CH
Il est évident que les appareils à double cuve de M. Thwaite sont d'un très grand intérêt et donnent une solution certaine pour l'emploi de combustibles, qui ne pourraient pas convenir dans les gazogènes ordinaires.
GAZOGÈNE BALDAUFF
Ce gazogène a été breveté tout récemment.
Il n'a pas encore été construit, à l'heure où j'écris cet article ; aussi, je me contenterai de reproduire sa description presque textuellement d'après le brevet.
La figure 172 est une coupe verticale sur l'axe des deux cuves.
La figure 174 est une coupe verticale sur l'axe de l'une d'elles, dans le sens perpendiculaire à la coupe précédente.
Lfls figures 173, 17j, sont des secHoos horizontales à différenles hauteurs. ^oupc 1-2
Fia. 172, 173. — nazaiiiJiic Baldauf, — Cnupfie Terllcales et horiionUles.
Les cuves A, A' sont semblables avec porte de chargement ÎB', porte (le foyer CC, à fermeture étanche.
LES GAZOGÈNES A BKUX CUVES
Chaque cuve coDiporte :
-] Coupe 9-10.
Coupe 3-4"
Gazogène Btidaaf. — Coupea et
1° A sa partie supérieure, une tubulure de sortie des gaz, commandée par un registre à fermeture étanchc DD';
2** Egalement vers la partie supérieure, une entrée d'air, soufflé ou aspiré, EE', commandée par un robinet. Afin que l'air ainsi amené puisse se répandre, sans perte de pression, autour du combustible à distiller, il aboutit à une série de rigoles w/i, n'n' disposées sur le pourtour de la paroi et faisant corps avec elle ;
3^ A sa partie inférieure, un système de cameau FF', mettant en communication avec une chambre GG', appelée chambre de combustion, mais ladite communication pouvant être interceptée par un registre HH'.
La chambre de combustion peut être en forme de canal, réunissant entre elles les cuves. C'est elle qui reçoit, sous une pression convenable, en un ou plusieurs points, le mélange d'air et de vapeur d'eau destiné à la formation du gaz. Dans le dessin, ce mélange gazeux est supposé sortir d'un réchauffeur X, où il a été chaufl*é par le gaz fabriqué sortant du gazogène.
Ceci posé, voici le fonctionnement de l'appareil :
Supposons le gazogène A chargé de combustibles frais, le registre supérieur D fermé, une faible quantité d'air entré par le tuyau E, dont le robinet est convenablement réglé.
Par la combustion qui en résulte, il se produit, dans l'enceinte A, une haute température, sous l'influence de laquelle le combustible sera distillé. Les produits gazeux descendent vers le cendrier, traversent les carneaux, le registre H ouvert et se rendent dans la chambre de combustion GG', où, en présence d'un grand accès d'air, ils sont complètement brûlés. Les hydrocarbures se transforment en vapeur d'eau et en acide carbonique.
Le mélange gazeux, fortement chaufl'é, se rendra, sous l'influence de la pression ou dépression de régime, à, travers le registre H' ouvert, les carneaux F' vers l'enceinte A' où il traversera le coke, résultat de la distillation précédente. Dans la partie intérieure, il se produira une combustion complète grâce à l'oxygène restant dans le mélange ; la vapeur d'eau sera décomposée, et l'acide carbonique sera réduit ; de sorte
que Ton aura un gaz composé de CO, H et N. Ce gaz passera par le registre D' et n*aura plus qu'à être refroidi et épuré de l'hydrogène sulfuré qu'il pourra renfermer.
Lorsque, dans A, la distillation sera complète, la provision de coke en A' aura diminué jusqu'au niveau mW, et la couche de cendres aura augmenté. On fermera l'arrivée d'air E, on ouvrira le registre D et on fermera D' ; on fermera, pour quelques instants, le registre H', on décrassera le foyer A', et on chargera ce gazogène de combustible frais ; après quoi on rouvrira le registre H' et l'arrivée d'air E'; tout se passera comme il a été dit, mais en sens inverse. Pendant les opérations de chargement et de décrassage du foyer, la production du gaz n'a pas cessé, le gazogène A recevant Tair et la vapeur nécessaire à sa production, les registres H el D' étant ouverts.
