GAZOGÈNE HUMPHREY ET GLASGOW
Ce gazogène est très fréquemment employé en Amérique; il est utilisé aussi en Angleterre.
C'est, en somme, un gazogène Lowe perfectionné.
La iigure 37 représente une installation intéressante dans son ensemble.
On remarquera, comme dans le gazogène Strache, la disposition d'un plancher élevé, qui convient très bien à Talimentation du combustible en réserve dans une chambre supérieure, à la surveillance de tous les appareils et à la commande des vannes.
C'est une disposition parfaite.
Les appareils so suivent, dans Tordre accoutumé, le gazogène, le récupérateur, le surchauiïour, un joint hydraulique formant laveur, un scrubbcr et un refroidisseur.
On voit, dans la figure, la disposition de la soufflerie qui envoie une partie de Tair dans le gazogène, une partie de Tair dans le régénérateur et une partie dans le surchauffeur.
La combustion du gaz se fait, en efl^et, partie dans Tun des appareils et partie dans Tautre, au lieu d'avoir lieu totalement dans le premier.
Quand on veut employer les chambres avec empilage de briques que Ton appelle ici surchauffeurs, comme régénérateurs, c'est-à-dire pour servir à réchauffer Tair, il vaut mieux que la combustion se fasse totalement dans la première chambre, qui est portée à très haute température et que les fumées arrivent, dans la seconde chambre, à moins haute température, pour y laisser la plus grande partie de ce qu'elles conservent de chaleur, de façon à ce que le refroidissement se fasse en deux degrés et que le réchauffage ultérieur s'effectue de môme.
Au contraire, quand il s'agit de transformer les vapeurs
d'huile, au contact du gaz k l'eau et d'un excédent de vapeur, il faut que les températures auxquelles les réactions s'eiTectuent
soient très élevées, et il convient même que la température soit la plus haute dans le second appareil.
On obtient ce résultat, en faisant deux combustions successives correspondant à un accès d'air, d*abord dans le premier appareil et ensuite dans le second.
11 faut, en effet, que la température soit suffisante dans le premier appareil pour maintenir les gaz chauds et distiller rhuile. Une petite arrivée d'air y aura suffi, tandis que la combustion principale doit avoir lieu dans le surchaufleur.
Je regrette, encore une fois de plus, de ne pas voir utiliser les chaleurs perdues du gaz à Teau, qui, avec un semblable surchauffeur, s'échappent au moins à 800 ou 900**; il serait cependant facile de les utiliser au réchauffage de Tair.
Ce qui retient probablement les constructeurs, c'est la crainte de produire accidentellement des mélanges d'air et de gaz qui pourraient occasionner de graves accidents.
Il faudrait pour l'éviter employer des récupérateurs, et cesont des appareils délicats et onéreux.
GAZOGÈNE PINTSCH
Le gazogène Pintsch fournit une solution assez originale pour permettre l'emploi de charbons quelconques dans un gazogène de gaz à l'eau.
Il entre dans la catégorie, que je mettrai à part quand il s'agira des gazogènes à gaz pauvre, dite des gazogènes à deux cuves.
Il fonctionne comme tous les gazogènes de gaz à l'eau, en marche intermittente; mais le sens de la marche dans les deux cuves pendant la fabrication du gaz ù l'eau, est, chaque fois, renversée.
On insuffle d'abord de l'air, dans les deux cuves, pour porter le charbon qu'elles contiennent h 1.000* environ, puis ou charge du charbon frais, dans l'une des cuves, et l'on introduit la vapeur, au bas de celte même cuve, de façon que le gaz
128 1^1^^ GAZO(iKNKS
h Teau formé et le gaz de distillation qui se dégagent des charbons frais, traversent la seconde cuve de haut en bas.
Ensuite on réchauffe les deux gazogènes, avec insufflation d'air, et quand on voudra faire du gaz à Teau, on mettra le charbon frais, cette fois-ci, au sommet de la seconde cuve, et c'est au bas de celle-ci que Ton introduira la vapeur.
GAZOGÈNE KR AMERS ET A ARTS
Le gazogène Kramers et Aarts est, lui aussi, un gazogène à deux cuves, mais sa disposition est plus originale, parce que les surchauffeurs sont placés entre les deux cuves, de telle sorte que, lorsque Ton fait de la combustion directe dans une cuve; où l'on a chargé du charbon frais, le mélange de gaz à Teau, de vapeur et des produits de la distillation, va traverser les surchauffeurs, afin que les transformations chimiques qui doivent s'effectuer à haute température, aient lieu et soient parachevées en traversant de haut en bas le combustible réduit à l'état de coke au rouge vif, qui remplit la seconde cuve.
Ce gazogène est représenté figures 38, 39 et 40.
