CHAPITRE X
LBS QAZOaANES A COMBUSTION RENVERSÉE
On s'occupe beaucoup, depuis quelque temps, des moyens à employer pour pouvoir utiliser dans des gazogènes les charbons demi-gras, gras, les charbons bitumineux, les lignites, et, en général, tous les combustibles chargés de produits volatils.
11 y a là, en effet, un intérêt considérable.
On a pu employer, dans des gazogènes et pour le chauffage industriel, de semblables combustibles, mais les essais tentés, pour leur emploi dans des gazogènes destinés à la force motrice, ont été rarement heureux.
La raison tient à ce que la chaleur du foyer distille les combustibles et produit, ainsi, des goudrons qui se déposent dans les conduites à la sortie du gazogène, ou se dédoublent, donnent des dépôts très épais, et collent les soupapes des moteurs.
Les moteurs à gaz prennent un développement considérable, qui sera plus universel quand on sera revenu de Terreur occasionnée par les prétendus avantages de la surchauffe. La théorie montre que l'économie de la surchauffe peut donner excessivement peu de chose et que son importance est si réduite que les complications apportées dans les chaudières, les inconvénients entraînés dans les machines à vapeur, rendent ce perfectionnement extrêmement onéreux.
Une des causes qui empêchent souvent Tindustriel de béné-
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ficier de l'économie considérable en calories qu'offrent les moteurs à gaz pauvre, c'est la nécessité d'employer, comme combustible, du bon coke ou du bon anthracite.
Ces combustibles coûtent cher et souvent, à proximité des usines, existent des gisements de charbons différents, ou de ligniles qui reviennent bien meilleur marché à l'industriel, qui ne trouverait ainsi aucun avantage financier à ce que sa force motrice soit produite au gaz pauvre.
Il faut donc pouvoir utiliser ces combustibles dans des gazogènes.
Pour transformer, en gaz combustibles, les carbures que la distillation entraîne, il n'a été trouvé jusqu'à ce jour qu'un seul procédé pratique, qui consiste à faire passer les gaz au travers du charbon rouge en présence d'un oxydant,
11 se produit, aux hautes températures, un dédoublement des carbures, qui tendent à devenir de plus en plus hydrogénés, et, dans cette opération, il y a dépôt de carbone.
Si ces gaz sont chargés d'acide carbonique, qui se réduit, ou s'ils contiennent de l'air, ce carbone, au lieu de se déposer, est brûlé en oxyde de carbone.
Lorsque de l'acide carbonique seul traverse une masse de charbon rouge, il est réduit en oxyde de carbone et consomme une certaine quantité de coke.
Lorsque l'acide carbonique est envoyé avec des goudrons, il se produit la double opération que j'ai signalée ci-dessus, action réductrice sur Tacide carbonique, action oxydante sur les goudrons.
Autrement, si de l'air est nécessaire à la transformation, l'opération est une oxydation.
J'insiste parce que l'on appelle toujours de semblables colonnes de coke, colonnes réductrices.
11 est donc nécessaire, pour obtenir un gaz suffisamment pur et débarrassé autant que possible de goudrons, de pouvoir faire traverser, à celui-ci, une colonne de combustible porté au rouge, du coke de préférence, afin qu'il ne puisse fournir lui-même aucun produit volatil.
De semblables procédés sont préconisés depuis longtemps, mais il semble n'y avoir eu que deux méthodes qui aient donné de bons résultats.
L'un des procédés est la combustion renversée, qui a été employée avec plein succès et d'une façon remarquablement intelligente en Amérique, par M. Loomis.
Les gazogènes Loomis fonctionnent avec courant d'air de haut en bas, et il a été reconnu que la marche par aspiration était de beaucoup préférable.
Ces gazogènes n'ont été, paraît-il, employés que dans de grands appareils, avec des charbons bitumineux qui ne se soudent pas sous Tintluence de la chaleur. D'ailleurs, dans les grandes cuves, la descente est rarement interrompue et il est facile de briser, par le haut du gazogène, les voûtes qui se formeraient.
La marche en combustion renversée oblige les gaz qui se produisent nécessairement dans le haut du gazogène, où le chargement s'effectue, à traverser les parties très rouges du combustible au-dessous de la zone de combustion. Puis la température décroît au fur et à mesure que l'on s'écarte de ces zones et les gaz sortent au bas du gazogène transformés et légèrement refroidis.
Si l'alimentation d'air, en haut du gazogène, est suffisante et surtout si l'air primaire est porté à haute température, les carbures qui se forment h la partie supérieure sont entraînés par un courant suffisamment oxydant pour que la transformation puisse bien s'effectuer.
Si la quantité d'air entraînée avec les gaz de distillation est insuffisante, il faudra mettre une entrée d'air supplémentaire au bas de la cuve ou au milieu.
Il y a, dans les gazogènes ici cités, des dispositions analogues.
Mais il semble que la meilleure solution est d'introduire lair suffisamment bas et suffisamment chaud.
GAZOGÈNE LOOMIS
Ce gazogène semble Fun des premiers que l'on ait signalé comme fonctionnant de bas en haut et par aspiration.
M. Gustave Richard Ta décrit dans son ouvrage de 1892. Je le représente figures 122, 123, 124, 125, empruntées à Tonvrage de M. Hcnfivaux [le Verre et le Cristal).
M. Witz en parle aussi dans son tome II, mais, pour ma part, il y a dans les explications donnt^es des idées qui me semblent inadmissibles et je ne signalerais pas ce gazogène, dont la description me semble elle-même si incertaine, s'il n'était ainsi le premier type d'une série.
Ce gazogène est établi, parait-il, pour faire soit du gaz mixte, soit du gaz à Teau, soit du gaz métallurgique.
En tout cas, il se compose essentiellement d'une cuve A, vue en coupe figure 124, où le combustible est soutenu sur des étalages très peu inclinés, au-dessus d'un cendrier. Une porte 6, audessus de l'étalage, permet de faciliter le décrassage.
L'air, la vapeur d*eau, ou le mélange des deux est introduit par des buses inclinées, assez basses dans le gazogène et rayonnant d'un carneau circulaire alimenté par l'injecteur F.
Les gaz s'échappent, en B, par une porte latérale du cendrier et traversent une chaudière c, attirés par le ventilateur, placé en E, pour être refoulés en g au gazomètre.
Une cheminée est réservée, en 1\ pour la marche lente aux périodes où le gazogène ne fonctionne pas activement.
Si ce gazogène présente cette disposition particulièrement intéressante de fonctionner à la fois de bas en haut et par aspiration mécanique, il ne faut pas le considérer comme étant le premier gazogène à combustion renversée.
Je signalerai, à cet effet, un brevet allemand très antérieur
s GAZOOfiNES A COMBUSTION HKNVERSÉK
(1881) dans lequel il y a des idées très heureuses a. cdlé de certaines naïvetés, comme celle du ga/ogène fout en fer et des
Pio. m, 153, I2( et 123. -
récupérateurs où l'air et le gaz ont toutes facilités pour se mélanger.
Je cite le brevet presque textuellement.