Ainsi, ce gazogène diflFère de celui de Thwaite en ce que la combustion dans la première cuve est soufflée de bas en haut, et la réduction de la seconde cuve de haut en bas.
Je ne crois pas qu'il y ait \h un avantage, au contraire.
A quoi sert de marcher en combustion renversée, puisque les produits de la combustion doivent être brûlés et, d'autre part, ne vaut-il pas mieux que la réduction se termine précisément dans la partie la plus chaude du combustible?
NOUVEAU GAZOGÈNE RICHE
Le nouveau gazogène de la Compagnie du gaz Riche n'a aucun rapport avec les anciens gazogènes à distillation renversée de la même Société et n'est pas imaginé sur les m(^mos principes.
C'est encore un gazogène que Ton pourrait intituler h combustion horizontale, quoique je le décrive ici avec les gazogènes à double cuve.
La figure 176, qui est empruntée à un très intéressant article
aao
de M. Brîand dans la Chronique Indmtrtplle, montre la coupe dft ce gazogène.
Les 2 figures 177, 178, proviennent d'un article non sign*^ qui a paru dans la Revue Industrielle. Elles représentent l'ins-
Pio. 176- — NoDTeaa gaiOEèae Hlchâ. — Élévation et coupe da gaiogène.
tallation complète d'un nouveau gazogène Riche avec ses appareils auxiliaires alimentant un moteur â gaz.
Le comi)ustible est chargi^ dans une trf^mic a, d'où il se rend dans une cuve non protégée h, qui le lient en réserve, et lui permet de s'étager doucement sur la grille inclinée c.
LES fi\ZOGfe\ES A DEUX CIIVES
C'est SOUS cette grille que pénètre l'air primaire, qui aboutit en d et, comme le gaz sort en A, le mouvement de l'air néces-
sairement est horizontal, ainsi que la combustion, pendant tout le trajet de.
Les gaz de la combustion traversent une cuve cylindrique g, protégée par une enveloppe isolante, et dans laquelle on a mis,
au préalable, du coke ou du charbon de bois, de façon à réduire les gaz.
Ce gazogène rentre donc dans la catégorie ^^s gazogènes à deux cuves et ne présente, en somme, qu'une particularité, dont la qualité est éminemment discutable, c'est que Tair ne traverse qu'une très petite couche du combustible, puisque la combustion ne se fait, en somme, que dans la section hori^ zontale de la première cuve, auprès de la grille.
Quant à la réduction, c'est une réduction d'un genre singulier, car on déclare dans l'article précité de la Revue Industrielle que la consommation de coke, ou de charbon de bois, est presque nulle, alors que la réduction de l'acide carbonique brûle autant de carbone qu'il en a fallu consommer pour produire le gaz lui-même.
11 serait d'ailleurs heureux que la réduction de l'acide carbonique se fasse ainsi peu ou point, parce que, autrement, la colonne g serait rapidement encombrée de cendres et que, à part un tampon au bout du carneau ^, je ne vois pas par quel moyen on pourrait évacuer ces cendres.
Ce qu'il y a de plus probable, c'est que le coke, qui est dans la colonne g, s'échauffe nécessairement au contact des flammes qui y arrivent. Cette colonne de coke est ainsi portée au rouge, au moins dans sa partie basse, et les goudrons, qui la traversent, tendent à se décarburer et à se transformer en carbures d'hydrogène stables et volatils, qui constitueront un bon gaz pour le chauffage ou la force motrice.
Toutefois les premiers essais, paraît-il, n'étaient pas satisfaisants avec les combustibles chargés de produits volatils, pour lesquels ce gazogène a été inventé. La colonne de coke n'agissait pas suffisamment, et les goudrons la traversaient.
