dénie Civil, 12 et 19 octobre
de carbone que la température de la réaction est plus élevée.
Il faut donc trouver moyen de maintenir le charbon à haute température, par une autre source de chaleur que la réaction qui fournit eller-m^me le gaz h Teau.
Il semble d'abord qu'il n'y ait que deux procédés.
On peut chauffer le charbon par une source extérieure de chaleur.
On aura ainsi un appareil qui, d'après la définition que j ai admise, ne serait pas un gazogène, mais qui, néanmoins, engendrerait du gaz à Teau.
Dans ce type, peut être rangé le gazogène Guenot.
Ce procédé qui, ainsi que je l'ai dit dans le chapitre précédent, n'est pas condamné nécessairement à un mauvais rendement, semble, toutefois, jusqu'à présent, ne pas en fournir un bon.
Il ne doit donc être employé que dans des cas tout particuliers, lorsque la qualité du gaz est d'un beaucoup plus grand intért^t que l'élévation de son prix de revient.
De même que pour réchauffer l'air et lui transmettre la chaleur des gaz brûlés on ne peut employer que des récupérateurs, qui sont à mouvement continu, ou des régénérateurs à mouvement alternatif, de môme, si l'on ne peut pas chauffer le charbon au travers des parois, il faut abandonner la marche continue, et il faut fonctionner en deux périodes consécutives.
Dans Tune, on insufflera de l'air dans le charbon, qui sera en partie brûlé et dont la température sera fort élevée, dans l'autre, on n'insufflera rien que de la vapeur d'eau qui traversera le charbon rouge, abaissera la température de la cuve jusqu'au moment où on devra insuffler de nouveau de l'air, pour réchauffer le coke.
C'est sur ce principe que presque tous les gazogènes de gaz à l'eau sont basés.
Ils dilTèrent entre eux de plusieurs façons.
Examinons une cuve, dans laquelle nous mettons du combus-
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tible, et songeons à faire passer, sur celui-ci, alternativement, de l*air et de la vapeur d'eau.
Nous pouvons, d'abord, faire passer Tair, do haut en bas, ou de bas en haut; la vapeur d'eau peut traverser aussi dans les deux sens, ce qui constitue déjà quatre combinaisons qui peuvent avoir de Tintérôt.
D'autre part, Tair qui traverse le combustible fournira, en grande partie, du gaz pauvre, c'est-à-dire brrtlera d'une façon incomplète le combustible.
11 y a lieu de s'inquiéter de savoir ce que Ton fera de ce gaz pauvre.
Suivant les cas, il pourra convenir de le recueillir et de l'employer. Dans d'autres cas, on ne cherchera, et c'est le cas le plus fréquent, qu'à faire du gaz à l'eau, et il vaudra mieux brûler le gaz pauvre, en utilisant, autant que possible et le mieux possible, la chaleur de cette combustion.
A ce sujet, il y a deux procédés qui ont été surtout employés.
L'un, c'est celui du gazogène Dellwik-Fleischer, qui consiste à donner, au combustible, une épaisseur de couche aussi réduite que possible, à souffler l'air en excès, de façon à ce que la combustion se produise immédiatement au sortir du combustible, ou, si l'on préfère cette explication, de façon à ce que la combustion soit totale dans le combustible.
Cette solution est évidemment très bonne en principe. Il faut très peu d'air, et il est nécessaire de brûler très peu de charbon pour porter à la température convenable d'environ 1.000° la masse du combustible, puisque là, où 1 kilogramme de charbon, brûlant en oxyde de carbone, fournit 2.473 calories, il fournit 8.080 calories en brûlant en acide carbonique.
D'autres constructeurs cherchent à avoir, au contraire, une couche de combustible beaucoup plus élevée, formant un volant de chaleur beaucoup plus puissant, et difl^érer la combustion du gaz pauvre.
C'est ce que je montrerai pour le gazogène Slrache et pour le gazogène Humphrey. L'un utilise, d'une façon très judicieuse.
la puissance calorifique disponible à échauffer les parois d'un régén(?rateur.
Cette chaleur revient à la cuve, dans la période suivante, avec la vapeur d'eau très surchauffée, qui marche en sens contraire. C'est le procédé Strache.
Au contraire, M. Humphrey utilise cette chaleur à transformer les carburants, qu'il ajoute au gaz à Feau.
Il semble, à première vue, que le procédé Dellwik-Fleischer est plus rationnel, parce que, quand Tair traverse du charbon et forme de Toxyde de carbone, il n'y a, de mis en liberté, guère que le tiers des calories disponibles.
Il faut donc, avec le procédé Strache, faire passer au moins trois fois plus d'air dans le charbon pour en réchauffer la même masse d'un même nombre de degrés, ce qui semble essentiellement désavantageux.
On pourra faire observer, en sens contraire, que, dans le procédé Strache, la vapeur est beaucoup mieux surchauffée et qu'il faudra, dans ces conditions, que le charbon lui fournisse beaucoup moins de chaleur que dans le cas précédent.
Mais rien n'empocherait de mettre un régénérateur au gazogène Dellewik-Fleischeret d'utiliser les gaz brûlés à réchauffer, en partie, la vapeur d'eau.
Et il semble môme que le gaz à l'eau, sortant du gazogène, emporte une chaleur qui pourrait être utilisée, en grande partie, à surchauffer très avantageusement la vapeur d'eau qui va au gazogène.
Je ne connais pas encore beaucoup d'applications de cette sorte de gazogènes en France.
Ces gazogènes sont employés surtout en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis. Ils ont été construits dans des usines métallurgiques et dans des usines à gaz, où, en général, le gaz à l'eau est mélangé au gaz d'éclairage.
