvre une cicatrice de la face antérieure du duodénum et un noyau extrêmement dur qui interdit la séparation du duodénum et du pancréas. On décide de faire une résection gastrique en amont de l’ulcère. La résection est large. Anastomose suivant Finsterer.
Suites opératoires simples, sauf un épisode pulmonaire ; assez rapidement l'appétit revient, la digestion est satisfaisante. Après
Hot
le repas il n'existe aucune douleur. En peu de semaines, le malade reprend 4 à 5 kgr.
Revu le 16 juin 1937 : le malade a repris son métier de camionneur deux mois après l’opération, mais il en ressent une certaine fatigue. Le malade digère bien. Il ne vomit pas, ne souffre pas, n’a jamais saigné.
Revu le 27 novembre 1937 : actuellement le malade digère toujours très bien. Cependant quelquefois il ressent une sensation de pesanteur dans l’hypocondre droit. Ces douleurs sourdes sont sans aucune analogie avec celles qu’il ressentait avant l’intervention. Elles n’ont aucun rapport avec les ingestions d’aliments. Le malade ne suit aucun régime.
Un examen radiologique (M. Frain) montre que la bouche fonctionne bien. Une série est pratiquée : elle ne montre rien
d'anormal.
Les risques de résection des ulcères duodénaux.
D'’innombrables articles ont été consacrés aux complications des résections gastro-duodénales étendues, et aux procédés directs ou indirects qui permettent de les éviter. La liste des accidents publiés est considérable. Il semble absolument vain de relater une fois de plus des accidents parcréatiques, (paneréatites aiguës ou subaïiguës, fistules pancréatiques..…), biliaires (lésions découvertes au fond de l’ulcère ou lésions de dissection, lésions reconnues ou lésions méconnues, découvertes post-opératoires ou découvertes d’autopsie), des lésions de l’ampoule de de Vater, des accidents duodénaux, d’énumérer les diverses méthodes qu’on peut leur opposer, de citer après Zuckschwerdt et Horstmann, les trois plaies de l’artère hépatique et les deux lésions de la veine porte que ces auteurs ont recueillies dans une littérature immense...
L'analyse de ces faits est utile, mais souvent rapportée. Le point le plus important, le point qui domine les indications opératoires est assez différent :
— Ces risques sont-ils prévisibles ?
— Comment et dans quelle mesure ?
— Peut-on éviter toute surprise ?
— Quand peut-on dire qu'un ulcère duodénal est inextirpable ?
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