Cela tenait évidemment à la trop basse température des fumées. Aussi M. Riche a-t-il fait, comme d'autres avant lui, notamment comme M. Thwaite, et a-t-il amené, en /, une seconde rentrée d'air pour brûler les goudrons.
Los gaz font alors chalumeau, chauffent mieux la colonne de coke et, paraît-il, le résultat est bon.
Je n'ai pas trouvé, dans Tarlicle, où j'emprunte ces dessins, l'analyse du gaz produit. On annonce qu'il fournit de 1.400 à 1.800 calories, ce qui n'a rien d'extraordinaire, vu la forte proportion de méthane qui doit être entraînée, et aussi la quantité suffisante de goudrons qui doit traverser.
On déclare aussi que la récupération de la chaleur perdue par les gaz qui sortent est parfaitement inutile, parce que cette chaleur ne représenterait que 8 0/0 du pouvoir calorifique total.
Huit 0/0 n'est cependant pats négligeable, surtout lorsqu'on a affaire à de bons gazogènes, qui donnent 80 et môme 85 0/0 de rendement. C'est presque la moitié du déchet que l'on peut retrouver ainsi.
Mais, d'autre part, il ne faut pas oublier que la récupération est surtout utile, parce que la combustion se fait beaucoup mieux avec de Tair chaud, et j'affirmerai même que, pour la bonne marche d'un gazogène, si Ton ne peut pas récupérer assez de chaleur, empruntée aux gaz sortants, il conviendrait souvent de brûler une partie de ceux-ci pour échauffer l'air primaire.
Il est certain, pour moi, que, dans ces conditions, la combustion serait bien meilleure dans le nouveau gazogène Riche.
On comprend facilement qu'elle se fasse mal, car le carneau e doit s'encombrer très rapidement de cendres et les gaz, produits sur la grille, traversant un paquet de cendres, avant d'arriver à la colonne, dite réductrice, sont mal placés pour conserver leur température.
Ce gazogène présente, avec l'ancien à distillation renversée, un défaut commun, c'est de nécessiter l'emploi de deux combustibles différents.
Si la colonne réductrice jouait le rôle qu'elle doit jouer, la dépense de coke ou de charbon do bois deviendrait importante, comme dans l'ancien gazogène, la dépense de houille par rapport à celle du bois, et c'est ce qui arrivera certainement quand on emploiera des combustibles chargés d'eau, comme les déchets de bois humide.
334 LE8 GAZOGÈNES
II y a là un inconvénient pratique.
A ces quelques grosses critiques, j'en ajouterai une très légère.
Le gazogène s'appelle autoréducteur, et c'est le seul gazogène que je connaisse, où la réduction se fasse à part, grâce k un combustible différent. Le nom d*auto réducteur est donc pour moi parfaitement mal choisi.
Les appareils accessoires du gazogène sont représentés dans les figures 177 et 178. Ils me semblent avoir peu d'intérêt.
j est une colonne que le gaz traverse, de haut en bas, dans une pluie d'eau destinée à le refroidir.
K est un gazomètre qui, parait-il, doit nécssairement être très grand, ce qui est contraire aux idées qui s'affirment de plus en plus chaque jour, mais s'explique, si le gaz est irrégulier dans sa composition et qu'il faille le réserver pour avoir une composition moyenne à peu près constante.
Dans l'article précité, on indique qu'il faut un gazomètre d'une demi-heure, soit, pour 100 chevaux, un gazomètre de 150 mètres cubes environ.
C'est tout au moins encombrant; il est à craindre que l'acide carbonique qui existe dans ce gaz, en fortes proportions, ne se dépose, de préférence, dans le bas du gazomètre et que celui-ci ne se trouve, à un moment, plein de mauvais gaz.
Le cas se présente avec le gaz de coke et se présentera a fortiori^ avec des gaz de bois.
En /, est un filtre destiné à sécher les gaz et que l'on remplit de mousse sèche.