Dans la figure 38, on voit, au premier plan, les deux gazogènes qui communiquent, en haut de la cuve, ainsi que l(t montre la figure 39, par un large caniveau, sans aucune vanne intermédiaire, avec les régénérateurs qui sont formés d'empilages de briques.
Les deux régénérateurs 3 et 4 se trouvent donc, ainsi, placés en élévation sur un massif de maçonnerie et derrière les deux gazogènes 1 et 2, avec lesquels ils communiquent librement.
Au haut des deux régénérateurs, ou plutôt surchauffeurs, ■est disposé un large caniveau 5, qui les met, tous deux, en communication l'un avec l'autre, et donne, en même temps, accès à une cheminée verticale, par une vanne 7 (fiff. 40).
s DITS DE GAZ A I.'EAU
Fin. 38. — fluogène Kramcn et Aarl> (Vue en pl«n
Il (Coupe CD prafonilo^ii':
LES GAZOOKNES
Quand celte vanne est ouverte, ce qui se fait au moyen d'un levier 8 et d'un triangle 9, sous l'action d'un volant qui n'est pas représenté dans la figure et qui rùgle toute l'action, les gaz qui sortent des surchauffeurs, traversent, comme Tindiquent les flèches verticales, un récupérateur en briques et en fer, qui, en 6, est figuré en coupe.
Fifi. 'lO. — Gazo}»pnc' Kramers iH Aaiis (Vue de face).
On voit encore comnienl l'air pénètre au gazogène.
Il est amené par la conduite 15, traverse les conduites en serpentin 10 du récupérateur, en sort par la conduite 17, qui l'amène au devant des gazogènes.
Sur cette conduite verticale, est disposé un très intéressant robinet à quatre voies, commandé par un levier, et qui, dans sa position médiane, peut permettre à l'air d'aboutir à la fois, aux quatre tubulures 18, 19, 20 et 21.
IJvS GAZOGÈNES DITS DK iW'l A L'EAU 131
On voit facilemeni, par la fipure 39 et par la figure 40, que, dans ces conditions, Tair primaire vient au-dessous de la grille, traverse le charbon en faisant du gaz Siemens, qui rencontre Tair secondaire amené par la tubulure supérieure. Les gaz brûlent, chauffent le gazogène, et les fumées vont chauffer les parois du surchauffeur, et s'échappent par la vanne 7, qui doit être ouverte dans cette période et réchauffent le récupérateur.
Les deux gazogènes ont ainsi marché parallèlement pendant cette période, et les parois, ainsi que les empilages en brique, ont accumulé une grande réserve de chaleur.
A la période suivante, le robinet à quatre voies est fermé, par un déplacement latéral du levier de manœuvre, qui interdit ainsi Feutrée de Tair, et, en môme temps, la vanne 7 est fermée.
Le même mouvement du levier ouvre un tiroir, qui peut mettre en communication l'arrivée de la vapeur, avec Tune des tubulures qui donnent accès à la vapeur d*eau, au bas du gazogène.
On voit une tubulure semblable, en 2G et 29, sur la figure 39.
Suivant le sens du déplacement du levier, la vapeur aboutit ainsi au-dessous de l'un des gazogènes, et le même mouvement du levier ouvre en même temps, Tune des deux conduites 33 et 34, de façon que le gaz à l'eau sorte, au bas du gazogène, différent de celui auquel la vapeur est envoyée.
La manœuvre est analogue à celle des gazogènes précédents On réchauffe d'abord les deux cuves en insufflant Tair, ce qui se fait d'autant mieux que l'air p4'nètre déjà à une température assez élevée, grâce au récupérateur.
Puis on charge le combustible frais; dans l'une des cuves. Ton fait pénétrer dessous la vapeur d'eau.
Le mélange gazeux traverse Jcs deux surchauffeurs et s'y transforme.
Dans cette opération, et surtout quand il y a excès de vapeur d'eau, et que la température tend à baisser, il se forme une proportion assez élevée d'acide carbonique, et l'un des avantages du passage des gaz, en marche renversée, au travers du com-
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bustible rouge de la deuxième cuve, est précisément de transformer cet acide carbonique en oxyde de carbone.
Bien entendu, après un nouveau réchauffage, c*est dans Tautre cuve que Ton metlra le combustible frais, et le levier de manœuvre se prête très facilement à changer le sens d'ouverture des soupapes.
Ce gazogène semble très intéressant; il se distingue du précédent par cet emploi des chambres de surchauffago entre les deux cuves.
Ce sont des dispositions analogues que nous trouverons, plus loin, dans le si remarquable gazogène à deux cuves de M. Thwaite, gazogène à gaz pauvre, que je décrirai chapitre XL