Ils offrent, pour les compagnies gazières, l'avantage d'utiliser leur coke, en leur fournissant un gaz meilleur marché que celui qu'ils produisent déjà, d'autant meilleur marché que.
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lorsque la proportion des fi^az à IVaii est faible et ne dépasse pas 15 à 20 0/0, il n'est pas nécessaire d'ajouter des carburants, les produits volatils contenus dans le gaz de l'éclairage suffisant k cette effet.
En France, jusqu'il nouvel ordre, l'usage du gaz à l'eau n'a pas été encouragé, on craint que le mélange au gaz de ville d'un gaz, contenant d'aussi fortes proportions d'oxyde de carbone, ne soit nuisible h la santé publique et presque toutes les municipalités défendent aux compagnies gazières l'emploi de ce procédé.
L'oxyde de carbone présente un autre inconvénient. Il agit sur le fer des conduites et donne un produit appelé fer carbonyle qui se décompose dans les manchons des becs Auer et leur retire leur éclat.
Mais on est parvenu i\ remédier h ce sérieux inconvénient en faisant traverser au gaz des appareils auxiliaires qui le débarrassent de cette impureté.
GAZOGÈNE GUÉNOT
Le gazogène Guénot est un gazog<>ne h gaz à l'eau, qui se dislingue particulièrement en ce qu'il fonctionne d'une façon continue. Le combustible h transformer est chargé dans des cornues comme dans le gazogène Riche. Toutefois, le combustible, employé par M. Guénot, est du charbon de bois. Il n'y a donc aucune distillation.
Le gazogène Guénot est représenté ijig, 14), dans une vue d'ensemble.
Dans les figures 15 et 16, on voit une coupe verticale et une coupe horizontale. La cornue, en fonte, est représentée en a, A, construite en deux parties, réunies par des brides et assemblées par le bas.
Cette cornue s'appuie aussi, par dos brides, à la partie supé-
rieure recouvertp (riinc lùle /, ([ui entoure tout l'apparoil. Une des branches île la comuo est assemblt'c b nne trémie, e, qui permet, par une ouvorluro / que ferme nn tampon en tôle serré par une vis et par un l'trier fl, l'introduclion du CM3mbustibI(^ qui tombe dans la brancbe a de la cornue, A cette ti-émie aboutit, en h, la conduite coudée : par laquelle
les gaz s'échapperont, barbotteront en y. et do Ifi aboutiront dans le gazomètre r.
Dans Taulre brancbe de la cornue, .i la partie supérieure, un siphon p permet d'inlroiluire l'eau contenue dans le réservoir/», dont le réglage est fait par le robinet o.
La figure montre encore la coupe du foyer j. à grilles obliquer. Des flftciies montrent le mouvement des gaz brûlés et une vanne»! en rî-gle le tirage.
LES r.AZOr.ÈNES
La vue d'ensemble et les figures 1,"» et 16 montrent comment se fait le r(îglage. Laclorhe du gazog('>ne est guiili'e par des galels roulant sur 2 n'-gles verticales entrecroisées et porte,
Fir,. ]f.. ~ Coiip" hririionlak fuivant BU. G»ing''nc fiminnl.
en son milieu, une tige guidée par l'entretoise, qui s'articule, en /. avec une tringle v, qui ferme la vanne de ri?glage m du tirage au fur et à mesure que le gazomiMre s'emp'.'t, en même temps qu'elle est articulée, en u, avec une tringle senihjable t qui, elle-même, ferme plus ou moins l'introduction de î!,eau.
On voit, dans cet appareil, ainsi qii'il doit ôtre, que les gaz du foyer marchenl en sens contraire du gaz à l'eau, de façon que la partie a soit la mieux échauffée, puisque c'est celle qui traverse en dernier lieu le gas produit.
Il y a déjà eu différents essais de fabrication du gaz à l'eau, dans lesquels la chaleur nécessaire à la transformation du combustible était empruntée fi un foyer extérieur, et, en particulier, dans des fours à gaz. on a souvent cherché à utiliser ainsi le coke qui restait dans les
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Fie. II. — Appareil Drumânl el Trébouillet.
cornues en envoyant, vers la fin de la distillation, des jets de vapeur d'eau sur le coke rouge.
M. Lencauchez. dans la brochure qu'il a publiée en 1899, à la suite de sa Conférence aux Ingénieurs civils, signale deux essais en ce sens :
Ce sont les appareils de MM. Drumont et Troi»o»illet qui obtenaient du gaz à l'eau, dans des fours à cornues semblables aux cornues employées à cette époque pour le gaz d'éclairage, et dans lesquelles le combustible était traversé, à la partie inférieure, ainsi que le montre la figure 17, par une si'rie de tuyaux en fer de 4 à 5 centimètres de diamètre, perces de petits trous de 2 millimètres, et réunis, k leurs extrémités, de façon il former un serpentin, dans lesquels de la vapeur surchauffée était envoyée.
Dans ces appareils, ie combustible employé était aussi du
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charbon do bois, pour n'avoir pas h fairo d'épuration des g:az. Les cornues étaient chauiïées par un foyer comme celles du gaz d'éclairage.
La vapeur empt^chait les tubes en fer de brûler. Elle réagissait, aux hautes températures, sur le charbon de bois et produisait du gaz à Teau très pur.
M. Lencauchez fait remarquer que M. Trebouillet, qui faisait fonctionner son appareil à haute température, les cornues étant chauffées au blanc, obtenait un gaz très riche en oxyde de carbone et dont voici la composition moyenne :
co 44,25