En n, est le compresseur d'air qui envoie l'air primaire, d'une part, sous la grille, et, d'autre part, en /.
Une autre particularité du plan d'installation, c'est que le gazomètre est placé en élévation par rapport au moteur, de façon à ce que l'eau de la cuve puisse être utilisée comme thermosyphon, pour l'eau de circulation du moteur.
C'est une singulière manière de refroidir l'eau d'un thermosyphon que d'y conduire des gaz chauds et de refroidir et sécher les gaz en les menant au-dessous de l'eau chaude.
Ce gazogène est destiné à brûler les combustibles les plus
chargés de produits volatils. On voit, sur la figure 176, la porte de la trémie qui doit être utilisée pour le chargement « des combustibles, tels que le bois, les sciures, les copeaux et déchets organiques de toute nature ».
Au contraire, c'est par le tampon vertical et circulaire, qui est figuré, dans la même photographie, au-dessus de la porte du foyer, que Ton doit charger « les houilles grasses et combustibles bitumineux ».
Ceux-ci ne sont donc pas accumulés, au préalable, dans la colonne 6, ce qui doit être fâcheux sous bien des rapports.
NOUVEAU GAZOGÈNE DOWSON
Ce gazogène mérite, encore plus que le précédent, le nom de gazogène à combustion horizontale.
11 est aussi, en quelque sorte, à deux cuves et présente des dispositions originales.
11 se compose soit de deux cuves À, B, comme le montrent les figures 179 et 180, soit d'une unique cuve rectangulaire AB, comme le représentent les figures 181 et 182.
Dans tous les cas, Tair est insufflé sous une grille /, transversale ou longitudinale, mais toujours disposée dans le sens de la porte de décrassage, c'est-à-dire que, si la grille a ses barreaux posés en long, la porte de décrassage sera ellemême placée dans le sens de la longueur du gazogène, tandis que, si les barreaux sont placés en travers, comme dans les figures 179 et 180, il faudra deux portes opposées sur le côté, pour effectuer le décrassage.
Le mélange d'air et de vapeur est insufflé par un injecteur, ou par une conduite n, 11 traverse la grille et vient brûler le combustible au-dessus de celle-ci.
Le gaz sort, dans tous les cas, à l'autre extrémité de la chambre, soit au-dessous d'une autre grille g^ par la conduite
double hh, soit sans grille, au-dessus de la sole et à côté d'une porle de décrassage, comme il est indiqué dans les figures 181 et 182, en hh,
11 est évident qu'il se dépose des cendres entre la grille / et la sortie des gaz, qu'en outre le mouvement de bas en haut,
\^rh
FiG. fîSClSO, 181, 182. — Nouveau gazogène Dowson.
qui accompagne Tinsuftlation de Tair et de vapeur, tend à faire pénétrer le gaz jusqu'au milieu de la hauteur de la cuve AB.
Mais on peut soit empocher le gaz de monter trop haut, en laissant, comme dans la ligure 179, une cloison sur une partie de la hauteur, entre les cuves A, B, soit, comme dans la figure 181, obliger par un autel r/, le gaz à remonter dans Tintérieur des cuves.
On compread que, dans ces conditions, il est facile d'être maître de faire suivre au gaz le trajet que Ton préfère, suivant la nature des combustibles employés.
C'est ainsi que Ton peut charger, dans la cuve A, par la trémie, des charbons bitumineux et, en B, des cokes ou des anthracites.
Il se produit ainsi un phénomène analogue à ce qui se passe dans les autres gazogènes.
Les produits volatils de la première cuve sont obligés de traverser le combustible de la seconde cuve.
Ce que Tinventeur semble surtout avoir cherché dans cet appareil, c'est à empêcher le mélange du gaz produit et des gaz de distillation en évitant que la sortie du gaz se fasse à une couche un peu haute où les produits volatils puissent aboutir.
Je ne crois pas qu'il obtienne ainsi un bien bon résultat.